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Willz
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5,0
Publiée le 14 novembre 2025
Le film ne se contente pas de raconter « un système », il raconte une personne. Kika ne tombe pas dans le cliché de la victime mais devient l’actrice de sa propre survie. La façon dont le film aborde l’économie du corps, la précarité, le désir, le deuil — avec une empathie totale, sans jugement — est rare. On rit, on est mal à l’aise, on est touché. Un film profondément humain.
Derrière son apparence déjantée, KIKA cache une vraie sensibilité. Le film jongle entre le comique et le tragique avec une maîtrise incroyable. On en ressort secoué, amusé, ému. Ce mélange-là, c’est du grand art.
Kika (Manon Clavel) est assistante sociale à Bruxelles, mariée et mère de famille lorsque deux événements inattendus bouleversent sa vie. Le premier : la rencontre avec David (Makita Samba) dont elle tombe éperdument amoureuse. La seconde : la mort aussi brutale qu’inattendue de David, terrassé par un AVC, qui laisse Kika hagarde, à la rue, sans un sou. Refusant tout secours, Kika en dernière extrémité se résout à se prostituer.
"Kika" – qui pour moi restera à tout jamais un titre associé à un film d’Almodovar en talons aiguilles – est une réalisation étonnante qui mérite l’excellent bouche à oreille qui l’accompagne depuis sa projection à Cannes en mai dernier à la Semaine de la critique.
C’est un film qui joue sur deux tableaux.
D’une part, c’est une comédie cocasse, l’histoire d’une fille comme tout le monde, une "Girl next door", qui fait la découverte du monde du BDSM, ses codes, ses pratiques et qui manifeste à cette découverte la même naïveté, le même étonnement que vous ou moi y manifesteriez – quoique je ne vous connaisse pas…. et que vous ne me connaissez peut-être pas ! Spanking, pegging, edging, face-sitting, si ces mots vous sont inconnus, alors ce film élargira votre vocabulaire et, si ces pratiques ne vous révulsent pas, vous fera beaucoup rire. Venue du documentaire, Alexe Poukine nous fait découvrir cet univers avec une curiosité gourmande sans verser dans le prosélytisme ou dans l’anathème. Son cinéma fait penser à celui, féministe et sororal, de Noémie Lvovsky, de Sophie Letourneur ou de Justine Triet première formule.
D’autre part, sur une veine plus grave, "Kika" est une tragédie, le récit d’un deuil dont l’héroïne ne réussit pas à se consoler. Enceinte de son compagnon décédé, en charge de sa première fille, sans toit, refusant la main tendue par son ex-mari, par sa mère et par son beau-père, Kika traverse une profonde dépression. Le BDSM lui sert d’exutoire. On en découvre alors la face plus sombre, moins cocasse : une façon, pour celui qui domine et pour celui est dominé, d’exorciser ses démons à travers une violence contrôlée.
Manon Clavel ("La Vérité", "Le Répondeur") est parfaite dans le rôle titre. Elle lui prête à la fois sa gravité et sa candeur.
Deux révélations en un film c’est plutôt rare! Il y a d’abord Manon Clavel qui interprète le personnage principal – Kika donc – et, conséquemment, le rôle-titre. De sa voix grave et suave et par son physique brut, loin des canons de beauté habituels, associé à un jeu d’un naturel confondant, elle irradie la pellicule. Surtout qu’elle est dans le rôle difficile d’une protagoniste qui évolue dans un milieu délicat, celui du BDSM (relations sexuelles à base de bondage, humiliation et sado-masochisme). Et elle s’acquitte de ce défi comme une professionnelle et sa prestation devrait lui valoir les louanges de la profession voire une probable nomination aux prochains Césars.
La seconde révélation, c’est la réalisatrice qui nous vient du documentaire. Après avoir en avoir tourné un sur les dysfonctionnements de l’hôpital, sujet ô combien dans l’air du temps et notamment au cinéma, et un autre sur les violences sexuelles, Alexe Potkine s’offre sa première incursion dans le monde du cinéma de fiction avec une œuvre plus légère. Elle y traite de deux sujets oscillants entre une certaine gravité sur le fond mais traités avec beaucoup de légèreté. Il y a d’abord ce thème le côté plus classique avec la précarité et le fait de devoir boucler ses fins de mois quand arrive un drame imprévu dans sa vie et l’autre sujet, bien plus rare et surprenant, de la prostitution dans le milieu BDSM.
« Kika » semble couper en deux parties appréhendant chacun des deux sujets mais le second est finalement la résultante du premier et la bascule se fait avec une fluidité évidente. Dans les deux cas, malgré ce cadre plutôt lourd et dramatique – voire tragique puisqu’il y a aussi la notion de deuil qui plane sur le film – jamais Potkine ne s’appesantit sur des moments lourds ou larmoyants. Au contraire, tout est tourné pour que l’on s’approprie ce film comme une bulle d’oxygène salutaire. Quand Kika découvre la facilité avec laquelle elle peut se faire de l’argent dans ce milieu interlope et marginal, on rit de ses maladresses et de ses surprises.
La valeur ajoutée du long-métrage est sans conteste le regard que porte la cinéaste sur ses personnages. « Kika » parvient à démarginaliser aussi bien la prostitution, montrant une sororité joyeuse, que les clients de ces pratiques peu conventionnelles. Elle les vulgarise même en montrant des gens parfois troublés, parfois en manque d’affection mais aussi juste adepte de violence pour le plaisir. C’est souvent drôle, parfois touchant même mais jamais scabreux. Ce qui n’était pas forcément facile. Parfois elle frôle la gêne pour le spectateur et elle se rattrape toujours et n’y sombre jamais. Un véritable tour de force à ce nieau. Le film ne souffre que de petites longueurs sur la dernière ligne droite et d’une séquence dans la toute fin qui dénote du reste et qu’on a du mal à interpréter, entre « Fight Club » et « Martyrs ». Sinon c’est un grand oui!
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La prostitution est un des thèmes omniprésents dans l'art, d'autant plus dans le cinéma, mais cette fois le film aborde une variante, une prostituée mais "domina", et particulièrement spéciale à tel point que d'emblée le récit est bancal et peu plausible... SPOILERS voir site !... Dommage que la base de l'histoire ne tienne pas la route car pour le reste Alexe Poukine dessine un portrait de femme aussi attachant que subtil, et ce malgré un sujet qui aurait pu vite devenir scabreux et/ou vulgaire. Le scénario reste intéressant car assez bien écrit pour aborder différentes thématiques dans un récit dense et cohérent et surtout, la cinéaste le fait sans pathos ni misérabilisme, jouant le funambule pour ne jamais devenir grotesque ou libidineux même, si parfois on se dit que ça manque d'audace (on en revient au spoiler). On pourrait aussi se dire qu'on aurait aimé en savoir plus sur ce qu'elle ressent réellement en domina, ce qui reste toujours flou. Un film intéressant, sur toutes les facettes du prisme de la prostitution mais pas assez crédible (idem voir spoiler) pour convaincre pleinement. Site : Selenie
Je suis allé voir « Kika » car j'ai été invité par une amie, sans ça je n'y serais pas allé, n'étant pas spécialement intéressé par le sujet du BDSM. Mais la bande annonce a éveillé ma curiosité : Manon Clavel, que je découvre avec « Kika », avait l'air de bien jouer, et il semblait y avoir un humour intelligent et drôle.
Tout cela s'est vite confirmé. Manon Clavel porte tout le film sur ses épaules, grâce à son jeu fin, précis, et malgré tout naturel. Elle est très bien secondée par les autres acteurs et actrices, notamment Makita Samba, signe de leur talent et de celui de directrice d'acteurs d'Alexe Poukine, réalisatrice de ce long métrage. Elle se révèle aussi bonne scénariste, avec Thomas Van Zuylen. C'est le premier film d'Alexe Poukine que je vois, mais je sais qu'elle s'est illustrée avec des documentaires sociaux.
Et « Kika » est une sorte de comédie dramatique sociale. L'angle choisi me semble le bon : traiter d'un climat économique et social contemporain difficile, tout en abordant les pratiques incongrues de la communauté BDSM... en montrant que ses adeptes s'y adonnent souvent en raison d'une vie cabossée, socialement et affectivement. Alexe Poukine ne juge pas ses personnages, elle montre un état de fait... tout en s'intéressant à la psychologie de ses protagonistes et au lien humain, même s'il se noue parfois d'une drôle de façon.
En cela elle réussit son pari de dénoncer la dureté de notre société, mais sans sécheresse, avec beaucoup d'humanité... et d'humour ! Les scènes BDSM sont d'ailleurs toujours traitées avec pudeur, signe de la justesse du regard de la cinéaste, portant tout de même sur un sujet complexe et tabou. « Kika » est une belle surprise, qui me fait dire qu'Alexe Poukine et Manon Clavel sont deux artistes prometteuses et à suivre !
À voir impérativement ! Ce film est une leçon de vie qui dénonce la facilité des jugements et le piège des faux-semblants. Alexe Poukine réussit à parler de deuil avec une singularité et une justesse qui percutent au plus profond de notre être. L'actrice Manon Clavel est époustouflante et bouleversante, transmettant une palette d'émotions d'une justesse déchirante. L'empathie et l'amour vaincront !
Premier film magnifique, ténu, fin, drôle et bouleversant à la fois et dieu sais que j'ai du mal avec les critique qui disent bêtement "on rit et on pleure". Là c'est au délà la richesse de la vie se trouve dans ce film. Manon Clavel est une révélation totale. Elle est exceptionnelle.
Vu en avant-première, présence de l’équipe du film. Un bon film mêlant drame et humour.. mettant en avant la place des TDS, d’une manière intéressante et intelligente.
Kika d’Alexe Poukine est un film sur la survie, la perte et la réinvention. En pleine grossesse, Kika perd brutalement son compagnon et doit affronter la précarité. Pour s’en sortir, elle devient dominatrice, découvrant un monde où le pouvoir et la vulnérabilité se confondent. Ce basculement inattendu donne naissance à un récit profondément humain, oscillant entre drame et comédie. La cinéaste filme sans jugement, avec une douceur presque documentaire, la quête d’une femme qui cherche à reprendre le contrôle de sa vie. Le film explore la complexité du désir, du soin et du deuil, montrant comment le corps peut devenir un lieu de guérison. Manon Clavel incarne avec intensité cette héroïne en mouvement, tour à tour forte et brisée. Derrière les gestes, la caméra capte la lumière fragile de l’espoir, la beauté du chaos, et cette vérité universelle : refuser de souffrir, c’est refuser de vivre.
Boulversant et tellement fin, on passe du rire au larme dans ce film qui depoussiére la figure de la mére courage pour en proposer une version moderne et pétillante.