Les Rayons et les Ombres
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709 critiques spectateurs

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AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juin 2026
Xavier Giannoli suscite la polémique avec ce film qui suit le parcours d'un collabo durant les années sombres.
Et il y a matière à discussion. Alors disons-le tout de go : le film est une réussite totale. Pourtant, les choix scénaristiques de Giannoli sont dangereux. On suit en effet pendant presque 3h (sur une durée totale de 3h20) l'ascension et la réussite d'un patron de presse, Jean Luchaire, qui s'est fourvoyé dans la collaboration, y trouvant la réussite dont rêvaient ses ambitions. Ce faisant, Giannoli déroule le discours justifiant cette collaboration douce. Ce n'est après tout qu'un journal. Écrire, c'est un moyen de rapprocher des peuples. Publier, c'est une autre façon d'œuvrer pour la France. Discours insupportable cherchant à justifier la collaboration et qui fut celui des partisans de la théorie dite "du glaive (De Gaulle) et du bouclier (Pétain)" après-guerre. Un discours mis à mal par tous les travaux d'historiens depuis 50 ans, depuis la publication de "La France de Vichy" de Robert Paxton.
Un film offrant une telle tribune aux sophismes vichystes serait aussi inacceptable que les livres d'Éric Zemmour. Heureusement, il y a la scène du procès et l'incroyzble charge du procureur joué par Philippe Torreton ; il démonte un à un ces arguments fallacieux. Ce faisant, il regarde en face les spectateurs et les accuse à leur tour : si vous avez cru dans le discours de Jean Dujardin, vous vous êtes faits berner comme des idiots. Jean Luchaire savait pertinemment ce qu'il faisait, ce qu'entrainait ses mots, où allaient les wagons partant de Drancy.
C'est une gifle magistrale que Xavier Giannoli balance dans la tronche des spectateurs naïfs, à la façon de Rodrigo Sorogoyen dans la dernière scène de "El reino". Bravo.
Malheureusement, 3h c'est long et nombre de spectateurs peu au fait de cette période de l'histoire, marqués par les 3 premières heures du film, ressortent de la salle en nuancant l'attitude de Dujardin, preuve que l'objectif n'a pas complétément été atteint. Raccourcir le film d'une bonne heure aurait sans doute permis de gagner en efficacité sans nuire au propos.
Saluons les interprétations très justes de Jean Dujardin et Golubeva Carax dans des rôles pourtant délicats.
Un film magistral sur cette période et ce sujet... mais pas forcément accessible à tous.
Vincent Cocquebert 92
Vincent Cocquebert 92

2 abonnés 60 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2026
C'est un long, très long film : 3h15 ! C'est dire s'il y a des scènes tirées en longueur et des scènes répétées, on aurait pu couper sans nuire au film.
Les rôles sont bien distribués et interprètés, mention spéciale à cette nouvelle actrice Nastya Golubeva (fille de Léos Carax).
C'est un film à thèse prenant appui sur la période 1930/1946 en France et en Allemagne. Or, comme souvent dans ce genre de production artistique, l'auteur déroule sa thèse sans contradiction, ce qui limite de fait la portée du discours montré.
Une qualité, ce n'est pas manichéen : les bonnes intentions sont parfois trahies par leurs conséquences; les actes ne sont ni noirs ni blancs (mais la zone grise frôle parfois la complaisance).
Voyons aussi la qualité de la peinture cinématographique d'une période historique peu dépeinte et ici bien "montrée".
Avec ses défauts, c'est un film réussi qui fera peut-être date, l'avenir le dira ! 
JC A
JC A

17 abonnés 22 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2026
Un peu choqué par l’histoire que nous narre parfaitement ce film réaliste. Le jeu d’acteur est immergeant réaliste et donc immergeant.
Claire Dacquin
Claire Dacquin

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 juin 2026
Une histoire incroyable qui donne un éclairage inhabituel sur la seconde guerre mondiale. Un film poignant et malaisant à la fois.
Emmanuel HOLMES
Emmanuel HOLMES

1 abonné 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 mai 2026
C'est un grand film, à la hauteur de "L'armée des ombres" par exemple. Pour décrire cette descente aux enfers et l'engrenage qui fait passer des hommes de valeurs humanistes et universalistes à la collaboration, il fallait prendre le temps, notamment de plonger le spectateur dans le contexte de l'époque, complexe et sombre. Le pari est réussi : c'est 3h15 sans ennui et sans clichés, avec un très beau jeu d'acteurs. C'est pour moi un film cesarisable et même oscarisable; en tout cas, il le mériterait.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mai 2026
D’une durée de 3h15, cette fresque impressionnante nous plonge dans le Paris de la collaboration à travers l’histoire vraie de Jean Luchaire, patron de presse, et de sa fille Corinne, jeune première du cinéma de l’entre deux guerres. Passionnant de bout en bout, le film raconte le glissement progressif d’un homme aux idéaux généreux, militant pacifiste et chantre de l’amitié franco-allemande, vers une logique collaborationniste. Le long-métrage est fascinant en cela qu’il ne dépeint pas le parcours d'un être zélé, mais une personnalité dont on peine à saisir les logiques profondes, qui va basculer dans l’indicible pour des raisons obscures, dans un mélange de suivisme, d'appât du gain et d'illusion de gloire. En se concentrant sur ce milieu collaborationniste parisien, loin du champ de bataille, Xavier Giannoli nous plonge dans un monde en vase clos, qui n’a pas su ou pas voulu voir les atrocités du régime hitlérien. Le film dresse enfin le superbe portrait d’un père et de sa fille adorée, que celui-ci conduira sur les chemins du déshonneur et de la déchéance, en raison de sa complicité de plus en plus évidente avec les nazis, qui leur valut de se frotter aux foudres de l'épuration (et de ses excès). Un classique instantané, porté par un admirable Jean Dujardin.
Inès Roux
Inès Roux

5 abonnés 14 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 mai 2026
Une expérience gâchée par un détail sonore...
Je suis passé totalement à côté. Je ne sais pas si c'était un choix de mise en scène ou un tic d'écriture, mais cette toux incessante à l'écran m'a profondément fatigué. Impossible de me concentrer sur l'intrigue ou les personnages quand le paysage sonore devient aussi agaçant. Une séance pénible, je n'en pouvais plus.
Lcampa
Lcampa

3 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mai 2026
C'est du grand cinéma ample et très "spectaculaire". Un peu voyeur parfois il est vrai. Il aurait pu être "quand même" plus dérangeant. C'est trop "spectacle". De toute l'histoire du cinéma c'est le film où on fume le plus : non-stop. Gloire à la cigarette (on en voit une bonne centaine dans ce film) . Dans chaque scène chaque plan pendant 3h les personnages fument. A force cela devient ridicule. Le metteur en scène ne peut imaginer autre chose à faire pour tous ses personnages que fumer. Ou alors l'industrie du tabac est co-productrice ? J'ai éclaté de rire quand une phrase de Napoléon est citée dans ce film " Entre le sublime et le ridicule il n'y a qu'un pas". Sinon l'actrice principale Nastya Golubeva une réelle révélation même si son personnage a le QI d'une coupe de champagne. Une "collaboratrice" passive qui
a survécu à l'épuration comme tant et tant d'artistes de cette époque.
Art by Maëva
Art by Maëva

2 abonnés 46 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mai 2026
Le film frappe par son ambition et par l’atmosphère contrastée qu’il déploie. On y découvre à la fois le luxe et la décadence, le glamour et le dégoût, l’émotion et la monstruosité, dans une plongée troublante au cœur de la haute société française pendant l’Occupation.

Le récit est très long, mais cette durée sert aussi à installer un climat de malaise, à inscrire l’histoire dans son contexte historique et à explorer la complexité des personnages.

Au centre du film, Jean Dujardin livre une performance remarquable. Il incarne avec finesse l’ambiguïté morale de son personnage : séduisant et brillant, mais profondément dérangeant. C’est sans doute l’un de ses rôles les plus sombres.

Face à lui, Nastya Golubeva apporte douceur, fragilité et candeur, créant un contraste fort avec l’univers moralement trouble qui les entoure.

Le sujet la collaboration en France pendant la Seconde Guerre mondiale est évidemment un terrain délicat et parfois difficile à regarder. Pourtant, grâce au jeu des acteurs, et surtout à celui de Dujardin, le film réussit un véritable tour de force : rendre humain un personnage aux agissements monstrueux, sans jamais chercher à le disculper.
Serlahc
Serlahc

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 mai 2026
Je viens d'aller voir "Les Rayons et les Ombres," grande fresque historique de 3h19. Je n'étais jamais allé voir un film ayant une telle durée, mais purée, je n'ai pas regretté la balade...

Je pourrais vous parler de la lumière, de la bande son ou de l'élégance de la mise en scène. Mais la maîtrise technique ne suffirait pas pour justifier un projet pareil. Je pourrais évoquer une écriture au cordeau, la puissance de l'interprétation ou la parfaite coordination des acteurs, mais on serait encore loin du compte.

Disons qu'un auteur français inspiré, inspirant et en pleine possession de son art, a estimé que c'était la durée adéquate pour restituer toute une page de notre histoire. Et pour nous amener, comme "Indigènes", "Cessez-le-feu" ou Au-revoir là-haut" ont pu le faire, à considérer ce qu'on croyait avoir compris d'une époque avec un regard différent.

On pourrait être tenté de se dire : "ah, non, encore une histoire avec les nazis, on n'en peut plus de la Grande Vadrouille." Et on pourrait également penser que parler de la deuxième Guerre pour nous rappeler les dangers du fascisme est un procédé assez lourdingue.

Mais l'auteur a juste choisi quelques personnes ayant réellement vécu, dans un monde mouvant, complexe et imprévisible, pour nous parler de nous. Et il a mobilisé tous les moyens disponibles, du charisme de Jean Dujardin à une science du montage et de la composition assez confondantes, pour nous embarquer avec une force, une tendresse, une rigueur et une absence de jugements qu'on ne ressent pas souvent.

Au point qu'on ressort de ce film en comprenant cette durée hors normes. La richesse, la profondeur et l'ambiguïté morale de l'époque. Et au fond la richesse, la profondeur et l'ambiguïté morale qui nous caractérisent tous.

Les Rayons et les Ombres, et rien de moins.
sameplayerparis
sameplayerparis

50 abonnés 174 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 mai 2026
J’aurais adoré aimer ce film car le casting est remarquable et le scénario original mais je me suis ennuyé ferme…..
Tom V
Tom V

50 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 mai 2026
A mes yeux pas loin du chef d'oeuvre. Quel film ! Au vu de la communication pauvre les résultats au box office ne seront malheureusement pas à la hauteur de ce grand film.
Mention spéciale aux poumons des deux acteurs. 藍
micdon0616
micdon0616

19 abonnés 42 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 mai 2026
Un film tout simplement magnifique et sublime.

Il rappelle à quel point la succession de petits compromis peut vous faire devenir l'inverse de ce que vous êtes. Comment, à force de jouer avec les lignes, on finit par les franchir.

Les acteurs jouent à la perfection.

A voir !
morena mezino
morena mezino

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 mai 2026
Les rayons et les ombres est un film profondément dérangeant, parce qu'il nous replonge dans une part de notre histoire que notre génération n'a pas connue "la guerre, l'occupation". Des mots vus dans les livres, trop survolés à l'école, certains ont pu entendre des témoignages, d'autres en gardent les stigmates dans leurs histoires familiales. Avec ce film, on l'approche de plus près, de manière plus intime et plus troublante et cela nous renvoie alors à une question essentielle : qu'aurions nous fait à leur place ? Quand tout vacille, de quel côté se place t'on? Celui de ses besoins, de sa famille, de son pays, de ses valeurs ... ou de sa survie?
Le film interroge avec beaucoup de force l'engagement, le courage, mais aussi les hésitations humaines. Totalement héroïque ou totalement coupable? Chacun oscille, doute, cherche sa place face au danger et à l'ennemi, qui lui-même semble parfois vaciller.
C'est une oeuvre qui dépasse le passé pour parler de notre société, aujourd'hui. Elle nous pousse à nous questionner : et si aujourd'hui quelque chose se jouait à nos portes, si aujourd'hui notre liberté était menacée, dans quel camp serions-nous finalement ?
Jeanphilippe Perez
Jeanphilippe Perez

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 mai 2026
Film intelligent, subtil. Les acteurs sont exceptionnels. Jean Dujardin est vraiment un acteur exceptionnel. J’ai reculé la date pour assister à une projection à cause de la longueur. Je ne regrette pas du tout. Très grand film.
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