Derniers Avis : Les Rayons et les Ombres - Page 29
Les Rayons et les Ombres
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21 critiques
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4,5
Publiée le 28 mars 2026
Le film est long mais à la fin on ne saurait pas le raccourcir. Nastya Golubeva et Jean Dujardin sont justes et livrent une très belle composition. Ni complaisant, ni parangon de vertu le film est aussi d’une justesse parfaite, ramenant la collaboration à hauteur d’homme, quand la cupidité amène aux pires errements. Mais cela serait trop simple de résumer tout à de la cupidité et ce film le montre parfaitement.
Je suis très partagé sur ce film. En effet les comédiens sont tous excellents et la mise e'mn scène agréable à suivre. Par contre quel est le discours ? On n'est pas loin de l'éloge des collaborateurs et des gentils nazis... "on ne savait pas" ne tient pas vraiment la route. On n'a pas du tout l'impression ou si peu que la France est en guerre... Les histoires ne sont pas assez nuancés à mon avis et on développe malgré nous de l'empathie pour des personnes qui ne le méritent vraiment pas
Un film où chacun est face à sa conscience et sa responsabilité individuelle. Énorme. A voir et à montrer à notre jeunesse dans notre époque incertaine, oublieuse et complaisante.
Un film magistral qui raconte une période que la France a choisi d’oublier avec cette illusion propagée allègrement d’un pays peuplé surtout de résistants. On suit Otto et Jean, et le sacrifice de leurs idéaux sur l’autel des ambitions personnelles. Pas de manichéisme, ils sont tous les deux bons et mauvais comme tout un chacun. Le jeu de Jean Dujardin est merveilleux et il rend service à cette histoire. L’actrice qui joue Corinne crève l’écran également et sa voix off n’alourdit pas le récit. C’est un film à voir, au moins une fois, ne serait-ce que pour la description d’un Paris occupé excessif et décadent. NB: il faut quand même être en forme pour le voir, on en sort rincé et mélancolique.
Film magistral! Captivant! Juste! Qui nous fait nous interroger de façon intime : et moi qu’aurai je fait? Les acteurs sont époustouflants de justesse … courez voir ce film… on y pense longtemps après
Ça s'inscrit dans la grande tradition française des téléfilms mal éclairés, mal joués et sans mise en scène. Les deux récits qui s'entremêlent auraient pu donner deux films indépendants, à la place on a cette fresque interminable.
Les Rayons et Les Ombres, malaisant et sublime aurait écrit Duras ?
Un film sur un collabo avec comme coscénariste Jacques Fieschi, ma curiosité était éveillée. Mais je n’étais pas préparé au choc du film de Xavier Giannoli, Les Rayons et Les Ombres. Je l’imagine connaitre la renommée de ces œuvres inoubliables sur des salauds : au cinéma Les Damnés de Luchino Visconti (1969), en littérature Les bienveillantes de Jonathan Littell (Goncourt 2006). Documenté et surfant sur l’ambiguïté, le texte déploie une puissance implacable : rien n’est jamais ni noir ni blanc. Même quand l’histoire tourne à l’abject ? Malaisant - si ce mot existait - le film le serait assurément. Avec Otto Abetz, l’ambassadeur d’Allemagne en France dont l’histoire a retenu, au-delà de ses crimes, qu’il a sauvé Paris de la destruction ordonnée par Hitler, le journaliste Jean Luchaire (excellent Jean Dujardin) essaye de faire perdurer, dans la France occupée, l’esprit de l’amitié franco-allemande d’avant-guerre. Est-ce que le film renvoie à notre actu ? Oui, dans la mesure où les tourments de l’histoire se répètent à l’infini. Non, car il ne serait pas sérieux de comparer l’antisémitisme de la majorité silencieuse des Français de 1940 à celui d’une minorité, parfois très en colère, en 2026. Comme un clin d’œil à sa propre trajectoire, le texte de Jacques Fieschi, né en 1948, année où débute le film, esquisse aussi un hommage au cinéma comme art de la délivrance. Alors que sa tuberculose menace de l’emporter avant ses vingt-cinq ans, la fille de Jean, l’actrice Corinne Luchaire (sublime Nastya Golubeva-Carax) porte ce message d’espoir. Puisse notre époque, avec Xavier Giannoli, enseigner aux YouTubeurs et autres Instagrameurs compulsifs l’immense Victor Hugo, son poème Sagesse tiré de Les Rayons et Les Ombres (1840) : « Tout homme sur la terre a deux faces, le bien Et le mal. Blâmer tout, c’est ne comprendre rien. Les âmes des humains d’or et de plomb sont faites. L’esprit du sage est grave, et sur toutes les têtes Ne jette pas sa foudre au hasard en éclats. Pour le siècle où l’on vit - comme on y souffre, hélas ! - On est toujours injuste, et tout y paraît crime. Notre époque insultée a son côté sublime.»
Ca parle trop de tuberculose, fêtes, alcool, cigarette, sexe. Les 3 personnages principaux ont l'air "gentils". Ca ne montre pas assez le côté collabo, les drames de la guerre. Je m'interroge sur l'acceptation des 2 malades de tuberculose dans les fêtes malgré la contagiosité de la maladie.
C'est très bien mais pas très très bien. Pourquoi ? La reconstitution est excellente et l'actrice qui joue Corine mérite un César. De plus le film bien que long de regarde sans trop de temps mort. Mais mon bémol c'est que contrairement à l'histoire on laisse un peu entendre que le fils Luchaire a plus subi la situation qu'il ne l'a souhaité or ce fut un véritable propagandiste de la collaboration, ce qui ne ressort pas tellement du film.
"Les Rayons et les Ombres" : un film dont on sort ébranlé... Il nous fait prendre de la hauteur, et réfléchir sur la condition humaine. Le cheminement d'un homme faible, prisonnier de ses amitiés de jeunesse, qui se laisse porter par les événements et par les circonstances le conduisant à un positionnement social qu'il n'aurait jamais pu espérer. Un homme sans conscience autre que l'opportunisme, la quête d'argent facile et la dolce vita. Un homme qui se laisse emporter dans les pires compromissions, y compris un antisémitisme virulent qui lui était au départ étranger. Tout cela dans une sorte de spirale mortifère, sans réactions, comme vide de l'intérieur, malgré quelques avertissements familiaux. Un homme qui, pour autant, n'est pas un mauvais homme, européen et pacifiste de conviction, malade et se sachant condamné, père attentif enclin à se révolter lorsque sa fille est menacée. Un être humain qui nous est proche sous certains aspects, le voile historique d'opprobre jeté sur les collabos ayant volontairement noirci ses protagonistes au point d'en faire des diables. Ce n'était pas des diables, et c'est là le mérite de ce film autour d'une époque volontairement écartée de notre mémoire collective. Fallait-il les exécuter ? Sans doute du fait de la violence de l'époque et des rancoeurs accumulées. Fallait-il emporter dans l'épuration tous leurs proches ? Le réalisateur Xavier Giannoli pose la question avec justesse avec le triste destin de Corinne Luchaire, la fille, ballotée par les événements comme une coquille de noix fragile. Quelle pouvait être la conscience politique d'une gamine de vingt ans sans mère, et sous la coupe ardente de ce père adoré ? Le film restitue très bien les années d'occupation, les milieux collabos coupés du monde, l'exacerbation des sens pour se sentir vivant avant le grand châtiment. C'est un film puissant, une forte dénonciation, tout en gardant une belle objectivité. Alors, bien sûr, les résonances dans notre époque feront vibrer certains qui préfèreront oublier que la défaite humiliante avait créé le pire des terreaux à l'émergence du mal. Tout au plus, pourrions-nous au minimum tirer de ce film l'enseignement que les extrêmes, tous les extrêmes, créent les pires débordements. C'est bon parfois de se retourner, et de revisiter l'Histoire. Nous avons beaucoup à y gagner...
Film sublime qui nous offre sur la Seconde guerre mondiale un point de vue nouveau, loin d'un manichéisme simpliste comme il s'en fait souvent sur cette guerre et sur l'occupation. Des sujets profonds et encore d'actualité y sont abordés, comme la maladie, l'avarice, l'honneur et la trahison, sublimés par les jeux d'acteurs de Jean Dujardin et Nastya Golubeva Carax. Les décors, accessoires et costumes valent également le détour ! Seul bémol : le film est un tout petit peu long. En bref, un film qui nous montre à quel point il est facile de basculer du pacifisme au fascisme à travers l'histoire vraie de Jean Luchaire.
Excellent film qui traite d'un sujet extrêmement difficile hors manichéisme, c'est donc très bien construit ! Acteurs supers, quelques petites longueurs auraient pû être évitées.
Moi j'ai été absolument ravi, en plus, c'est tellement rare de voir des films qui traitent du sujet des nazis, de l'antisémitisme, des heures les plus sombres ! Mon seul regret c'est que le sujet de la Shoa n'est pas abordé et c'est bien dommage !