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Adelme D.Otrante
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3,5
Publiée le 19 juin 2026
La Tunisie avait beau s’appeller Ifriqiya pendant le moyen-âge désormais tout ce qui s’apparente à l’Afrique Subsaharienne y est victime du racisme des autorités et de certains habitants. C’est le constat amer que fait un trio de femmes originaires de Côte d’Ivoire de passage ou désirant s’installer dans le pays. Joli film sur une réalité glauque qui montre que l’ostracisme naît bien avant le sol européen. J’ai vécu à Abidjan et c’est toujours un plaisir d’entendre parler le français ivoirien.
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2,5
Publiée le 4 juin 2026
Marie vit en Tunisie depuis dix ans où elle s'occupe de sa congrégation. En tant que fervente pratiquante qui prône l'entraide, elle accueille chez elle deux femmes de son pays d'origine. Trois femmes aux situations différentes, mais unies par leur exil et par les obstacles du quotidien. Il y a les problèmes d'argent, le harcèlement des autorités, le racisme ou encore tout ce qui concerne la paperasse. On pourrait croire qu'elles font front face à cela, mais pas vraiment. C'est l'un des nombreux points évoqués par Erige Sehiri à travers son histoire sur l'immigration subsaharienne en Tunisie. Une histoire qui couvre tellement de thèmes que certains trucs passent à la trappe. Je comprends qu'il s'agit d'un instant de vie qui capte le quotidien à cet instant précis avec ces personnages à un tournant de leur passage en Tunisie, mais je suis resté sur ma faim. Au moins, Erige Sehiri parle de quelque chose d'assez rare au cinéma, mais comme avec son précédent film, je n'ai pas été vraiment convaincu.
Promis le ciel est un film beau et touchant, avec un vrai regard humain sur ses personnages. Ce sont surtout les actrices qui impressionnent, elles donnent toute sa force et sa sincérité au récit.
Le film repose largement sur son trio d’héroïnes, incarnées par des actrices lumineuses et habitées, dont la présence suffit à faire naître l’émotion. La mise en scène, délicate et précise, capte avec finesse les gestes du quotidien et les fragilités des liens qui se tissent. Malgré la dureté du sujet, l’humour affleure par moments, permettant au film de trouver un équilibre subtil entre gravité et légèreté.
Vu au festival chefs op’ en lumière de Chalon sur Saône en 03/26. Excellent film qui nous plonge dans le monde des immigrés en Afrique, ceux qui ne sortent pas de l’Afrique et qui s’encouragent dans les églises évangéliques. Les femmes sont merveilleuses, fortes et endossent leur destin avec courage. Les actrices sont majoritairement non professionnelles, elles sont magnifiques. La dictature tunisienne offre un fond désespérant à l’histoire de ces femmes. Très beau film.
Un deçà de mes attentes. Je m'attendais a un film sur la vie d'africains d'origines subsaharienne vivant au Maghreb en l'occurrence en Tunisie où ils sont migrants. Si la localisation géographique est bonne le film ne montre qu'une société vivant en microcosme quasiment pas les interactions avec la population locale, les problèmes de vies de racisme entre les populations.
Marie est une pasteur ivoirienne vivant à Tunis. Elle vit avec sa nièce Jolie, étudiante, et Naney, une mère prête à tout pour un avenir meilleur avec sa fille. Marie doit faire face à la répression visant sa religion et semble obnubilé par ses intérêts. Le climat politique va alors percuter leur vie avec force. Le film présente de nombreuses contradiction. Si on veut retenir les scènes pleines de tendresse et d’humanité, le récit bien trop confus laisse un gout amer une fois les lumières rallumées.
"« Portraits de femmes» On suit le parcours de 3 ivoiriennes venues en Tunisie pour différentes raisons et vivant ensemble, et dont l’arrivée d’une petite fille subsaharienne elle aussi et rescapée d’un naufrage de migrants va bousculer le quotidien déjà précaire. De nombreux sujets intéressants sont abordés : la précarité donc, la débrouille, le racisme, le sort des migrants, la corruption, le tout dans une réalisation un peu trop présentes et des actrices touchantes."
Ni chaud ni froid Erige Sehiri, dans son second long métrage après le remarquer « Sous les figuiers », montre ici une nouvelle facette de son pays au travers l’histoire de trois femmes immigrées d’Afrique subsaharienne à Tunis. Au cœur de ce film choral, Marie est le pasteur d’une Eglise Evangélique à Tunis qui aide les migrants à subsister dans un pays qui les accueille mal. Ce film a le mérite d’élargir la focale sur l’immigration vu d’Europe et de bien montrer que les africains émigrent en premier lieu en Afrique même et dans des pays qui ne veulent pas d’eux. Dans cette réalité méconnue exposée ici ; on voie bien que cette quête d’un avenir meilleur se heurte violemment à un contexte xénophobe loin des principes des Droits de l’Homme où rafles, expulsions et condamnations se font sur de l’arbitraire et sans procès. Erige Sehiri montre aussi l’intolérance des croyances, car au racisme s’ajoute la difficulté de pratiquer un culte chrétien à Tunis en toute légalité. Son film est courageux et un beau témoignage sur un sujet brulant et méconnu porté par trois actrices habitées et lumineuses. Malgré toute cette bonne volonté, l’écriture de son scénario est très inégale, la mise en scène manque de tenue, la narration trop éclatée presque brouillonne permettent peu de cerner très distinctivement les enjeux et à donner une réelle épaisseur aux personnages. La dernière demi-heure plus limpide sauve un film trop souvent chaotique et tiède. Vaut d’être vu pour le sujet qu’il traite plutôt que pour ses qualités narratives et de mise en scène.
Un film très sensible et humain qui choisit bien sa forme : d'apparence quelque peu instable et bricolée, elle est parfaite pour rendre compte des difficultés de ces femmes de la diaspora subsaharienne en Tunisie. Tendresse, tensions, humour et vérité.
Marie (Aïssa Maïga) vit à Tunis. Elle est journaliste. Elle est aussi pasteure et dirige une communauté de fidèles qui se réunit régulièrement autour d’elle. Dans sa grande maison, elle héberge deux compatriotes, Jolie, une étudiante, et Naney, qui tire le diable par la queue. Les trois femmes ont recueilli une petite fille qui a survécu au naufrage d’une embarcation de migrants clandestins.
Après "Sous les figues" sorti en 2022, la réalisatrice franco-tunisienne Erige Sehiri tourne son deuxième film d’une facture toute différente. Sous les figues se déroulait à la campagne. "Promis le ciel" se déroule à la ville. Il documente la vie d’Africains subsahéliens, en situation souvent irrégulière, en butte à un racisme systémique, qui tentent de vivre tant bien que mal au Maghreb. C’est l’occasion de battre en brèche une idée reçue : les émigrés africains n’affluent pas massivement en Europe, comme les tenants du Grand Remplacement le clament, mais s’exilent dans leur immense majorité dans un autre pays africain.
La personnalité de Marie est particulièrement intéressante. C’est un personnage ambigu : est-elle un Bon Samaritain qui offre un havre à ceux qui n’en ont pas ? ou un gourou qui endoctrine ses fidèles en les délestant de leurs économies ? Parmi les personnages qui l’entourent, c’est Naney qui est la plus saillante. Cette Ivoirienne peroxydée est écartelée entre son désir de gagner l’Europe et celui de retourner en Côte d’Ivoire où l’attend sa fille.
Promis le ciel a fait le tour des festivals : Cannes, Angoulême, Marrakech, Carthage… Il doit cette exposition à son sujet original et au talent de sa réalisatrice qui est venue présenter avec beaucoup d’intelligence son film au Balzac où j’ai eu la chance de le voir en avant-première. Pour autant, j’ai été un peu déçu par son scénario qui ne tire pas le meilleur parti de son point de départ. Il ne suffit pas de croquer des personnages pour réussir un film ; il faut encore les faire vivre et raconter une histoire.