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Alu-Ciné
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4,0
Publiée le 7 février 2026
Un film très sensible et humain qui choisit bien sa forme : d'apparence quelque peu instable et bricolée, elle est parfaite pour rendre compte des difficultés de ces femmes de la diaspora subsaharienne en Tunisie. Tendresse, tensions, humour et vérité.
Marie (Aïssa Maïga) vit à Tunis. Elle est journaliste. Elle est aussi pasteure et dirige une communauté de fidèles qui se réunit régulièrement autour d’elle. Dans sa grande maison, elle héberge deux compatriotes, Jolie, une étudiante, et Naney, qui tire le diable par la queue. Les trois femmes ont recueilli une petite fille qui a survécu au naufrage d’une embarcation de migrants clandestins.
Après "Sous les figues" sorti en 2022, la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri tourne son deuxième film d’une facture toute différente. Sous les figues se déroulait à la campagne. "Promis le ciel" se déroule à la ville. Il documente la vie d’Africains subsahéliens, en situation souvent irrégulière, en butte à un racisme systémique, qui tentent de vivre tant bien que mal au Maghreb. C’est l’occasion de battre en brèche une idée reçue : les émigrés africains n’affluent pas massivement en Europe, comme les tenants du Grand Remplacement le clament, mais s’exilent dans leur immense majorité dans un autre pays africain.
La personnalité de Marie est particulièrement intéressante. C’est un personnage ambigu : est-elle un Bon Samaritain qui offre un havre à ceux qui n’en ont pas ? ou un gourou qui endoctrine ses fidèles en les délestant de leurs économies ? Parmi les personnages qui l’entourent, c’est Naney qui est la plus saillante. Cette Ivoirienne peroxydée est écartelée entre son désir de gagner l’Europe et celui de retourner en Côte d’Ivoire où l’attend sa fille.
Promis le ciel a fait le tour des festivals : Cannes, Angoulême, Marrakech, Carthage… Il doit cette exposition à son sujet original et au talent de sa réalisatrice qui est venue présenter avec beaucoup d’intelligence son film au Balzac où j’ai eu la chance de le voir en avant-première. Pour autant, j’ai été un peu déçu par son scénario qui ne tire pas le meilleur parti de son point de départ. Il ne suffit pas de croquer des personnages pour réussir un film ; il faut encore les faire vivre et raconter une histoire.
Un film bouleversant et très émouvant sur la vie des immigrants africains en Tunisie, qui essaient par tous les moyens de pouvoir une condition meilleure. Aïssa Maïga est formidable comme toujours et les autres actrices sont très convaincantes. Merci pour ce très beau film qui nous apprend beaucoup de choses sur les personnes qui essayent de survivre avec combativité pour pouvoir simplement mieux vivre !
Découvert au dernier Festival de Cannes lors d’une séance officielle à la salle Debussy, en présence de l’équipe du film, ce long métrage me laisse aujourd’hui un souvenir paradoxal. Difficile, en toute honnêteté, d’en conserver une trace vive tant l’ennui a fini par prendre le dessus au fil de la projection. Et pourtant, le projet ne manque ni de qualités ni d’intentions louables.
Le film aborde un sujet rarement traité au cinéma : le racisme subi par les femmes noires subsahariennes en Afrique du Nord. À travers un récit choral, il suit les trajectoires croisées de femmes d’âges, de milieux sociaux et de professions très différents, toutes engagées dans une lutte quotidienne pour exister, faire entendre leur voix et trouver leur place dans un environnement souvent hostile. Cette diversité de points de vue constitue sans doute l’une des forces du film.
L’interprétation est globalement solide, avec une mention particulière pour l’actrice incarnant la pasteure, dont la présence et la justesse marquent durablement. Les images sont belles, soignées, parfois même élégantes. Mais c’est peut-être là que le bât blesse. La mise en scène, très classique, tend à lisser les aspérités du réel qu’elle cherche pourtant à dénoncer. À force de retenue, le film atténue sa propre charge émotionnelle, comme s’il craignait d’aller trop loin dans la frontalité.
Ce choix formel finit par laisser le spectateur à distance, malgré la douleur, la douceur et même l’humour que le film parvient ponctuellement à injecter dans ces parcours de vie. Reste un film choral respectable et nécessaire par son sujet, mais dont la réalisation trop sage empêche l’ensemble de réellement marquer les esprits.
Film avec une belle énergie sur le destin de trois femmes qui cherchent leur voie au sein d'une communauté de personnes venant de la Côte d'Ivoire et vivant en Tunisie, où un climat particulier règne à l'égard des étrangers. Ambitieuses, affirmées, ayant une foi inébranlable en l'avenir, ces portraits de femme sont inspirants. La réalisatrice finit son film en leur donnant à chacune une direction. Intéressant.
Film sur la Tunisie qui dévoile une société raciste et les difficultés de 3 femmes noires différentes qui ont du mal à s’en sortir financièrement à Tunis Les actrices sont magnifiques et la femme pasteur avec ses changements permanents de coiffure très surprenante C’est une histoire, enfin 3 histoires poignantes Un film hyper coloré avec des rires, des larmes , de la musique, un film féminin où les hommes n’ont pas de très beaux rôles
Très jolie histoire d’amitié et de partage de résilience dans une société tunisienne qui se cherche . 3 actrices épatantes, dont la trop rare Aissa Maiga prennent en charge une adorable petite orpheline et leur destin va être perturbé.
Un film qui m'a transporté, parce qu'il nous plonge avec beaucoup de délicatesse et de justesse dans une réalité passionnante et peu explorée. Trois portraits de femmes d'une très grande force, avec une Aïssa Maïga étonnante mais aussi des non professionnelles qui donnent parfois au film l'accent d'une vérité documentaire. Politique, humaniste, et d'une grande beauté.
Le deuxième film de la Tunisienne Erige Sehiri est un joli portrait de groupe.
Il vaut surtout pour la sensibilité avec laquelle sont peints les différents caractères de cette communauté de femmes noires, résidant en Tunisie et se serrant les coudes.
Aïssa Maïga est magnétique, et joue avec une belle ambiguïté son personnage de pasteur évangéliste accueillant des migrantes. Mais c'est surtout l'actrice non-professionnelle Deborah Christelle Lobe Naney qui crève l'écran, irriguant le film de son énergie communicative.
La photographie est très belle, la mise en scène tout à fait plaisante (avec de très beaux gros plans de visages) et j'ai pris plaisir à suivre le sort de ces immigrées sub-sahariennes, avec ou sans papier, unies par de fragiles liens de sororité menacés par le durcissement du climat social autour d'elle.
Un autre point positif est le point de vue de Sehiri sur la situation : elle parvient à éviter l'écueil d'un angélisme béat, comme celui d'une noirceur excessive qui tenterait de nous extorquer au forceps des sentiments de pitié.
Malgré le manque d'enjeux narratifs, un bon moment de cinéma.
Ai vu « Promis le Ciel » de la réalisatrice franco tunisienne Erige Sehiri qui a été projeté dans la Sélection « Un certain regard » au Festival de Cannes 2025. Le film traite d’un sujet fort et peu diffusé, les tensions sociales et raciales en Tunisie entre la communauté arabe et les immigrants sub-sahariens. Marie (très charismatique Aïssa Maïga) est ivoirienne et Pasteure. Elle héberge chez elle Naney ( excellente Déborah Christelle Lobe) , jeune femme pleine de vie qui enchaine les galères, et Jolie (Laetitia Ky) dont le père paye les études à Tunis. Elles vont « adopter » une petite fille de 4 ans, Kenza (Estelle Dobgo) qui est une des rares rescapées d’un naufrage d’une embarcation de fortune. Cette famille reconstituée va devoir faire front à une pression administrative, policière… de plus en plus en plus invivable. Le film a de belles qualités cinématographies dont une photographie de (Frida Marzouk) très douce et protectrice qui met un baume sur les galères des protagonistes, une musique très diversifiée (Valentin Hadjaj). Le scénario a un peu de mal à mener de front l’histoire des 4 personnages, qui ont des aspirations différentes. On a l’impression que c’est l’histoire de Naney qui prend le dessus, et cela à juste raison puisque c’est la plus mouvementée et dramatique. Le personnage est le plus complexe et l’actrice dévore l’écran. La réalisatrice a plus de talent pour nous faire sentir l’énergie, la vie, les liens de ses quatre protagonistes au sein de la maison, qu’à l’extérieur dont on ne perçoit pas à sa juste mesure le réel danger. Un joli film généreux, trop délicat et pas assez frontal pour toucher en plein coeur le spectateur.
Le film est incroyable, j'ai ri, j'ai pleuré, les actrices sont incroyables, le film hyper réaliste, le destins de trois femmes ivoiriennes en Tunisie dans le contexte de racisme actuel....un film d'utilité publique et magnifique à la fois. Faites tout pour le voir ! J'espère qu'il sera entièrement sous-titré en arabe et diffusé dans les pays du Maghreb....
Un drame qui se veut émouvant mais tombe dans le cliché et la platitude. Le scénario prévisible, les personnages manquent de consistance, et l’émotion ne décolle jamais. Un film laborieux et rapidement oubliable.
Ce film est tres intéressant ! Le travail d Erige Sehiri sur les femmes migrantes est à la fois profond et tres documenté! Les personnages, inspirées de femmes réelles, sont infiniment courageuses et tres attachantes dans leur simplicité. Très vite, le spectateur entre en immersion dans une de ces églises cachées de Tunisie où chaque instant est intense et risqué. Le tourbillon nous emporte et la soif de vie dépasse le spectateur. Excellent
Un film sincère et porté par une scène finale percutante, mais qui peine à approfondir ses enjeux et à émouvoir pleinement. Le sujet méritait un traitement plus incarné.