Pfuuu, je viens d’emprunter un tunnel mémoriel de près de quarante ans, qui m’a ramené à la première et unique fois où j’ai passionnément suivi la totalité des épisodes de ‘Lady Oscar’ diffusés sur Récré A2 tout au long de l’année 86 (même si j’ai aussi lu le manga de Ryoko Ikeda plus tard).. Le compactage d’une série en un seul long-métrage, même s’il permet d’éliminer pas mal de scories “qui meublaient” sont souvent décevantes et lacunaires mais il me semble que dans le cas de cette Rose de Versailles, même si beaucoup d’éléments sont résumés au pas-de-course via la voix off (par exemple, les intrigues de cour des années 1770), l’essentiel a été préservé pour assurer la compréhension des enjeux. Et des enjeux, il y en a puisque ‘La Rose de Versailles’, en dehors de son personnage principal romanesque, est une productions “de divertissement” qui s’efforce néanmoins de traiter les dates, les événements, les décors, les personnages historiques et le contexte général de la Révolution française avec le plus grand respect, et c’est toujours le cas dans cette adaptation Netflix. D’autre part, même si graphiquement, l’évolution est palpable, la nouvelle direction artistique a conservé ces personnages aux traits à la fois anguleux et androgynes, marqueur visuel typique des productions japonaises des années 70. Sur le fond, si ‘La Rose de Versailles’ a contribué de manière importante à la fascination exercée à la fois par la Révolution, la France et Marie-Antoinette sur le public japonais, ce n’est pas pour rien : on a affaire à un pur mélodrame d’autrefois, ignorant et foncièrement indifférent vis-à-vis des codes contemporains, avec un quadrilatère amoureux parfait et insoluble et des personnages qui ont deux ou trois litres de larmes en réserve sous les paupières. Il y a sans doute beaucoup trop de chansons - pire que dans les Disney les plus monomaniaques - mais elles sont (malheureusement) indispensables à la compréhension du scénario. En tout cas, rien que pour ce voyage dans le temps qui ne s’excuse jamais d’être resté bloqué il y a cinquante ans, et qui a maintenu l’intégrité de ce qui fut peut-être la première synthèse parfaite des Shôjo et des Shônen, Netflix retrouve soudain toute son utilité à mes yeux.