Le film de la franco-tunisienne Erige Sehiri a été l’un des grands vainqueurs de la dernière édition du Festival du Film Francophone d’Angoulême avec pas moins de trois récompenses, les Valois de la mise en scène, du scénario et de la meilleure actrice. Marie, pasteure ivoirienne et ancienne journaliste, vit à Tunis. Elle héberge Naney, une jeune mère en quête d'un avenir meilleur, et Jolie, une étudiante déterminée qui porte les espoirs de sa famille restée au pays Quand les trois femmes recueillent Kenza, 4 ans, rescapée d'un naufrage, leur refuge se transforme en famille recomposée tendre mais intranquille dans un climat social de plus en plus préoccupant. 92 minutes intéressantes mais, pour moi, plombées par pas mal de défauts qui m’ont empêché d’apprécier totalement ce drame. Les trois héroïnes que la réalisatrice suit ensemble et séparément, vivent à Tunis, mais viennent de l'Afrique subsaharienne et il est évident qu’elles souffrent d'un racisme flagrant eu égard à leurs difficultés à s'intégrer et à s'en sortir financièrement. Le portrait de ces trois femmes perd hélas rapidement de son intensité dans un scénario trop éclaté, pas loin d'être brouillon, ce qui ne réussit donc pas à donner une véritable épaisseur à chacune de ses protagonistes, précarisées et menacées. On aurait juste aimé que leurs rôles soient plus développés et suscitent ainsi davantage d'émotion. On a l’impression d’un scénario en boucle qui n’apporte rien de nouveau – en tout cas – aucun espoir de solution – aux protagonistes. Frustrant ! L'interprétation est de qualité avec une actrice de la trempe d'Aïssa Maïga, de même pour Deborat Christelle Naney et Laetita Ky. Le film a une fâcheuse tendance à s’éparpiller, multipliant les ébauches de situations dramatiques sans toujours leur donner l’ampleur nécessaire. Même lorsque la terreur et la vérité se confondent dans une scène au commissariat, le film peine à trouver sa tension dramatique. On le regrette.
Marie, Naney et Jolie sont trois profils de femmes aux parcours de vie différents mais vivant ensemble dans le même foyer en Tunisie. D'origines subsahariennes, elles font face à un environnement de plus en plus hostile envers, sous couvert de lutte contre l'immigration clandestine, l'ensemble de la communauté noire du pays.
spoiler: "Promis le ciel" est un récit aux nombreux atouts, parmi lesquels des personnages féminins profonds et bien caractérisés. J'ai aimé la manière dont vivent leur vie chacune des protagonistes, faisant face à une sorte d'étau qui se resserre de plus en plus jusqu'à totalement les asphyxier. Reconduire la petite fille, c'est finalement abandonner tout espoir et retourner à la case départ pour ces femmes. Peut-être un petit peu trop de désespoir en fin de film à mon goût, surtout pour la pauvre Naney qui semble voir se couper chaque lien qui l'unit à des gens de peu de compassion.
Un film très sensible et humain qui choisit bien sa forme : d'apparence quelque peu instable et bricolée, elle est parfaite pour rendre compte des difficultés de ces femmes de la diaspora subsaharienne en Tunisie. Tendresse, tensions, humour et vérité.
aissa maiga a beau être remarquable elle ne parvient pas à sauver le film où rien n'est crédible, tout sonne faux et surtout on s'ennuie énormément, les images sont affreuses c'est une performance dans un environnement aussi cinématographique. Encore une fois j'ai été trompé par la critique professionnelle
Découvert au dernier Festival de Cannes lors d’une séance officielle à la salle Debussy, en présence de l’équipe du film, ce long métrage me laisse aujourd’hui un souvenir paradoxal. Difficile, en toute honnêteté, d’en conserver une trace vive tant l’ennui a fini par prendre le dessus au fil de la projection. Et pourtant, le projet ne manque ni de qualités ni d’intentions louables.
Le film aborde un sujet rarement traité au cinéma : le racisme subi par les femmes noires subsahariennes en Afrique du Nord. À travers un récit choral, il suit les trajectoires croisées de femmes d’âges, de milieux sociaux et de professions très différents, toutes engagées dans une lutte quotidienne pour exister, faire entendre leur voix et trouver leur place dans un environnement souvent hostile. Cette diversité de points de vue constitue sans doute l’une des forces du film.
L’interprétation est globalement solide, avec une mention particulière pour l’actrice incarnant la pasteure, dont la présence et la justesse marquent durablement. Les images sont belles, soignées, parfois même élégantes. Mais c’est peut-être là que le bât blesse. La mise en scène, très classique, tend à lisser les aspérités du réel qu’elle cherche pourtant à dénoncer. À force de retenue, le film atténue sa propre charge émotionnelle, comme s’il craignait d’aller trop loin dans la frontalité.
Ce choix formel finit par laisser le spectateur à distance, malgré la douleur, la douceur et même l’humour que le film parvient ponctuellement à injecter dans ces parcours de vie. Reste un film choral respectable et nécessaire par son sujet, mais dont la réalisation trop sage empêche l’ensemble de réellement marquer les esprits.
Marie (Aïssa Maïga) vit à Tunis. Elle est journaliste. Elle est aussi pasteure et dirige une communauté de fidèles qui se réunit régulièrement autour d’elle. Dans sa grande maison, elle héberge deux compatriotes, Jolie, une étudiante, et Naney, qui tire le diable par la queue. Les trois femmes ont recueilli une petite fille qui a survécu au naufrage d’une embarcation de migrants clandestins.
Après "Sous les figues" sorti en 2022, la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri tourne son deuxième film d’une facture toute différente. Sous les figues se déroulait à la campagne. "Promis le ciel" se déroule à la ville. Il documente la vie d’Africains subsahéliens, en situation souvent irrégulière, en butte à un racisme systémique, qui tentent de vivre tant bien que mal au Maghreb. C’est l’occasion de battre en brèche une idée reçue : les émigrés africains n’affluent pas massivement en Europe, comme les tenants du Grand Remplacement le clament, mais s’exilent dans leur immense majorité dans un autre pays africain.
La personnalité de Marie est particulièrement intéressante. C’est un personnage ambigu : est-elle un Bon Samaritain qui offre un havre à ceux qui n’en ont pas ? ou un gourou qui endoctrine ses fidèles en les délestant de leurs économies ? Parmi les personnages qui l’entourent, c’est Naney qui est la plus saillante. Cette Ivoirienne peroxydée est écartelée entre son désir de gagner l’Europe et celui de retourner en Côte d’Ivoire où l’attend sa fille.
Promis le ciel a fait le tour des festivals : Cannes, Angoulême, Marrakech, Carthage… Il doit cette exposition à son sujet original et au talent de sa réalisatrice qui est venue présenter avec beaucoup d’intelligence son film au Balzac où j’ai eu la chance de le voir en avant-première. Pour autant, j’ai été un peu déçu par son scénario qui ne tire pas le meilleur parti de son point de départ. Il ne suffit pas de croquer des personnages pour réussir un film ; il faut encore les faire vivre et raconter une histoire.
Promis le ciel est une plongée dans le milieu de l'immigration illégale en Tunisie. Porté par un trio d'actrices admirables, le film dresse le constat accablant d'un continent en souffrance.
Promis le Ciel prolonge l'œuvre d’Erige Sehiri dans une fiction naturaliste inspirée d’un de ses documentaires précédents. L’histoire de trois ivoiriennes exilées en Tunisie : une étudiante qui porte les espoirs de sa famille, une mère sans-papier candidate à l’exil pour assurer un avenir meilleur à sa fille restée au pays et une ex-journaliste devenue pasteure qui héberge les autres. Elles recueillent une fillette orpheline rescapée d’un naufrage et permettent chacune d’illustrer à leur manière et avec leurs nuances les difficultés de l’exil, le racisme et les obstacles quotidiens auxquels sont confrontés les migrants subsahariens en Tunisie.
Porté par un trio d’actrices pleines de grâce, dont Deborah Christelle Naney dans son tout premier rôle, c’est un film sur la solidarité et la persévérance. Plein d’énergie et majoritairement féminin, il dresse le portrait de femmes coincées entre ce qu’elles voudraient être et ce qu’elles ne peuvent avoir, où la possibilité d’avancer est constamment rattrapée par la réalité sociale dans un climat politique qui se détériore et installe une insécurité permanente. Des femmes qui doivent constamment se battre contre les préjugés et les injustices.
Sans jamais être misérabiliste, Erige Sehiri témoigne d’une réalité migratoire souvent tragique en rappelant une évidence : ce sont d’abord les pays africains qui accueillent et subissent la majorité des flux migratoires. Une réalité faite de promesses non tenues.
Un film vu pendant les avant premières parisiennes du festival de Cannes et qui m'avait touché par son plaidoyer pour la sororité.
On suit une femme pasteur qui essaye de maintenir une cohésion dans sa communauté pourtant déracinée dans un pays hostile avec des enfants ayant échappé à des traversées, bref des familles recomposées, des femmes blesséespar leur vie de migrante...
Promis, le ciel est une plongée dans l’immigration subsaharienne en Tunisie, portée par trois actrices remarquables. Nous suivons la vie de trois femmes, pleines d’énergie dans un univers difficile pour les immigrer. 
Le deuxième film de la Tunisienne Erige Sehiri est un joli portrait de groupe.
Il vaut surtout pour la sensibilité avec laquelle sont peints les différents caractères de cette communauté de femmes noires, résidant en Tunisie et se serrant les coudes.
Aïssa Maïga est magnétique, et joue avec une belle ambiguïté son personnage de pasteur évangéliste accueillant des migrantes. Mais c'est surtout l'actrice non-professionnelle Deborah Christelle Lobe Naney qui crève l'écran, irriguant le film de son énergie communicative.
La photographie est très belle, la mise en scène tout à fait plaisante (avec de très beaux gros plans de visages) et j'ai pris plaisir à suivre le sort de ces immigrées sub-sahariennes, avec ou sans papier, unies par de fragiles liens de sororité menacés par le durcissement du climat social autour d'elle.
Un autre point positif est le point de vue de Sehiri sur la situation : elle parvient à éviter l'écueil d'un angélisme béat, comme celui d'une noirceur excessive qui tenterait de nous extorquer au forceps des sentiments de pitié.
Malgré le manque d'enjeux narratifs, un bon moment de cinéma.
Ni chaud ni froid Erige Sehiri, dans son second long métrage après le remarquer « Sous les figuiers », montre ici une nouvelle facette de son pays au travers l’histoire de trois femmes immigrées d’Afrique subsaharienne à Tunis. Au cœur de ce film choral, Marie est le pasteur d’une Eglise Evangélique à Tunis qui aide les migrants à subsister dans un pays qui les accueille mal. Ce film a le mérite d’élargir la focale sur l’immigration vu d’Europe et de bien montrer que les africains émigrent en premier lieu en Afrique même et dans des pays qui ne veulent pas d’eux. Dans cette réalité méconnue exposée ici ; on voie bien que cette quête d’un avenir meilleur se heurte violemment à un contexte xénophobe loin des principes des Droits de l’Homme où rafles, expulsions et condamnations se font sur de l’arbitraire et sans procès. Erige Sehiri montre aussi l’intolérance des croyances, car au racisme s’ajoute la difficulté de pratiquer un culte chrétien à Tunis en toute légalité. Son film est courageux et un beau témoignage sur un sujet brulant et méconnu porté par trois actrices habitées et lumineuses. Malgré toute cette bonne volonté, l’écriture de son scénario est très inégale, la mise en scène manque de tenue, la narration trop éclatée presque brouillonne permettent peu de cerner très distinctivement les enjeux et à donner une réelle épaisseur aux personnages. La dernière demi-heure plus limpide sauve un film trop souvent chaotique et tiède. Vaut d’être vu pour le sujet qu’il traite plutôt que pour ses qualités narratives et de mise en scène.