Le film rappelle que le corps de la femme lui appartient. Et que la psychologie de certains hommes est parfois complexe. Heureusement le film ne porte aucun jugement. Mais ne comporte-t-il pas une invraisemblance de taille lorsque Kika, lorsqu'elle demande à la domina de la frapper, accepte d'être frappée violemment au ventre alors qu'elle est enceinte, en mettant ainsi volontairement en péril l'intégrité du foetus ? Quelle mère ferait cela ?
Emotionnel et intense, chaque séquence résonne avec humanité, pour refléter une société solidaire sous différents aspects. Embrasse une multitude de styles, de codes et de thèmes sociaux, bref un récit vibrant ...une oeuvre.,✨
Dévastée par la mort subite de son compagnon, pesée par sa grossesse toute récente, rincée par son métier peu rémunéré d'assistance sociale, Kika est au bord du gouffre. Elle a un besoin rapide d'argent, et va se lancer opportunément dans une activité de travailleuse du sexe BDSM. "Kika" souffre régulièrement d'ellipses étranges, qui zappent des pans pourtant pivots dans l'intrigue (on devine par exemple la séparation avec le premier conjoint pour rejoindre l'amant). Si bien que le film donne parfois l'impression de s'étaler sur des mois et des mois, alors que la grossesse montre que ce n'est pas le cas. J'avoue n'avoir pas bien compris ce choix... qui n'a visiblement pas pour but de donner du rythme, car l'ensemble accuse de quelques petites lenteurs dans sa première moitié. Néanmoins il s'agit d'une comédie dramatique originale, qui insère régulièrement de l'humour absurde à la belge quand on ne s'y attend pas forcément. Alexe Poukine insiste par ailleurs pour que son film reste très humain, surtout dans son portrait de la communauté BDSM. Prostituées qui s'entre-aident, clients qui ont un grain mais ne sont pas dépeints comme des gros tarés. Dans le rôle-titre, Manon Clavel est attachante et convaincante. En assistante motivée pour aider les bénéficiaires, broyée par un drame, puis qui découvre cet univers avec lequel elle n'avait pourtant aucun atome crochu.
Le sujet est original mais le scenario n’est pas très crédible et le personnage principal non plus. Le tout se termine de manière convenu. Bref une demi réussite.
Pour publique averti, à mon avis. Oui, la jeune veuve va devoir pratiquer le plus vieux métier du monde, sauf que le film ne parle pas de simples passes mais de pratiques spéciales. Malgré le trop peu de dialogues, j'y ai vu des hommes en cruel manque d'amour, et ce constat m'a attristé. J'ai été étonnée que la jeune femme ai besoin elle aussi d'une séance musclée pour enfin pleurer son amant décédé. Un film qui met en scène des pratiques sexuelles passées sous le manteau, et c'est tout à son honneur.
Kika est un film qui aborde plusieurs sujets forts : le deuil, la douleur et le sadomasochisme. Un film déroutant, émouvant et profondément humain. Manon Clavel y est tout simplement bluffante.
Je trouve dommage que l’on ne retienne de ce film uniquement le côté documentaire BDSM. Ce qui m’a interpellé c’est quel message à voulu faire passer la réalisatrice. En effet, comment une femme qui a une situation, un salaire, arrive à se retrouver dans une telle position et se trouver face à de tels chois pour s’en sortir. Ce qui est étonnant c’est sa volonté farouche de refuser toute aide de la part des aides sociales alors qu’elle est elle même une assistante sociale faisant preuve d’énormément d’empathie. Visiblement elle connaît tous les rouages pour obtenir une aide mais elle se refuse d’en bénéficier. Ce déni et cette force de caractères ne sont ils pas finalement une carapace qui cache une blessure bien plus profonde. On a probablement un début d’explication lorsqu’elle finit pas reprocher l’absence de sa mère quand elle était petite. Une profonde blessure semble la tourmenter ce qui pourrait expliquer son empathie envers les autres et son auto flagellation,. La scène où elle demande à être frappée par la fille blonde devenue son amie devient un acte de rédemption. Le final montre que la dominatrice a très bien ressenti la fêlure de KIKA qui finit par s’épancher totalement dans ses bras. La blessure s’ouvre pour mieux cicatriser. Seule la scène finale avec la fille et la mère qui vient enfin d’accepter sa grossesse faisant du vélo ensemble une lueur de bonheur et d’espoir en l’avenir. Le procédé cinématographique est classique mais à mon goût laisse le spectateur sur sa faim. C’est peut le point faible d’un excellent film au demeurant qui demande une seconde lecture que celle évidente et ostentatoire du milieu bdsm.