Le personnage féminin est assistante sociale dans un CPAS bruxellois, domaine que je ne connais que trop bien. Tout cet univers dans cette fiction est complètement invraisemblable, sans authenticité.
En réalité, jamais aucune bienveillance, ni investissement, ces « assistantes » étant uniquement des contrôleuses zélées, sans la moindre empathie ou humanité. Toujours à l'affût du prétexte pour nuire.
De surcroît, le personnage porte de trop jolis vêtements pour une assistante sociale de CPAS bruxellois, au minable salaire. Et au sinistre manque d'éducation et de culture générale. Dans la réalité, elles sont vulgaires, repoussantes et ne se brossent pas les dents (haleine de bouc.)
Après seulement peu de mois (à peine quatre ou cinq ?), le nouvel amant meurt subitement d'un AVC. Le personnage féminin est alors anéanti et en deuil, ainsi que sa petite fille.
Par comparaison, on ne se préoccupe pas du tout du malheureux compagnon idéal quitté (une relation de 17 années !), pendant qu'on se lamente sur la relation plus récente, pourtant brève.
En fait, le film commence ici car elle est enceinte de son nouveau compagnon mort et, hésitante, elle est incapable de se décider pour un avortement ou pas, sous l'excuse qu'elle est soucieuse car elle n'a plus d'appartement.
À préciser que nous sommes à Bruxelles qui subit une grave crise du logement depuis plus de trente ans.
Son ex lui propose de cohabiter, mais elle refuse, sans explication au spectateur.
Ses parents lui proposent également de l'aider, mais elle refuse, sans explication au spectateur.
En conséquence, un ami poissonnier l'emploie, mais comme c'est insuffisant pour payer la caution, elle se lance dans la prostitution, à la "Belle de jour" (1967) de Buñuel, version scatologique.
Cette exploration des sexualités glauques semble avoir des vertus thérapeutiques et même magiques car
elle finit par trouver miraculeusement un appartement, encore une fois sans explication. Le spectateur se demande comment elle y est parvenue, puisque le scénario a lourdement insisté sur le fait qu'il est impossible de trouver un appartement à Bruxelles.
Puisqu'elle a son appartement, elle décide de garder le bébé et le spectateur est censé se réjouir du happy-end.
Or, que deviendra ce bébé sans père ?
Et cette mère célibataire de deux enfants, devenue « travailleuse du sexe » pour payer la première dépense imprévue, dans quinze ou vingt ans, quand l'âge l'aura rendue moins mignonne ?
Ceci dit je ne me suis pas endormi, techniquement c'est correct (de l'artisanat convenable) et l'actrice est vraiment jolie, même avec ses boutons qui ne font que lui ajouter du charme.
Vu en Belgique, où le film est sorti avant la France.