Promis le ciel
Note moyenne
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77 critiques spectateurs

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Direct-actu.fr

402 abonnés 558 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 janvier 2026
Dans Promis le ciel, Erige Sehiri signe un drame choral intime sur des femmes migrantes vivant à Tunis, prises entre foi, survie et désillusions. Le film observe la précarité sans misérabilisme, interroge la promesse d’un avenir meilleur et montre comment la foi devient à la fois refuge et tension intérieure, face à une réalité sociale qui résiste à toute idéalisation.

Avec Promis le ciel, Erige Sehiri poursuit son travail d’observation sensible des invisibles, en s’attachant ici aux trajectoires de femmes migrantes subsahariennes installées à Tunis. Le film adopte une forme chorale intime, où les corps, les silences et les gestes quotidiens racontent davantage que les discours. Loin de tout effet démonstratif, la réalisatrice capte une réalité faite d’attente, de fatigue et de compromis, dans un pays lui-même fragilisé par une crise économique et sociale profonde.

Au cœur du récit, la foi occupe une place centrale, non comme une réponse magique, mais comme un refuge symbolique. Les églises évangéliques deviennent des espaces de solidarité, presque des bulles de protection, où l’on tente de tenir debout face à l’adversité. Cette foi apaise, structure, donne un sens provisoire, mais elle peut aussi retarder la prise de conscience et maintenir dans une attente résignée. Le film interroge sans juger cette ambivalence, laissant émerger une tension constante entre espérance et lucidité.

La promesse évoquée par le titre dépasse largement le cadre religieux. Elle renvoie aux promesses du droit, de la solidarité, des États, des parents à leurs enfants, et à toutes ces paroles censées rassurer mais qui se heurtent au réel. La ville de Tunis, filmée à hauteur de regard, apparaît souvent floue, presque insaisissable, comme si l’espace lui-même refusait de s’offrir pleinement à celles qui y vivent sans y appartenir totalement.

Figure discrète mais essentielle, l’enfant rescapée d’un naufrage incarne un espoir interdit, fragile, que l’on ose à peine formuler. Elle concentre les projections, les doutes et les désirs d’avenir, rappelant que même dans les situations les plus précaires, l’espoir subsiste, fût-il illusoire ou provisoire. Sans jamais céder au pathos, Promis le ciel dresse le portrait de femmes cherchant simplement à s’en sortir, et pose un regard profondément humain sur l’exil, la foi et l’attente d’un lendemain meilleur.
Adnane Ben Youssef
Adnane Ben Youssef

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 janvier 2026
Beau. Profond. Politique. Et d’une grande sensibilité.
Un agréable moment, porté par des personnages résilients et très attachants, sur fond de politique et de poésie.

Le film traite des conditions de vie des communautés subsahariennes en Tunisie, confrontées à une forte répression du régime tunisien, qui a épousé des thèses d’inspiration zemmourienne, mais aussi au racisme ordinaire de la société.

En dehors de l’actrice Aïssa Maïga, qui interprète le rôle de la pasteure, et de l’acteur tunisien Mohamed Grayaâ, l’ensemble des comédiens est issu de castings sauvages.

L’actrice Déborah Lobe Naney, non professionnelle, a été primée dans deux festivals très importants : Carthage et Marrakech.

Le film a fait l’ouverture de la sélection Un Certain Regard à Cannes.
Olivier Barlet
Olivier Barlet

330 abonnés 447 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 janvier 2026
Comment parler de cette inhumanité, qui n’a plus rien d’exceptionnel par les temps qui courent ? A Cannes, Erige Sehiri l'a présenté comme un film qui « cherche à promouvoir l'empathie pour que la déshumanisation de l'Autre cesse ». Un film marquant pour éviter le naufrage. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures.
Spectateur Lambda
Spectateur Lambda

33 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2026
Vu en avant-première, c'est encore un petit bijou d’Erige Sehiri qui nous transporte, avec humanité, tendresse, résilience et une grande force dans ces parcours de femmes aux portes de l’Europe, aux croisements des chemins des migrations en Tunisie. C’est magnifiquement joué, ça interpelle beaucoup, ça ouvre les yeux et le cœur.
J'avais adoré Sous les figues. Ici, on change complètement d'ambiance, de décor, mais on retrouve toute la magie quotidienne et la force de ces femmes dans un monde en pleine bascule.
Je recommande vivement !
Cinema.BZH
Cinema.BZH

7 abonnés 52 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 janvier 2026
Le film tente d’aborder son sujet avec sérieux et ambition. Même si le film part d’une intention louable et propose une esthétique visuelle plutôt intéressante avec des décors soignés, le résultat final reste malheureusement décevant. L’écart entre l’idée de départ et sa mise en œuvre se fait rapidement sentir.
Nathalie CHAMAGNE
Nathalie CHAMAGNE

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2026
J'ai vu ce film quasi documentaire en avant première... Film d'une sincère réalité réalisé par une remarquable femme ancienne journaliste. Casting et jeu d'actrices et acteur impressionnant.
Je recommande
Doodoodingue
Doodoodingue

2 abonnés 39 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 janvier 2026
film vu en avant première lors du festival moteur  à Auzielle.
très belle histoire de femmes dans un contexte politique particulier. on traverse la solitude, la communauté, la recherche d'un avenir meilleur, et penser ses blessures profondes.... le tout autour de l'arrivée d'une enfant.
Leniod
Leniod

16 abonnés 44 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 décembre 2025
Film choral dans le milieu chrétien évangélique subsaharien, à Tunis.
Contient de la musique chrétienne évangélique...
Expérience originale, certes.

La photographie de Frida Marzouk est très correcte.

La vraie question est : comment une œuvre si conventionnelle a-t-elle été sélectionnée au Festival de Cannes 2025 pour ouvrir la section "Un certain regard" ?

Regardé en festival à Bruxelles.
RichardB83
RichardB83

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 novembre 2025
magnifique realisation sur la réalité du monde tunisien depuis 2011. Les actrices sont vraies, excellentes et mises en valeur par la caméra, le scénario et l'ambiance sont un magnifique plaidoyer sur les conditions de vies des sudsahariens (nes) en Tunisie.
des photos et des gros plans magnifiques, un film plein d'amour, d'humanité et de sensibilité dans un contexte parfaitement décrit.
EnviDciné
EnviDciné

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2025
Film sensible et touchant sur un sujet important. J’ai eu la chance de le voir au festival de Durban.
Sophie R.
Sophie R.

7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 août 2025
Vu à Angoulême au Festival FFA le 25 Août : film magnifique avec des portraits de femme ciselés ainsi qu’un sujet jamais traité encore au cinéma mais je ne veux pas spoiler . À voir absolument : il est des films nécessaires pr éveiller les consciences et changer les choses . Une belle humanité ! Merci pr ce film . Merci pour cette chanson magnifique à écouter 殺殺 .
Ce film a recu
traversay1

4 526 abonnés 5 441 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 août 2025
Venant après le sublime Sous les figues, Promis le ciel marque un assez net changement dans la manière de filmer d'Erige Sehiri, même s'il s'agit toujours de parler de la Tunisie d'aujourd'hui et des femmes qui y vivent. Les trois héroïnes de Promis le ciel, que la réalisatrice suit ensemble et séparément, vivent à Tunis, mais viennent de l'Afrique subsaharienne et il est évident que celles-ci souffrent d'un flagrant racisme à leur encontre, eu égard à leurs difficultés à s'intégrer et à s'en sortir financièrement. Contrairement à son projet précédent, la mise en scène de la cinéaste, pour coller à son sujet, se fait incisive, dans une veine réaliste et presque documentaire. Le portrait de ces trois femmes moins puissantes, malgré leur fort caractère, perd cependant de son intensité dans un scénario trop éclaté, pas loin d'être brouillon, qui ne réussit pas à donner une véritable épaisseur à chacune de ses protagonistes, précarisées, voire menacées. Ce n'est pourtant pas la qualité de l'interprétation qui est à blâmer, bien au contraire, avec une actrice de la trempe d'Aïssa Maïga et des révélations Laetitia Ky et Deborat Christelle Naney. On aurait juste aimé, notamment pour la première, que leurs rôles soient plus développés et suscitent ainsi davantage d'émotion, à la façon du sublime (désolé pour la répétition) Sous les figues.
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 360 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 juillet 2025
Sans forcément tenir sa narration, SEHIRI propose une immersion assez juste, grâce notamment à la composition d'un trio de personnage attachant, mais qui manque de réel impact sur nous, la faute à une forme parfois très brouillonne
Simon Bernard
Simon Bernard

208 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mai 2025
Marie, Naney et Jolie sont trois profils de femmes aux parcours de vie différents mais vivant ensemble dans le même foyer en Tunisie. D'origines subsahariennes, elles font face à un environnement de plus en plus hostile envers, sous couvert de lutte contre l'immigration clandestine, l'ensemble de la communauté noire du pays.

spoiler: "Promis le ciel" est un récit aux nombreux atouts, parmi lesquels des personnages féminins profonds et bien caractérisés. J'ai aimé la manière dont vivent leur vie chacune des protagonistes, faisant face à une sorte d'étau qui se resserre de plus en plus jusqu'à totalement les asphyxier. Reconduire la petite fille, c'est finalement abandonner tout espoir et retourner à la case départ pour ces femmes. Peut-être un petit peu trop de désespoir en fin de film à mon goût, surtout pour la pauvre Naney qui semble voir se couper chaque lien qui l'unit à des gens de peu de compassion.
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 mai 2025
Depuis La Belle et la Meute, le cinéma tunisien renforce sa présence sur la Croisette en témoignant d’un pays en perpétuelle mutation. Sans s’éloigner de cette ligne, Promis le ciel ouvre Un Certain Regard 2025 avec l’idée de capturer l’inquiétude et l’espoir de femmes originaires d’Afrique subsaharienne, en quête d’une seconde chance à Tunis. Le troisième long-métrage d’Erige Sehiri atténue la tonalité parfois didactique et le manque de tension de son récit par l’humanité sincère de ses personnages.

Chaleureusement accueilli par la critique et le public lors de la Quinzaine des cinéastes en 2021, le premier long-métrage d’Erige Sehiri, Sous les figues, offrait déjà une belle vitrine sur les contraintes sociales et les aspirations de jeunes femmes au cœur de la Tunisie rurale. Malgré un rythme contemplatif pouvant affaiblir son propos sur la société patriarcale, l’œuvre se distinguait par sa poésie discrète et sa sensibilité authentique. Le temps y était suspendu et la nature, vivante, cultivait les rêves et les désirs de ses personnages. Une fois encore, la cinéaste parvient – du moins par instants – à restituer cette aura singulière, qui illumine ses décors comme ses personnages féminins, indépendants et apparemment solidaires.

Mais dans la Tunisie actuelle, le bonheur semble éphémère. L’économie vacille, les inégalités persistent, et une part croissante de la population, notamment les marginaux de Tunis, se replie sur elle-même. La caméra à l’épaule d’Erige Sehiri s’attarde ici sur la vie d’une famille recomposée, captant le réel avec la même justesse que dans son documentaire La Voie normale. On y suit des cheminots en crise sur l’unique ligne ferroviaire aux normes internationales, laissée à l’abandon après la révolution tunisienne. Promis le ciel porte également les stigmates d’une transition nationale encore inachevée. Les migrants, contraints de bâtir leur propre refuge dans une solidarité de survie, en souffrent particulièrement.

Ancienne journaliste, Marie héberge sous son toit Naney, une mère perdue, Jolie, une étudiante pleine d’espoir, et Kenza, une enfant rescapée d’un naufrage. Leur logement, non déclaré, fait aussi office de paroisse chaque dimanche, lieu de prière et de réconfort pour la communauté subsaharienne. Chacun attend la solution ou un miracle à ses problèmes, mais tout le monde ne semble pas destiné à réussir. Telle est la réalité cruelle que le film nous donne à voir. À cela s’ajoute une répression policière persistante envers les migrants, entravant tout espoir de départ vers l’Europe. Le blocus administratif mis en place ravive d’autres tensions au sein du foyer, qui se fissure lentement.

La narration adopte rapidement une structure chorale, suivant les parcours des trois femmes. Cependant, leur développement dramatique reste inégal. Jolie, par exemple, incarne l’espoir de toute une famille mais également une jeunesse sacrifiée par ses aînés. Son arc narratif reste sous-exploité. Marie, quant à elle, reste opaque. Bien qu’elle ne semble pas croire pleinement en ce qu’elle prêche dans son église improvisée, sa proximité avec Kenza sonne parfois de façon artificielle. Pourtant, cette dernière, figure de l’innocence et de pureté, aurait pu être le cœur émotionnel du récit. Mais comme les autres, elle s’efface peu à peu derrière Naney, dont l’intranquillité incarne un sursis sans fin ni perspective.

C’est néanmoins sur cette mère courage que le spectateur peut compter pour insuffler un peu de légèreté et d’énergie dans un récit profondément chargé en tragédie. Impulsive, prête à se dépasser même au risque de trahir les siens, elle constitue la plus belle surprise du film. Celui-ci a toutefois tendance à s’éparpiller, multipliant les ébauches de situations dramatiques sans toujours leur donner l’ampleur nécessaire. Même lorsque la terreur et la vérité se confondent dans une scène au commissariat, le film peine à retrouver sa tension dramatique initiale et à justifier certains virages radicaux.

Des moments forts subsistent, fugaces mais intenses – une fête d’anniversaire, une sortie en boîte de nuit – sans toutefois parvenir à ancrer durablement leur empreinte dans une œuvre marquée par plusieurs essoufflements narratifs. Et ce, malgré tous les efforts d’Erige Sehiri pour insuffler authenticité et profondeur à cette histoire mêlant résilience et perte de l’innocence. On leur a promis le ciel, mais elles semblent pour l’heure piégées dans un enfer bien réel. Les paroles de la chanson de Delgres résonnent tout au long du film, auquel le titre rend hommage.

Prévu en salles à l’automne prochain, Promis le ciel offre à la sélection Un Certain Regard un portrait poignant de femmes confrontées à une société tunisienne politiquement et socialement défavorable envers elles. Avec une meilleure fluidité narrative et un développement plus équilibré de ses personnages, le film aurait sans doute pu exploiter tout son potentiel dramatique. En filigrane, on y perçoit une méthodologie dardennienne : un style épuré où les corps des actrices expriment la fatigue et les émotions plus que les dialogues. L’exécution, parfois trop théorique, n’en demeure pas moins digne d’intérêt. Il ne manque finalement pas grand-chose pour que Sehiri retrouve l’intensité de Sous les figues et peaufine son regard bienveillant sur la renaissance et la seconde chance.

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