L’Intérêt d’Adam
Note moyenne
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Cinéphiles 44

1 698 abonnés 4 693 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2026
Dès les premières minutes, "L’Intérêt d’Adam" s’inscrit dans une réalité tristement familière : celle d’hôpitaux français à bout de souffle, rongés par l’urgence permanente. Au centre du film, Léa Drucker incarne une infirmière en service pédiatrie avec une justesse saisissante. Elle habite son rôle sans jamais forcer l’émotion, faisant exister un personnage épuisé, mais encore profondément habité par le sens de son métier. Son jeu repose sur des gestes précis, des silences, des regards qui trahissent l’usure autant que l’obstination. Son personnage se retrouve confronté à Adam, un enfant dont la situation familiale pose question. Le film montre alors comment, dans ces institutions fragilisées, la frontière entre soin, protection et intrusion devient floue. Chaque décision prise « dans l’intérêt de l’enfant » semble à la fois nécessaire et violente, et pèse lourdement sur les soignants. Si le film peut parfois sembler austère et répétitif dans sa mécanique, il trouve sa force dans l’incarnation magistrale de Léa Drucker et dans sa capacité à faire ressentir la violence sourde d’un hôpital public sous pression.
Morcar
Morcar

43 abonnés 355 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 janvier 2026
Quatre ans après "Un monde", un premier long métrage très réussi sur la harcèlement scolaire, Laura Wandel revient avec un film traitant encore d'un sujet difficile. Cette fois-ci c'est le monde hospitalier qui est au coeur de son film, autour de l'histoire d'un petit garçon souffrant de malnutrition, d'une mère totalement perdue et d'une infirmière bien trop impliquée qui va tenter de tout faire pour le mieux pour Adam.

C'est devenu une banalité de dire à quel point Léa Drucker est brillante, mais là encore, elle est confondante d'humanité dans le rôle de cette infirmière luttant bien plus qu'elle ne le devrait pour aider cette mère et son enfant à sortir de la situation dans laquelle ils sont. Mais face à elle, Anamaria Vartolomei est elle aussi assez époustouflante, encore une fois. Face à la caméra de Laura Wandel, elles sont d'un naturel bouleversant.
La réalisatrice a opté pour une mise en scène proche du documentaire, qui ne lâche pas son personnage principal. On voit cette infirmière se démener, tout tenter pour aider la mère de son patient, faire face aux difficultés administratives et techniques de son métier. C'est même épuisant pour nous, spectateur, de la voir ainsi aller au delà de son rôle d'infirmière.

D'un réalisme glaçant, "L'intérêt d'Adam" est une nouvelle réussite pour la réalisatrice qui prouve définitivement son talent d'écriture et de mise en scène. D'une grande humanité, le film parvient à la fois à illustrer les difficultés du monde hospitalier, et celles d'une mère célibataire totalement perdue devant accepter l'aide qu'on pourrait lui donner, sans jamais tomber dans le piège pourtant si facile du pathos pour ce genre de sujet, et sans aucun jugement de moral.
Cricriiiiiiii
Cricriiiiiiii

96 abonnés 915 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 janvier 2026
Une heure et quart qui en parait le double tant il ne se passe rien dans ce film invraisemblable qui enchaine les scènes stériles. Les motivations des personnages sont insaisissables et les enjeux glissent sur le spectateur.
Cam Pattier
Cam Pattier

25 abonnés 276 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 janvier 2026
Je savais plutôt à quoi m’attendre avec le sujet, et le film va clairement là où on l’imagine.
Les acteurs sont très bons, surtout Léa Drucker, très juste et crédible dans son rôle.
L’histoire est sérieuse, parfois dure, et pose des questions intéressantes sur la responsabilité et les choix à faire.
L’ambiance est assez froide et réaliste, on sent bien la pression et le poids des situations.
La mise en scène reste sobre et efficace, même si ça peut créer un peu de distance par moments.
J’ai trouvé que le film tenait bien sur l’ensemble, mais sans vraiment me marquer durablement.
Un film solide et sérieux, intéressant à suivre, mais qui me laisse un peu à distance malgré ses qualités.
JEAN SM
JEAN SM

7 abonnés 194 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 décembre 2025
Dans le rayon des films totalement déprimants et surtout, très stériles, l'intérêt d'Adam nous confirme que les producteurs n'ont pas pensé une seule seconde à l'interêt du spectateur. L'histoire se traine à n'en plus finir, les réponses ne viennent jamais et cette tristissime descente aux enfers bigarrés des urgences a tôt fait de nous ennuyer au plus haut point. Seul vrai atout du film, sa durée n'excédant pas 1h15, le réalisateur ayant certainement du sentir un plus grand naufrage encore s'il devait durer plus longtemps.
FaRem

10 618 abonnés 11 772 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2025
Après "Un monde", l'intérêt des enfants est toujours au centre de l'histoire de Laura Wandel sauf qu'elle remet les adultes face à leurs responsabilités. Elle délaisse donc le récit à hauteur d'enfant pour un style plus traditionnel avec une infirmière qui fait de son mieux pour aider une mère dépassée par la condition de son fils. Une histoire de négligence, dont j'ai eu du mal à saisir la portée. Je ne sais pas si j'ai manqué quelque chose, mais ça manque de détails ou d'informations médicales. Rebecca veut aider son fils, mais tout ce qu'elle fait prouve l'inverse. Quant à Lucy, elle est dans son rôle d'aide-soignante qui pense avant tout à la santé de son patient, mais certaines de ses décisions sont étranges. Même s'il porte le nom du petit, "L'intérêt d'Adam" est finalement un film sur Lucy et les nombreuses décisions qu'elle doit prendre. Ce n'est pas le même service, mais ça fait penser au très bon "Heldin" sorti quelques semaines avant celui-ci. La comparaison est inévitable et ne rend pas service à Laura Wandel qui, dans cet exercice précis, n'arrive pas à procurer autant d'émotions et de sensations que Petra Biondina Volpe. J'ai trouvé ça pas mal, mais encore une fois, il y a des choses qui m'ont échappé...
Damien L
Damien L

2 abonnés 17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2025
Une véritable pépite à découvrir absolument. Le film est porté par une actrice d'une justesse désarmante, qui habite son rôle avec une authenticité rare. La réalisation impressionne tout autant : l'utilisation audacieuse des plans-séquences nous immerge totalement dans l'instant, sans aucune coupure, rendant l'émotion palpable. Un cinéma viscéral et maîtrisé. À ne pas manquer !
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 novembre 2025
Qui est le film ?
Après Un monde, où Wandel adoptait le regard tremblant d’une enfant prise dans la violence scolaire, la cinéaste revient à l’immersion mais en déplace le centre de gravité. Ici, ce ne sont plus les enfants qui scrutent le monde, ce sont les adultes qui s’efforcent de penser pour eux. Le film resserre tout sur une nuit dans un service hospitalier, où Lucie, infirmière, doit exécuter une décision judiciaire qui remet en question la manière même d’assurer un soin juste et réellement bénéfique à l’enfant.

Que cherche-t-il à dire ?
Le film interroge la légitimité même de décider “dans l’intérêt” d’un enfant. De plus, Wandel ne se contente pas de montrer la vulnérabilité ; elle scrute la manière dont un système public use, presse et fragilise ceux qui doivent protéger. Sa tension principale est là : comment agir juste lorsque chaque geste est à la fois intime et réglé par la loi, et que la fatigue, le doute, la compassion viennent miner la verticalité du protocole ?

Par quels moyens ?
Wandel filme en proximité constante avec Lucie, caméra à l’épaule, champ resserré, durée concentrée, tissu sonore d’hôpital. Tout concourt à produire une sensation d’asphyxie. Cette claustrophobie crée une situation paradoxale : on croit toucher à la vérité parce qu’on est “près” car tout brûle plus vite : les émotions, les décisions, les doutes. Ce choix dramatise la situation mais l’appauvrit aussi. L’urgence empêche l’excuse, érode la nuance, et accule les protagonistes dans une ligne directe : décider, puis assumer. En somme, cela évite l’anecdotique, mais ne supprime pas le hiatus moral : la mise en urgence rend la mise en perspective historique (précarité, politiques sociales) plus difficile, ce qui est à la fois force et limite du film.

Léa Drucker incarne une femme qui pense tout en agissant, et agit tout en pensant qu’elle n’a pas les moyens d’être juste. Wandel montre l’épuisement, la vulnérabilité des professionnels, et la manière dont la subjectivité (fatigue, empathie, colère contenue) s’infiltre dans ce qui devrait être un protocole neutre. Le film questionne ainsi la fabrique du care : qu’est-ce qu’un acte de soin quand il doit composer avec le droit, la presse morale et la pénurie ?

La justice intervient sans être incarnée, mais ses décisions pèsent. Le film met en scène la bureaucratie comme force dramatique : chaque consigne, chaque passage d’un supérieur rappelle que les soignants ne sont jamais maîtres de la narration. L'hôpital devient une administration hantée par la loi plus que par le soin.

La représentation de l’enfant malade est le nœud du film. Wandel choisit la sobriété. Pourtant, cette proximité crée un risque : celui d’utiliser le corps d’un enfant comme preuve. Car sous son naturalisme revendiqué, le film reconduit un récit presque religieux : Lucie en sainte du soin, Rebecca en pécheresse, Adam en martyr involontaire. Le soin devient épreuve morale, non relation. Rebecca n’est pas accompagnée, elle est évaluée. Adam n’est pas sujet, il est catalyseur. Le film semble animé par une bonne intention (rappeler qu’un enfant souffre derrière les négligences) mais la bonne intention tourne parfois à la mécanique sacrificielle, ce qui paradoxalement nourrit le propos.

Ce que je regrette davantage, c'est la surcharge de pathos. Le vomissement d’Adam devrait être une scène de rupture, un moment où le corps refuse l’emprise du dispositif. Il pourrait signifier une résistance, un refus, un premier mot. Pourtant le film l’utilise comme argument, comme symptôme supplémentaire. Le corps parle, mais le film n’écoute pas. Et Wandel ajoute ensuite la chute, la minerve, le brancard. Ensuite, il y a le père immigré, la précarité : tout cela existe, mais seulement comme arrière-plan. Le film laisse entendre une dimension politique, mais ne la travaille pas.

Où me situer ?
Je regarde L’intérêt d’Adam depuis une zone intermédiaire : celle où l’on reconnaît les forces d’un film tout en restant attentif à ce qu’il produit malgré lui. Je vois ses qualités nettes : tension en temps réel, acuité dans la direction d’acteurs, précision dans le point de vue. Je vois aussi ses limites : politisation en creux, risque d’instrumentalisation du corps enfantin, saturation émotionnelle.

Quelle lecture en tirer ?
De cette nuit haletante, il reste l’image d’un système qui demande aux individus de réparer ce qu’il ne soutient plus. Le film montre comment une décision en apparence simple (protéger un enfant) devient un dilemme ingérable quand les institutions sont fatiguées, les soignants épuisés, les protocoles déconnectés de la réalité du terrain. On y voit un corps d’enfant qui fragilise tout un service, une femme qui tente de rester juste dans un monde qui ne l’est plus, une nuit qui titre l’époque.
mat niro

469 abonnés 2 190 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 novembre 2025
"L'intérêt d'Adam" est une sorte de thriller sous haute tension dans le milieu pédiatrique. Léa Drucker va se prendre d'affection pour un petit enfant de 4 ans souffrant de malnutrition et accompagné par une mère complétement déboussolée. Pour le bien des deux , elle va outrepasser ses fonctions de simple infirmière. C'est un film profondément humain signé Laura Wandel qui a choisi d'accroître la tension en filmant souvent caméra à l'épaule. Malgré l'oppression ressentie devant la situation, Léa Drucker est une nouvelle fois rayonnante, habitée par ce rôle. La cinéaste ne se gêne pas pour dénocer les conditions de travail des soignants. Un format court (1 h 18) pour un ensemble qui glace le sang.
nat lipomi
nat lipomi

2 abonnés 73 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 novembre 2025
Drame familiale en huit clos qui se déroule dans un service suit une infirmière tb incarnee par Léa drucker qui outrepasse ses prérogatives, une maman dépassée avec son fils de 4 ans malade face a l'administration et services sociaux
Fiers R.
Fiers R.

210 abonnés 928 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 novembre 2025
Après un premier film imparfait mais marquant qui nous plongeait au cœur de l’enfance au sein d’une cour de récréation pour parler du harcèlement scolaire, le cinéaste belge Laura Wandel revient avec le même processus minimaliste et ultra réaliste. Celui de nous mettre la tête en totale immersion dans un microcosme donné au plus près des personnages. Et cette fois c’est dans le service de pédiatrie d’un hôpital qu’elle nous convie pour un film assurément social mais profondément humain. « L’intérêt d’Adam » est une œuvre que n’aurait pas renié ses confrères double récipiendaires de la Palme d’or, les frères Dardenne, dans cette manière de filmer caméra à l’épaule dans le sillage des protagonistes.

Dans cette optique au plus proche du réel, le film est une réussite tant il nous met la tête dans l’hôpital et ses dysfonctionnements (manque de place, manque de moyens, lenteur administrative, ...) à travers le cas d’un enfant en mal nutrition qu’on veut séparer de sa mère. Il ne dure qu’une heure et quinze minutes, largement suffisantes, pour nous faire découvrir le quotidien de Lucie, cette infirmière en pédiatrie qui va s’attacher au cas de ce petit garçon et de sa maman seule. On ne lâchera pas l’extraordinaire – comme toujours - Léa Drucker des semelles le temps de cette nuit agitée en pédiatrie.

« L’intérêt d’Adam » est assez sombre et plutôt défaitiste dans ce qu’il montre mais on sent que l’aspect documentaire qui émane du long-métrage correspond à des recherches très poussées en amont de la part de la réalisatrice. Cependant, il y a un gros manque de développements sur bien des aspects. Et beaucoup trop de questions restent en suspens pour provoquer davantage d’empathie de la part du spectateur. On ne comprend pas vraiment le background de la mère et ses intentions à agir ainsi tout autant qu’on a du mal à saisir pourquoi Lucie s’entiche de cas en particulier au point de pouvoir perdre son emploi. Il y a un manque de cohérence et/ou d’explication dans les motivations des personnages qui empêchent l’identification.

Dans tous les cas, ce second film de Laura Wandel souffre fortement de la comparaison avec deux œuvres jumelles portant sur le même sujet et avec un traitement similaire. Et de sortir après joue encore moins en sa faveur mais pousse à l’indulgence. D’abord, l’immense film français « La Fracture » de Catherine Corsini qui savait traiter des hôpitaux en désuétude et des gilets jaunes en même temps en mêlant comédie et drame avec un casting royal. Ensuite et tout récent, le film germano-suisse « En première ligne » cernait mieux son sujet en utilisant un procédé transversal avec plusieurs cas le temps d’une nuit. Et c’était beaucoup plus efficace et surtout prenant. Les intentions étaient bonnes mais Wandel n’a peut-être pas écrit son script de la meilleure manière.

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CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

83 abonnés 292 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 janvier 2026
Rien de neuf … le cinéma et la télé ont déjà beaucoup exploré le monde de l’hôpital et tous les drames humains qui s’y révèlent. La série Hippocrate est passée maître dans ce domaine. Dans le cas présent on est plutôt du côté du sublime film anglais My Lady inspiré du livre « l’intérêt de l’enfant » où Emma Thomson nous bouleversait . Hélas dans l intérêt d’Adam, tout est plus anecdotique voire peu crédible. Entre drame et suspense, le récit navigue de manière assez prévisible, heureusement porté par les deux mères courage qu’incarnent les deux comédiennes, excellentes . Mais tout cela au final ne provoque pas grand chose …
L.G
L.G

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 novembre 2025
Un bon petit téléfilm style doc sur un service pé ambitieux d' en avoir fait un film... Ne vaut pas le coup de se déplacer au cinéma. On attends un rebondissement qui n arrive jamais, les personnages sont justes mais pas avec des personnalités suffisamment intéressantes et charismatiques pour relever le tout.
Leoj
Leoj

4 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2025
Le nouveau film de la réalisatrice belge Laura Wandel est une belle réussite. C'est extrêmement réaliste, à tel point qu'on pourrait penser assister à un documentaire. Léa Drucker est très juste et totalement crédible dans son rôle d'infirmière pédiatrique en chef. Et Anamaria Vartolomei confirme son talent déjà remarqué dans plusieurs films, dont L'Evènement. Il n'y a aucune musique dans le film, même pendant le générique. J'ai ressenti beaucoup de malaise et d'anxiété pendant toute la projection, dont je suis ressorti éreinté. Très belle expérience de cinéma !!
AZZZO

366 abonnés 1 018 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2025
Unité d'action, de temps et de lieu, Laura Wandel s'inspire du précepte de Boileau pour traiter son sujet avec efficacité : filmer une violence sociale, celle d'une mère seule, dépassée, face à la rigidité des institutions.
C'est simple, explicite, mais très juste et très bien filmé, avec de magnifiques performances de Anamaria Vartolomei et de Léa Drucker.
Simple mais saisissant.
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