Un film que j’attendais comme un rêve de cinéphile : Kamal Haasan et Mani Ratnam enfin réunis à nouveau, 38 ans après Nayakan. Et pourtant, quelle déception…
Le film est littéralement porté par STR, dans un état de grâce absolu. Il bouffe l’écran à chaque apparition, relègue Kamal Haasan presque au second plan, et impose une présence incroyable. Il est magnétique, intense, flamboyant. Ce film pourrait bien être un tournant dans sa carrière. À ses côtés, . Rahman signe une BGM exceptionnelle, surtout dans la partie flashback, et apporte beaucoup d’âme aux scènes clés. Le duo STR x ARR sauve le film, vraiment.
Le début est prometteur. Le premier acte est bien ficelé, la mise en scène sent la patte Mani Ratnam, les cadrages, les couleurs, le travail sur les costumes (le contraste entre STR et Kamal notamment) sont riches et maîtrisés. L’interval block est fou, d’une intensité rare, avec STR qui explose tout. Et la fin, bien que pas parfaite, laisse une impression forte.
Mais malgré tout ça… ça ne tient pas la route.
Comment l’homme derrière Thevar Magan, Virumaandi, Dasavatharam, même Vishwaroopam, a pu co-écrire un scénario aussi faible ? Où est passée cette finesse d’écriture, cette audace, cette profondeur ? On est face à un patchwork d’idées vues et revues. Des vibes de Vivegam, Anjaan, Jilla… mais sans identité propre. Le film enchaîne les clichés, les grosses ficelles de la vengeance, comme s’il suivait un manuel. C’est prévisible, sans surprise, et franchement indigne du niveau d’un Kamal ou d’un Mani.
Ashok Selvan est complètement sous-exploité, alors qu’il y avait de quoi développer un vrai contrepoint narratif. Le deuxième acte s’essouffle complètement, on sent le film perdre pied, jusqu’à devenir frustrant. On attendait tellement plus de cette réunion de géants.
Avec tout le respect et l’amour que j’ai pour eux… c’est un coup dur. Un film sauvé par STR et ARR, mais qui ne tient pas les promesses de son affiche. Mani Ratnam, je suis fan de toi, et c’est pour ça que ça fait aussi mal.