Film horrifique coécrit et réalisé par Johannes Roberts, Primate est un mauvais long-métrage. L'histoire nous fait suivre un groupe de jeunes amis passant une soirée dans la villa du père de l'un d'entre eux, sur une île tropicale. Mais la nuit tourne au cauchemar lorsque Ben, le chimpanzé adopté par la famille possédant la demeure, devient soudainement violent après avoir été mordu par un animal porteur de la rage. Ce scénario s'avère hélas pénible à visionner tout du long de sa durée d'une heure et demie. Une durée qui semble interminable. L'intrigue débute par une introduction pourtant prometteuse, même si elle montre trop rapidement ce qui va se passer un peu plus tard. S'ensuit une mise en place chiante avant que tout parte en vrille. Mais la structure du récit est calamiteuse tant elle empile tous les clichés du genre du slasher, faisant que nous ne sommes jamais surpris tant tout est déjà écrit à l'avance. Résultat, on s'ennuie ferme et plus les minutes défilent, plus elles nous font ressentir la purge. C'est dommage car le concept du singe tueur est attrayant sur le papier. Mais dans les faits, c'est terriblement mal retranscrit. Le seul point positif provient du fait que l'on joue du sujet avec le père sourd-muet. Mais le métrage aurait dû aller beaucoup plus loin et il y avait de quoi faire vu la ressemblance entre l'homme et le singe et leurs liens dans l'évolution. De plus, il manque cruellement un passage montrant justement le lien entre la famille ayant adopté l'animal et ce dernier, ce qui aurait permis de s'attacher à lui et de ressentir de l'empathie. Mais il n'en est rien. C'est juste le néant. Il n'y a aucun fond. Le film ne cherche qu'à choquer en balançant des scènes de mises à mort violentes, gores, brutales, bestiales, qu'on a déjà vues plus d'une fois ailleurs. Et le fait que ce soit un primate qui s'addonne à cette barbarie ne change rien. On aurait pu le remplacer par une girafe ou un pangolin, ça aurait été la même chose vu qu'il n'y a aucune réflexion derrière. L'ambiance horrifique est pour sa part correcte mais la tension est tellement téléphonée que rien ne surprend. L'ensemble est porté par des personnages stéréotypés, aux réactions débiles, dont on se moque bien de leurs sorts. Des rôles interprétés par une distribution sans charisme comportant Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, Troy Kotsur, Victoria Wyant, Benjamin Cheng, Gia Hunter, Miguel Torres Umba, Kae Alexander, Tienne Simon, Charlie Mann, Amina Abdi et Albert Magashi. Tous ces individus entretiennent des rapports de panique face à cette menace incontrôlable. Des échanges soutenus par des dialogues très pauvres. L'utilisation de la langue des signes étant tout de même bien utilisée. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique est en demi-teinte. Sa mise en scène oscille entre plans mal cadrés et plans un peu plus esthétiques, même s'ils sont loin d'être marquants. On ressent la volonté d'iconiser le primate mais il manque une vision plus créative et maîtrisée pour y parvenir. L'environnement est lui très redondant. On assiste à un huis clos dans cette grande villa, pourtant elle n'est pas du tout exploitée. C'est même le contraire puisque la majorité de l'action se cantonne à la piscine, la rendant rébarbative et limitante. Les effets spéciaux permettant de donner vie à la fureur du singe sont eux corrects. Ce visuel sombre mais éclairé par quelques artifices est accompagné par une bonne bande originale. Ses compositions sont appréciables, collent bien à l'atmosphère et ont un énorme impact sur les images. Elles en font même trop et sont très présentes afin de faire monter l'inquiétude via leurs notes, masquant ainsi la faiblesse du reste. Mais elles savent également par moment se faire absentes afin de jouer avec la surdité du père de famille, créant un contraste auditivement saisissant. Reste une fin attendue et grotesque venant mettre un terme à Primate qui, en conclusion, est un film raté ne méritant clairement pas le coup d'œil.