"Le Diable s'habille en Prada 2" est la suite du phénomène que fut le premier épisode durant les années 2000. N'ayant pas un attachement particulier à l'œuvre, et ne voyant pas concrètement la nécessité d'une suite, j'accueillais assez timidement ce nouveau volet. Et autant le dire, mon visionnage a un peu confirmé ces craintes, le résultat étant typiquement dans la lignée des retours de licence connus que l'on a dernièrement. Dès le début, on sent que tout le monde n'avait qu'une idée en tête : retrouver l'esprit du premier. Dans le plan d'introduction, dans l'approche du scénario ou dans la caractérisation des personnages, tout est fait pour faire revenir le spectateur face à ce qu'il connaît. Pourtant, le temps a passé et nos héros ont logiquement évolué depuis. Mais malgré cela, le film se fait un malin plaisir de les remettre exactement au même endroit qu'avant. Autrement dit, ces premières minutes semblent nous montrer qu'aucun effort ne sera fait pour amener du nouveau. J'étais donc un peu déçu, mais je n'ai pas boudé mon plaisir pour autant, car j'aime vraiment cette petite bande de personnages et d'acteurs ! Forcément, revoir Ana Hathaway, Emily Blunt ou Stanley Succi m'a comblé, mais c'est surtout Meryl Streep qui continue de crever l'écran. La figure de son personnage est toujours aussi particulière et elle maîtrise son rôle à la perfection. Alors, même si j'avais l'impression de revenir en terrain connu, j'ai accepté l'idée et j'étais prêt à me laisser porter par l'ensemble. Cependant, contre toute attente, le tout a finalement choisi de me surprendre, pour le meilleur et pour le pire. Positivement, pour commencer, car le long-métrage a réellement voulu faire évoluer l'approche de son sujet, via une vision plus actuelle de ce milieu. On nous parle de la digitalisation du métier de journaliste, de la fast fashion, de la mise en lumière des comportements toxiques au travail, etc... En bref, cela s'annonçait plutôt prenant et nouveau ! Malheureusement, le problème de cet apport est qu'il se retrouve à être finalement bien minime par rapport à sa promesse. Dans l'ensemble, le scénario de cette suite est aussi léger que le premier, et donc, tous les sujets que j'ai cités seront bien trop survolés. Le meilleur exemple étant le sujet de la fast fashion, qui est censé être le point de départ de toute cette nouvelle histoire, mais qui ne sera jamais réellement expliqué. On en parle, mais ça fait simplement partie du décor, aucun développement sur cette problématique n'interviendra. Et j'ai vraiment eu le même sentiment pour tout le reste, ce qui est vraiment dommage. Et finalement, à cause de ce changement de direction dans l'approche de l'histoire, je trouve que le film perd un peu de son état d'esprit d'origine. Ce qui était intéressant dans le premier était ce rythme effréné et l'humour très sec amené par Miranda, qui était clairement exagéré. Mais ici, on a déjà un ensemble bien moins prenant dans l'exécution, le film ayant clairement des longueurs. Mais également, un humour qui perd parfois en spontanéité, avec une Miranda moins sadique que prévu. Sur le papier, c'est intéressant de faire évoluer le personnage, mais c'est peut-être trop forcé pour que l'on y croie. Je comprends l'envie d'être plus actuel, mais le spectateur n'est pas bête, il savait que Miranda était une caricature, nous n'avons donc pas besoin que d'autres personnages viennent désamorcer ces remarques en lui disant qu'elle ne peut pas dire ça. En bref, cette suite a vraiment le cul entre deux chaises. Elle essaye de faire plaisir à ses fans, tout en apportant beaucoup de nouveautés, ce qui a pour conséquence de dénaturer un peu l'esprit même de la licence. L'ensemble est donc un peu trop passe-partout, et il s'avère surtout moins prenant que le premier volet. Pour conclure, une suite un peu inutile.