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2,0
Publiée le 28 mars 2026
La première moitié du film est poignante et dégage une belle sensibilité, sans jamais forcer dans le pathos. Mais qu'est-il passé par la tête d'Alexe Poukine pour prendre ensuite ce virage sado maso totalement dispensable, à mille lieux de la première partie ?
Film sur un sujet assez peu développé. Histoire assez prenante au début puis ensuite on a du mal à croire que l'héroïne peut récolter autant de billets en ne faisant presque rien. Heureusement la fin est plutôt libératrice pour elle. Un bon moment tout de même.
Maladresses de mise en situation au début : Kika n'est-elle pas salariée ? Le deuil qui l'a frappée tt le monde ne peut penser qu'à son compagnon depuis 17 ans et père de la fillette (?) et non au sympathique réparateur de biclous qu'elle ne connaît que depuis quinze jours..
Alors là c'est le drame le vrai... je gardais ce film pour une grande occasion et là en l'occurence je l'ai déballé pour mon anniversaire car je pensais que le film allait être choquant mais aussi un peu sexy mais pensez vous !!! Déjà l'actrice est molle et inexpressive et on n'arrive pas à avoir de la compassion pour elle et pour ce qu'elle se retrouve à faire pour arrondir les fins de mois mais c'est surtout que les penchants de ses clients sont tellement pervers et pas ''communs'' que ça nous a plus agacés qu'autre chose...
Une jeune mère qui a besoin d’argent décide d’utiliser les nouveaux moyens d’en avoir. Pas de Only Fan ni de Mym mais des rencontres directs avec des amateurs de culottes ou de soumission. Manon Clavel, que je découvre, est vraiment excellente dans ce rôle à la fois tendre et désabusé. Avec des scènes dans lesquels on rit mais rarement au détriment des protagonistes filmées avec un regard affectueux sur les travailleuses du sexe.
Deux révélations en un film c’est plutôt rare! Il y a d’abord Manon Clavel qui interprète le personnage principal – Kika donc – et, conséquemment, le rôle-titre. De sa voix grave et suave et par son physique brut, loin des canons de beauté habituels, associé à un jeu d’un naturel confondant, elle irradie la pellicule. Surtout qu’elle est dans le rôle difficile d’une protagoniste qui évolue dans un milieu délicat, celui du BDSM (relations sexuelles à base de bondage, humiliation et sado-masochisme). Et elle s’acquitte de ce défi comme une professionnelle et sa prestation devrait lui valoir les louanges de la profession voire une probable nomination aux prochains Césars.
La seconde révélation, c’est la réalisatrice qui nous vient du documentaire. Après avoir en avoir tourné un sur les dysfonctionnements de l’hôpital, sujet ô combien dans l’air du temps et notamment au cinéma, et un autre sur les violences sexuelles, Alexe Potkine s’offre sa première incursion dans le monde du cinéma de fiction avec une œuvre plus légère. Elle y traite de deux sujets oscillants entre une certaine gravité sur le fond mais traités avec beaucoup de légèreté. Il y a d’abord ce thème le côté plus classique avec la précarité et le fait de devoir boucler ses fins de mois quand arrive un drame imprévu dans sa vie et l’autre sujet, bien plus rare et surprenant, de la prostitution dans le milieu BDSM.
« Kika » semble couper en deux parties appréhendant chacun des deux sujets mais le second est finalement la résultante du premier et la bascule se fait avec une fluidité évidente. Dans les deux cas, malgré ce cadre plutôt lourd et dramatique – voire tragique puisqu’il y a aussi la notion de deuil qui plane sur le film – jamais Potkine ne s’appesantit sur des moments lourds ou larmoyants. Au contraire, tout est tourné pour que l’on s’approprie ce film comme une bulle d’oxygène salutaire. Quand Kika découvre la facilité avec laquelle elle peut se faire de l’argent dans ce milieu interlope et marginal, on rit de ses maladresses et de ses surprises.
La valeur ajoutée du long-métrage est sans conteste le regard que porte la cinéaste sur ses personnages. « Kika » parvient à démarginaliser aussi bien la prostitution, montrant une sororité joyeuse, que les clients de ces pratiques peu conventionnelles. Elle les vulgarise même en montrant des gens parfois troublés, parfois en manque d’affection mais aussi juste adepte de violence pour le plaisir. C’est souvent drôle, parfois touchant même mais jamais scabreux. Ce qui n’était pas forcément facile. Parfois elle frôle la gêne pour le spectateur et elle se rattrape toujours et n’y sombre jamais. Un véritable tour de force à ce nieau. Le film ne souffre que de petites longueurs sur la dernière ligne droite et d’une séquence dans la toute fin qui dénote du reste et qu’on a du mal à interpréter, entre « Fight Club » et « Martyrs ». Sinon c’est un grand oui!
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Kika m’a laissé un sentiment un peu partagé. J’ai aimé le fait que le film ose aller sur des sujets pas évidents comme le deuil, la précarité et les choix qu’on peut être amené à faire quand on est au pied du mur. Il y a une vraie sincérité dans la façon de raconter cette histoire, et ça se ressent.
Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est le mélange entre des moments très durs et d’autres presque plus légers ou décalés. Ça donne quelque chose d’assez particulier, même si ça ne fonctionne pas toujours parfaitement. Par moments, j’ai trouvé que le film se dispersait un peu ou ne savait pas trop où aller.
Malgré ça, j’ai quand même été touché par le personnage principal et par cette envie de raconter quelque chose de différent, sans juger.
Un film imparfait, mais sincère et qui mérite d’être vu pour ce qu’il tente. Note : 3/5
«Fessée» Pas évident de recommander ce film (Int-12 ans) qui parle d’une jeune assistante sociale qui verse progressivement dans la prostitution « BDSM » (Domination, Sado-maso) pour s’en sortir financièrement. Mais l’actrice principale, Manon Clavel, est incroyable de naturel dans la découverte abasourdie de cet univers où les hommes se font humilier volontairement. L’histoire se tient et le scénario, épuré pour aller à l’essentiel, nous fait avancer avec elle dans cet univers malsain mais aussi de sororité avec ses consoeurs.
Et bien quelle historie bizarre et finalement tellement humaine, une actrice que je ne connaissais et qui illumine le film par sa présence, on devrait entendre parler d elle à l’avenir
Déjà auteure de 2 documentaires, Alexe Poukine en vient à la fiction avec ces 110 minutes d’apparence sulfureuses mais qui s’avèrent, en fin de compte, touchantes et révélatrices d’un monde qui va très mal. Alors qu’elle est enceinte, Kika perd brutalement l’homme qu’elle aime. Complètement fauchée, elle en vient à vendre ses petites culottes, avant de tenter sa chance dans un métier… déconcertant. Investie dans cette activité dont elle ignore à peu près tout, Kika entame sa remontée vers la lumière. Un film qui choisit de déplacer le regard là où le cinéma s’aventure rarement : dans ces zones où le désir, la détresse et le soin s’entremêlent jusqu’à devenir indistincts. Etonnant, provoquant et bouleversant. Il ne faudrait surtout pas résumer ce drame social à un quelconque catalogue des pratiques BDSM. La force et l’originalité du film est de nous plonger dans un univers inconnu de la plupart d’entre nous et pour ce faire de s’attacher aux pas d’une jeune femme tout aussi novice que nous. Si nous pouvons montrer de la répulsion ou de la curiosité en suivant le parcours initiatique de l’héroïne, nous ne pouvons que ressentir de l’empathie pour elle, qui se retrouve obligée de recourir à ces expédients pour survivre, tout simplement. Contrairement aux règles classiques de la dramaturgie, le film évite délibérément les conflits évidents pour surprendre le spectateur, car ici, les interactions se veulent bienveillantes. Une partie du film a été tournée dans un hôtel - consacré à ce type d’activités… autorisées en Belgique -, situés à proximité du parlement européen de Bruxelles. Le film refuse la facilité du spectaculaire ou de la violence. Au lieu de s’attarder sur la transgression, il s’attache à l’humain, à ses recoins de honte, à ses fragilités, à ce besoin d’affection qui circule, déguisé, sous mille formes. Il sait même capter les dissonances du réel avec une douceur qui n’exclut jamais un sourire. Osez ce film, c’est un miracle. Manon Clavel est absolument formidable. Ce n’est pas une inconnue car elle jouait déjà dans Le Répondeur et avait commencé sa carrière dans La Vérité sous la direction de Kore Eda. On veut la revoir très vite, sa voix, sa grâce, son jeu tout en demie teinte sont un régal. Le reste de la distribution -dans laquelle figure de vraies « travailleuses du sexe » -, est au diapason, avec Ethelle Gonzalez Lardued, Makita Samba, Suzanne Elbaz, Kadija Leclere, Bernard Blancan. . En refusant tout jugement moral, en préférant l’observation patiente à la démonstration, la réalisatrice signe une œuvre à la fois déroutante et profondément humaniste. Une fiction sans voyeurisme ni misérabilisme, qui ose dire que le soin peut surgir dans des lieux inattendus, même si ça dérange notre vision sans doute trop étriquée de la société en souffrance dans laquelle nous vivons.
Boulversant et tellement fin, on passe du rire au larme dans ce film qui depoussiére la figure de la mére courage pour en proposer une version moderne et pétillante.
Premier film magnifique, ténu, fin, drôle et bouleversant à la fois et dieu sais que j'ai du mal avec les critique qui disent bêtement "on rit et on pleure". Là c'est au délà la richesse de la vie se trouve dans ce film. Manon Clavel est une révélation totale. Elle est exceptionnelle.
Le récit manque de rythme, certaines situations paraissent artificielles et les personnages restent trop peu développés pour susciter une véritable émotion. Une œuvre qui avait du potentiel, mais qui ne parvient jamais à pleinement convaincre.
Pour son premier long-métrage de fiction, Alexe Poukine signe un film original et inclassable, plein de ruptures de ton, qui commence comme une comédie romantique avant de bifurquer vers quelque chose de plus sérieux mais sans jamais perdre son humour ni tomber dans le pur drame social. Au contraire, malgré des sujets lourds, le film, bien plus complexe qu’il n’y paraît, défend une vision optimiste des relations humaines.
C’est avant tout l’exploration d’un personnage, Kika, qui passe d’assistante sociale à travailleuse du sexe après être tombée dans une situation de détresse et n’arrivant pas à s’appliquer le soin qu’elle prodigue aux autres. Et le film vaut le coup d'œil rien que pour Kika qui découvre ces pratiques en même temps que le spectateur et la performance de Manon Clavel, immense révélation. Elle lui apporte une justesse, autant de fragilité que de force, et rend son parcours profondément attachant. Poukine venant du documentaire, on retrouve aussi cette authenticité à l’écriture.
Reste malgré tout un défaut courant des premiers films, celui de vouloir trop en mettre. Ça aurait à être un peu plus resserré, à approfondir quelques axes plutôt qu'à les multiplier. Mais paradoxalement, ce chaos épouse parfaitement l’état émotionnel de son personnage.