Depuis "Dernier train pour Busan", Sang-Ho Yeon peine à nous reproposer un projet aussi fort. Depuis 2016, le réalisateur a eu quelques réussites, mais ce sont surtout des déceptions qui constituent désormais sa carrière. Alors, quand "Revelations" est arrivé, je fondais beaucoup d'espoir en lui. J'avais l'envie de retrouver un film aussi puissant et intéressant, autant dans la forme que dans le fond. Mais finalement, même si l'idée de base était très bonne, le résultat a difficilement réussi à me convaincre. Sur le papier, le film était parti pour être un thriller assez basique, où la question de la culpabilité allait être questionnée. Puis, au fur et à mesure que le film pose son décor, on se rend compte que l'ensemble va également parler de la foi et de son implication dans nos décisions. Mais ce n'est pas tout, car il traite également de la question du pardon, de la vengeance, de la seconde chance, etc... Et c'est déjà l'une des choses qui m'a un peu laissé sur le carreau, car je trouve que le film veut toucher à trop de choses, sans réellement réussir à tout concrétiser. D'un côté, cela peut simplement être un manque de puissance dramatique, comme avec l'évolution du personnage de la détective. Si la conclusion lui offre un vrai moyen de se racheter et que l'introduction nous présente bien son enjeu, elle est assez mise de côté pendant le cœur du film. À la place, on se concentre sur Sung Min-chan, et je dois dire que la question de la foi, et de la croyance, pouvait être intéressante. Malheureusement, ici, je trouve que c'est l'acteur qui n'aide pas, Jun-Yeol Ryu surjouant beaucoup. À ce niveau-là, le problème vient encore de la dramaturgie du long-métrage, car, même si on comprend la complexité de ce qu'il vit, on a du mal à voir comment il a pu basculer de cette manière. L'acteur en fait des caisses, et il est donc compliqué de trouver que son évolution suit une trajectoire logique. Et puis, il faut dire que ce choix scénaristique arrange trop souvent le scénario. Je comprends que c'est l'idée même de l'histoire, mais au bout de la cinquième excuse scénaristique mise sur le compte de la question de la croyance, on commence à réellement se poser des questions. Et cela se ressent surtout lors de la fin, qui abuse clairement de cette idée ! En bref, tous ces petits détails empêchent le film de se créer une identité claire, et le long-métrage navigue donc entre une introduction intéressante, un milieu très long et un final logique, mais un peu trop facilement résolu. Finalement, c'est surtout le potentiel de ce qu'il y avait à tirer de ce projet que l'on retient. Et c'est donc assez dommage, car Sang-Ho Yeon continue de nous prouver qu'il est un bon réalisateur ! Je pense notamment à toutes les trouvailles visuelles qu'il a réussi à proposer pour illustrer la foi du personnage principal. C'est assez joli, bien trouvé et je trouve que le film réussit vraiment à être très beau par moments. Je suis donc assez déçu de mon visionnage, car j'aurais vraiment cru que le film allait être mieux. J'attends encore désespérément de retrouver le réalisateur que j'avais apprécié à l'époque. Pour conclure, un ensemble un peu bordélique.