Ça sent les statuettes! « Marty Supreme » est un biopic qui revient sur la vie d’un ancien champion de tennis de table américain, dans les années 1950. Il s’agit, mine de rien, du film le plus cher du studio A24. L’oeuvre fait l’unanimité, que ce soit auprès des retour du public ou par rapport à ses résultats au box-office. Aussi, « Marty Supreme » possède, bien entendu, de très nombreuses nominations pour la cérémonie des Oscars 2026. J’ai donc été assez curieux de me faire mon propre avis sur le film. Et, c’est vrai que je ne vois pas dans quel monde il repartira bredouille!
Tout d’abord, je trouve l’immersion dans cette époque des années 50 clairement réussie. On a une reconstitution aux petits oignons, ainsi que des décors variés et des costumes d’époque qui font que l’on s’implique un minimum dès lé début dans cette intrigue. J’irais même jusqu'à dire que, pour le coup, on ressent le budget important du long métrage, qui montre que « Marty Supreme » a grandement de l’ambition.
Autrement, si le film fait autant parler, c’est évidemment pour celui qui fait sensation dans le cinéma en ce moment, un certain Timothée Chalamet. Si je ne suis pas le plus grand fan de l’acteur de 30 ans (également producteur ici), je pense clairement que c’est, cette fois, bel et bien son année, et qu’il remportera le statut de « Meilleur Acteur » le 15 Mars. Il porte sans soucis le film sur ses épaules. Entre 2 « Dune », il incarne idéalement ce type de personnage que l’on adore détester. À l’ambition démesurée, prêt à tout pour devenir champion, et d’une grande confiance en lui, le protagoniste de l’oeuvre est manipulateur, un insolent et, bien sûr, un égoïste. On croit totalement aux caractères de Marty Mauser. J’ai plutôt aimé cette approche quant au fait de suivre le parcours d’une personne dans un biopic. Il y a quelque chose de nouveau, en sachant que tout tourne autour de ce personnage, quitte d’ailleurs à sacrifier du développement chez les persos secondaires. C’était prenant de suivre ses magouilles dans tous les sens, pour le tennis de table, et grâce au tennis de table. Notons toutefois la performance de Gwyneth Paltrow, qui s’éloigne du MCU et s’offre ici un rôle intéressant, en tant cas que grande star de son époque. Elle apporte cette touche de légèreté et de tendresse bienvenue dans cette histoire.
Du côté de la mise en scène, Josh Safdie a fait le choix d’apporter la caméra très proche des comédiens. La photographie est soignée. Les scènes de tennis de table fonctionnent. J’aurais voulu plus de spectacle à ce niveau, avec des plans peut être plus allongés, moins de coupes. Mais, il faut dire que « Marty Supreme » n’est pas un film de sport, et que ce n’est pas le but premier de tourner ce type de scènes, qui ne doivent représenter au final que 5 à 10% du film. Tant qu’on y est, c’est bien Chalamet qui a tapé dans la balle dans les scènes de ping, après des mois voire des années d’entrainement intensif sans doute.
J’ajoute qu’il se passe beaucoup de choses dans le métrage. Le rythme est assez costaud et regorge plein d’énergie. Néanmoins, j’ai trouvé le temps un peu long par moment. Le milieu du film est assez creux et étendu en longueur selon moi. C’est surtout pour cela que je n’ai pas mis une note de dingue. Sinon, il y a un peu d’humour qui marche bien à l’intérieur. Enfin, les choix musicaux sont parfois surprenants à mon sens, mais ça fonctionne là aussi, y compris pour ce qui concerne les musiques des années 80.
Bref, je comprends les raisons qui font que « Marty Supreme » est un joli succès dans le cinéma de ce début d’année. Maintenant, je n’ai pas forcément envie de le revoir. C’était bien, mais pas marquant à mes yeux. Je le conseille bien entendu pour autant. Gardons en tête que ce n’est pas un film grand public. On verra ce qu’il en est aux Oscars avec ses 9 nominations, en supposant qu’il gagnera plus de prix qu’aux BAFTA (avec un score de 0 récompense, sur 11 nominations tout de même).