Panopticon a été présenté en première mondiale en juin 2024 au festival de Karlovy Vary, en République Tchèque. Par la suite, il a également été sélectionné en France dans plusieurs festivals tels que ceux de Montpellier (Cinemed) et La Rochelle.
Il s’agit du premier long-métrage de George Sikharulidze après quatre courts-métrages (The Fish that Drowned – 2014 ; Red Apples – 2016 ; Fatherland – 2018 et A New Year – 2019).
Panopticon fait la part belle à plusieurs personnages féminins en opposition aux hommes qui brillent surtout par leur absence ou leur défaillance. Ce n’est pas tout à fait un hasard puisque le réalisateur a souhaité rendre hommage à l’importance des femmes en Géorgie à la suite de l’effondrement de l’Union soviétique. Jusque dans les années 2000, le pays a surtout survécu grâce aux mères de cette génération qui ont décidé, pour beaucoup d’entre elles, d’aller travailler à l’étranger pour subvenir aux besoins de leur famille.
Dans le film, le personnage de Natalia, interprétée par Ia Sukhitashvili, est coiffeuse. Un univers que George Sikharulidze connaît bien puisqu’il avait écrit, alors qu’il était encore étudiant, un scénario d’un court-métrage intitulé La Coiffeuse, qui évoquait un homme voulant se faire toucher physiquement et qui allait donc se faire couper les cheveux. Une particularité que l’on retrouve avec le personnage principal de Panopticon, Sandro joué par Data Chachua, qui découvre toute la dimension érotique que peut avoir le contact d’une coiffeuse avec un client.
Le titre du film, Panopticon, fait référence au panoptique, le dispositif d’observation carcérale conçu par le philosophe Jeremy Bentham à la fin du XVIIIème siècle. Il permet d’embrasser la totalité du regard l’ensemble d’un espace et donc de surveiller continuellement des individus. Dans le film de George Sikharulidze, le procédé est utilisé de manière métaphorique notamment à travers les paroles du père de Sandro, incarné par Malkhaz Abuladze, qui lui recommande d’être bon en toutes circonstances car Dieu le surveille.
Au détour d’une scène, le réalisateur a glissé quelques images en noir et blanc des 400 coups (1959), le classique de François Truffaut. La Nouvelle Vague s’invite également dans le film par la comparaison des personnages avec différentes figures trufaldiennes. Ainsi, Sandro rappelle Antoine Doinel sur plusieurs points (l’insolence, le rapport aux femmes…) tandis que Natalia évoque le personnage de Fabienne Tabard, qu’interprétait Delphine Seyrig dans Baisers volés (1968).
Panopticon a été développé à la Résidence de la Cinéfondation du Festival de Cannes mais également au Torino Script Lab 2019 et au Torino Feature Lab 2020.