On s'est fait bananer. Un singe enragé, des jeunes dans une villa, c'aurait pu être fun... Le film fait son petit buzz sur les réseaux auprès d’un public impressionné par ses deux scènes gores, l’une avec une
mâchoire truquée
en mauvais numérique (remettez-vous plutôt la scène de la baignoire dans Mirrors, de rien.) et l’autre en plan tellement serré et peu éclairé qu’on ne comprend pas ce que l’on regarde (en plus de nous refaire le coup du «
coffre ouvert du pick-up
», mais sans la mise en scène de Scream, donc « bof »). Le chimpanzé a une bonne gueule de porte-bonheur (ils ont exagéré les traits effrayants : mettez ça dans un zoo, les gens fuient, soigneurs compris) afin que vous sursautiez bêtement dès qu’il entre un peu vite dans le cadre. Cela coupe au moins les interminables silences qui constituent toutes les scènes « de tension » (vous avez le temps d’aller aux WC), le tout dans une obscurité incompréhensible (cette villa de millionnaire n’a visiblement pas vingt balles pour installer des interrupteurs). En revanche, cette maison a la meilleure guirlande d’extérieur du marché, capable de supporter 40kg gesticulant (alors que la vôtre, au moindre moineau ayant abusé des graines, s’effondre lamentablement… On veut bien la marque). On se moque, car il n’y a pas grand-chose à voir dans ce Primate qui oublie jusqu’à son concept dès qu’il est énoncé (l’effet « terreur de l’eau » pour le singe enragé est zappé assez vite, il va même au-dessus du bassin… On dirait juste qu’il ne veut pas se mouiller la tête, mais les filles à cheveux épais peuvent comprendre). Dans ce film d’attentisme de sursauts faciles aux personnages décérébrés (pourquoi
s'enfermer dans la pièce TV qui fait du bruit, plutôt que de fuir ? Avec l'odorat développé du chimpanzé, c'est suicidaire.),
on remarque quand même l’effort de proposer un monstre non pas en CGI mais en costume animatronique (pour les mouvements faciaux) avec un acteur à l’intérieur, c’est un bon point quand on imagine ce qu’aurait donné l’effet numérique de la « mâchoire » sur le singe pendant 1h30… On a échappé au pire.). On aura aussi une petite pensée pour Troy Kotsur, récemment lauréat d’un Oscar (pour CODA), jouant dans ce film (la chute libre), on espère qu’on lui proposera mieux pour la suite. Bref, pas besoin de vous arrêter sur ce film jouant sur ses sursauts de l’Enfer (on les attend des plombes) et ses deux scènes gores (mal faites), refaites-vous plutôt la scène d’ouverture de Nope, les films Link ou Incidents de parcours, et même le méconnu sketch du capucin vicieux du décalé Terror Tract. Oui, ça a quelques années, mais ce n'est pas au vieux singe qu'on apprend à faire la grimace.