Si l’intention d’Alexe Poukine est claire - proposer un portrait de femme à vif, qui cherche à se reconstruire, entre deuil et pulsions - Kika ressemble malheureusement davantage à un enchaînement de moments gênants qu’à un parcours émotionnel cohérent. En plus d'ellipses pas toujours très claires, le film semble prendre un malin plaisir à pousser son héroïne dans des séquences de plus en plus inconfortables. Ce qui devait être un récit de reconstruction devient alors une succession de scènes où le spectateur se crispe, et attend avec impatience que cela se termine.
Manon Clavel, véritable révélation, est en tous points remarquable et sa voix grave est inoubliable. Elle compose une héroïne complexe : pudique mais dévastée, mutique mais en ébullition intérieure. Elle peine néanmoins à rendre crédible un rôle qui oscille entre intentions opaques et revirements peu crédibles.
Poukine aborde la sexualité BDSM et les rapports de domination de manière frontale et avec beaucoup d'audace, et surtout sans jugement. Mais le film a tendance à réduire une pratique complexe à une manifestation de la souffrance intérieure, comme si la sexualité alternative ne pouvait être qu’une projection du mal-être.
Au final, Kika laisse un sentiment mitigé, celui d’un film qui confond l’audace avec le malaise, et la complexité avec le manque de clarté. Une œuvre dont la sincérité n’est pas en doute, mais qui, par ses choix un peu trop singuliers, peine à déclencher de l'empathie pour son personnage principal.
Ai vu « Kika » de la réalisatrice belge Alexe Poukine qui n’avait tourné que des documentaires jusqu’à ce premier long métrage. « Kika » a été présenté au Festival de Cannes 2025 dans la Sélection « Semaine de la Critique ». Kika (excellente Manon Clavel) est une assistante sociale dévouée et combative, suite à un deuil, la jeune femme perd totalement pied et se retrouve progressivement à arrondir ses fins de mois spoiler: en étant travailleuse du sexespoiler: . Le scénario est très original et la réalisation assez surprenante, principalement les nombreuses ellipses inattendues et presque poétiques. Les personnages sont très humains et attachants et sont tenus par des comédiens qui ont le temps de s’épanouir, particulièrement ceux qui ont des seconds rôles (Makita Samba, Suzanne Elbaz, Ethelle Gonzalez…). Manon Clavel qui est de presque tous les plans ne fait qu’une bouchée de ce rôle très difficile et périlleux, elle est toujours très juste et émouvante même dans des scènes « casse gueule » où le personnage éprouve le besoin de toucher le fond pour ressortir la tête de l’eau. La réalisatrice ne juge jamais ses personnages et au contraire leur donne une dimension humaniste qui fait du bien. Ce film unique, assez audacieux, est abouti et émouvant. Souvent drôle grâce à des scènes totalement décalées, la réalisatrice sait doser l’émotion à sa juste mesure pendant tout le long métrage pour aboutir à une scène finale puissante et bouleversante. Ce film qui peut déranger, se singularise par son originalité, sa radicalité, sa poésie, sa véracité, tout en évitant les clichés, le misérabiliste et les clichés.
En prenant à bras le corps son sujet, et en parvenant à magnifiquement le détourner, POUKINE livre un objet totalement étonnant de cinéma, qui risque de ne pas vous laisser indifférent, même si par moment, tout cela est TRÈS destabilisant
J'ai eu la chance de voir ce film lors de l'ouverture du Briff a Bruxelles.
Film très émouvant, touchant et plein de finesse. C'est une plongée dans le monde de l'assistance sociale et du BDSM sans tomber dans les clichés. Grande justesse dans le jeu des acteurs, les situations et les détails du monde réel.
J ai l impression de ne pas avoir vu le même film que la critique . L actrice est certes très bonne mais elle ne peut soutenir un scénario . J ai eu l'impression de voir un film qui essaie d attraper plein de fils intéressants mais qui devient crispant du fait de son incohérence. Dans la salle nous n' avons pas été nombreux à rester jusqu'au bout. J en suis sorti avec un sentiment de malaise devant un film dans lequel je n ai pas pu rentré. Si vous voulez vraiment voir un film lumineux allez voir le beau film " des preuves d amour"
Un film très surprenant et qui nous questionne sur notre manière d’appréhender un milieu que l’on connaît mal. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été secoué ainsi !
C'est une fille qui a toutes les cartes en main pour reussir, mais qui préfère visiblement collectionner les emmerdes comme d'autres collectionnent les fèves d'épiphanie. Pourquoi prendre l'ascenceur social quand on peut descendre à la cave avec une lampe frontale en panne. Alexe Poukine semble avoir une règle d'or,si une scène n'est pas assez poisseuse pour te donner envie de prendre 3 douches d'affilée, elle ne le filme pas c 'est du "cinéma détergeant" mais sans le savon. Elle nous filme le mal-être avec la précision d'un proctologue qui aurait oublié son anesthésiant. Il n'y a que des gens qui s'excusent d'exister ou qui se complaisent à s'étaler dans la boue. On attend le moment ou quelqu'un va juste... sourire? Trop "Mainstream" sans doute. C'est du voyeurisme certifié "Label Rouge",on nous force à regarder le désastre: "Regardez comme c'est profond,parce que c'est moche" Le vrai talent ici, c'est de reussir à transformer une opportunité de sortie en cul de sac emotionnel. C'et du génie inverse. Alexe nous vend la complaisance comme une forme de noblesse; "Je souffre donc je suis"(interessante) Resultat: on finit par avoir autant d'empathie pour le personnage que pour une chaussette mouillée. Si tu as envie de te sentir mal pour des gens qui font tout pour ne pas aller bien,fonce. Pour les autres ,un épisode de "bonne nuit les petits" aura plus de profondeur psychologique et moins d'effets secondaires sur le moral
Il y a dans Kika un tremblement discret, presque imperceptible, comme si chaque scène retenait son souffle. Pas de pathos, pas de violons — juste une femme qui vacille, qui marche encore, même quand la terre se dérobe sous ses pas. Kika, enceinte, fauchée, brisée par la mort de l’homme qu’elle aimait, ne se relève pas avec panache : elle rampe d’abord. Alexe Poukine filme ce mouvement-là, ce lent passage du sol à la station debout. Ce n’est pas héroïque, ce n’est pas noble. C’est simplement humain. Quand elle se met à vendre ses petites culottes, le film pourrait sombrer dans la provocation ou l’ironie. Il n’en fait rien. Au contraire : il montre des gestes précis, des mains qui plient un tissu, des regards échangés dans des appartements anonymes, des mots qui n’arrivent pas à sortir. Tout devient minutie, presque rituel — comme si Kika retrouvait une force en réorganisant ses failles. Manon Clavel incarne ce mélange étrange d’abandon et de tension : elle a la fragilité d’une femme qui n’a plus de place au monde, et la détermination de quelqu’un qui ne veut pas disparaître. Sa présence s’impose sans qu’elle ne hausse jamais la voix. La mise en scène, elle, avance à contre-rythme. Pas de grandes envolées, pas de péripéties spectaculaires. Le film préfère s’attarder sur les choses ténues : une chambre mal rangée, la lumière qui hésite entre deux tons, un silence qui pèse plus lourd qu’un cri. C’est dans ces interstices que la reconstruction commence. Et puis il y a ce “nouveau métier”, jamais tout à fait expliqué, jamais tout à fait nommé. Le film laisse volontairement un flou : ce n’est pas l’activité qui compte, mais ce qu’elle permet — une reconquête lente, hésitante, imparfaite. Une sortie du brouillard, mais sans soleil éclatant. Une remontée, oui, mais vers une lumière qui clignote encore. Kika n’est ni un drame social classique, ni une fable de résilience. C’est un portrait : celui d’une femme que la société n’a pas su voir, et qui apprend seule à se regarder autrement. Ma note : 12 / 20
Gênant, malaisant, si le réalisateur voulait nous faire un film sur des pratiques hard et malsaines autant faire un documentaire sur le sujet, la c'est donc l'histoire d'une femme qui se force à faire des pratiques bdsm pour le fric, j'ai trouvé ca juste déplacé
J’ai eu la chance d’assister à l’avant première organisée par le Cinéma Diagonal de Montpellier, en présence d’Alexe Poukine qui a répondu à nos questions avec une sincérité désarmante.
Difficile de trouver les mots pour décrire ce film qui est d’une beauté sobre, profonde, « brute » mais d’une infinie délicatesse. Il n’est pas « facile » (dans le sens où les sujets abordés ne sont pas simples mais aussi dans le sens où rien ne tombe jamais dans la facilité) pourtant il m’a semblé très facile à regarder, fluide. Drôle, extrêmement touchant. Accessible, vrai, documenté, senti. Quelque chose de l’ordre du partage, de l’humain, sans chichi, sans faux semblants. Bref, allez le voir !!! Je pense qu’Almodovar va l’adorer ❤️
Kika est un double portrait, celui d'une jeune femme et celui d'un milieu singulier. Le film montre comment une vie peut basculer brutalement et cela effraie. Il montre aussi un milieu , celui du Bdsm dans son étrangeté et sa tendresse. on apprend à mieux le comprendre, des gens en conflit avec eux-mêmes , que la souffrance ne quitte pas, mais qui peuvent au milieu de ces séances, l'interromprent. A viser 2 portraits à la fois, le film se décentre parfois et souffert de situations et d'ellipses un peu douteuses mais reste intéressant. La jeune actrice Manon Clavel est formidable de naturelle.
Je suis allé voir « Kika » car j'ai été invité par une amie, sans ça je n'y serais pas allé, n'étant pas spécialement intéressé par le sujet du BDSM. Mais la bande annonce a éveillé ma curiosité : Manon Clavel, que je découvre avec « Kika », avait l'air de bien jouer, et il semblait y avoir un humour intelligent et drôle.
Tout cela s'est vite confirmé. Manon Clavel porte tout le film sur ses épaules, grâce à son jeu fin, précis, et malgré tout naturel. Elle est très bien secondée par les autres acteurs et actrices, notamment Makita Samba, signe de leur talent et de celui de directrice d'acteurs d'Alexe Poukine, réalisatrice de ce long métrage. Elle se révèle aussi bonne scénariste, avec Thomas Van Zuylen. C'est le premier film d'Alexe Poukine que je vois, mais je sais qu'elle s'est illustrée avec des documentaires sociaux.
Et « Kika » est une sorte de comédie dramatique sociale. L'angle choisi me semble le bon : traiter d'un climat économique et social contemporain difficile, tout en abordant les pratiques incongrues de la communauté BDSM... en montrant que ses adeptes s'y adonnent souvent en raison d'une vie cabossée, socialement et affectivement. Alexe Poukine ne juge pas ses personnages, elle montre un état de fait... tout en s'intéressant à la psychologie de ses protagonistes et au lien humain, même s'il se noue parfois d'une drôle de façon.
En cela elle réussit son pari de dénoncer la dureté de notre société, mais sans sécheresse, avec beaucoup d'humanité... et d'humour ! Les scènes BDSM sont d'ailleurs toujours traitées avec pudeur, signe de la justesse du regard de la cinéaste, portant tout de même sur un sujet complexe et tabou. « Kika » est une belle surprise, qui me fait dire qu'Alexe Poukine et Manon Clavel sont deux artistes prometteuses et à suivre !
Cette petite histoire de la jeune femme assistante sociale qui devient, presque du jour au lendemain, une pro du BDSM est aussi invraisemblable dans la forme que dans le fond…
Sur le papier un excellent sujet, un sujet d'actualité la bascule d'une femme socialement insérée dans la prostitution pour gérer ses fins de mois suite a un évènement personnel. Le film se passant en Belgique où la prostitution n'est pas un délit. Ni pour celles et ceux qui la pratique que pour les clients. Le début du film est sur cette problématique et fonctionne plutôt bien. Mais plutôt que creuser cette voie il bascule dans une vision quelque peu caricaturale du BDSM et ne présente a partir de ce moment là un moindre intérêt.
Techniquement c'est honnêtement réalisé mais ne suffit pas a justifier d'aller voir ce film.