Les Rayons et les Ombres
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Joseph Magon
Joseph Magon

12 abonnés 80 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2026
Note à but personnel:
Encore un film où il est dur de prendre des notes, très dense. Xavier Giannolli s'impose clairement comme le plus fort, je n'y ai pas particulièrement vu un grand artiste mais davantage un grand travailleur. Il a cherché la subtilité à cette période, l'angle, le point de vue. Voilà où ma première critique se place, celle du point de vue soit celui d'un souvenir, d'un souvenir de Corinne Luchaire mais je ne suis pas sûr d'à quel point la voix-off est réussie. Ça marche, ça marche très bien mais je me vois bien oublier cette aspect de la narration dans quelques années. Attention, il n'y a pas feu au lac non plus mais c'est ma réserve, une réserve que j'étends à Natsya Golubeva qui a une résponsabilité monstre dans ce film, qui a les épaules mais qui n'est pas monumental non plus comme j'ai pu l'entendre. Je pense que des moments auraient pû avoir un peu plus de subtilité. Je suis très très rude mais bon, quand le niveau est haut, l'exigence monte.
Quand au film, son succès pour moi est d'avoir réussi à portrayer la lâcheté, j'ai peu de souvenir de personnage lâche au cinéma et Jean Dujardin comme Otto Abetz sont sublimes de lâcheté. Pas la lâcheté qui vous fait faire des horreurs pour défendre votre peau, parce que précisément ces horreurs, on ne les voit pas dans ce film, elle nous hantent en tant que spectateurs mais on ne les voit pas car les personnages non plus. Mais par choix. Le moment qui m'a marqué, c'est ce traveling avant sur cette chaise vide de Luchaire pendant la lecture d'un édito ignoble. Ce traveling qui ne nous dit pas, Luchaire n'est malencontreusement pas là, mais qui nous dit, Luchaire fuit. Parce que comme le dit si bien le procureur lors de sa plaidoirie, "la lâcheté, ça rend subtile". C'est précisément la force et pour moi la philosophie du film.
Étant allé à ce film avec des aprioris très positif, je me suis activement posé la question de qu'est-ce que j'aimerai de ce film. Est-ce qu'on aime un film pour ces frissons, ces émotions qu'on nous transmet au travers de la magie mystérieuse qu'est le cinéma, est-ce le propos, est-ce le divertissement, avons-nous de divertissement pour apprécier un film? Pleins de questions sans réponse mais voici ma tentative le 8 avril 2026, ça me va de m'ennuyer comme un rat mort pendant trois-heures tant qu'à la fin, je me dis que je n'ai pas perdu mon temps pour X ou Y raison. L'inverse n'étant absolument pas vrai.
Alors quand à ce film, oui, il est moins jouissif que le précédent, s'ils partagent tous deux la décadence, l'une est grandiose, l'autre est pitoyable. Alors oui pour nous chers spectateurs, c'est sans doute plus d'ennui parce la musique passe d'une noblesse effréné dans Illusions Perdues avec Hippolyte et Aricie à la tragédie du Requiem dans Les Rayons et les Ombres. Ce sentiment là que ça provoque, ce malaise, cet inconfort qui fait que Xavier Giannolli n'a pas seulement fait un film de point de vue des collabos, parce que nous publics sommes habités par les horreurs de la guerre, nous n'oublions jamais au court des trois heures les horreurs qui ont étés commises. Il me paraît clair que Luchaire se lave les mains avec ces petits services étant hanté par ses immenses crimes, opposé à quelqu'un qui aurait les mains sales pour un plus grand bien.
Hanté, c'est ce que le film me laisse, hanté de me dire si moi aussi, j'aurai pu être un collabo, si moi aussi, j'aurai pu faire ces horreurs...
Les Rayons et les Ombres, c'est très bien.
rvrichou
rvrichou

123 abonnés 608 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 avril 2026
Du cinéma de qualité et malgré les trois heures que dure le film on ne s ennuie pas. Le scenario ne réserve pas de surprises et les situations semblent déjà vues. Les acteurs brillants et la qualité des reconstitutions méritent qu on se déplace pour partager avec le public l ambiguïté de la psychologie du personnage principal.
Mr Mr
Mr Mr

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 avril 2026
J’ai été voir ce film en me disant que ce serait un bon moyen de me cultiver sur l’histoire de mon pays.
Et je n’ai pas été déçu : dans l’ensemble, il était captivant, et les acteurs et actrices jouaient super bien leur rôle. Du grand cinéma, comme on a tendance à en voir de plus en plus rarement en Europe.
Cependant, j’ai moins aimé ce petit message contre la droite au début du film, avec quelques sous-entendus, en marquant par exemple à un moment 30 % de votes pour des élections dans le film, comme par hasard, comme celui de Bardella, etc.
Je trouve ça dommage d’être en train de subir les mêmes points dénoncés tout au long du film, ça rend le tout paradoxal.
Heureusement, le reste du film était plutôt neutre et équilibré politiquement.
Je trouve certains passages trop longs, voire inutiles. Je pense que le film aurait pu être réduit facilement à 2 h au lieu de 3 h.
Mais ça reste un film que je recommande. Je pense que ça peut même réveiller des consciences.
Diabloxrt
Diabloxrt

96 abonnés 1 996 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 avril 2026
Avec autant de budgets mis sur la table, et surtout au vu du sujet (ce dernier étant généralement peu traité en France), il était évident que "Les Rayons et les Ombres" feraient partie de mes visionnages de l'année. Réalisé par Xavier Giannoli, le long-métrage est clairement une prouesse, ne serait-ce que par son existence. Mais même dans le contenu, nous sommes face à un projet qui ne doit pas être enterré. Ambitieux, cruel et dense : voilà ce qui définit ce film. Du long de ces 3h20 (qui peuvent parfois se sentir), l'histoire de ce projet nous plonge au beau milieu des années 40. Sur le papier, la tâche est déjà accomplie, avec un travail de reconstitution bien aidé par le budget. Que ce soit au niveau des décors ou des costumes, tout est impeccable. On se sent totalement immergé à l'intérieur de ce récit, traitant de collaboration et d'entente avec l'Allemagne. Et pour commencer, rien que par cette envie, je pense qu'il faut saluer cette production. En France, nous avons une grande facilité à mettre les exploits des résistants en avant dans nos films. Nous avons beau nous plaindre des Américains et de leur propagande militaire, notre envie de toujours raconter le bon côté de l'histoire de cette guerre ne nous place pas franchement plus haut qu'eux. Alors, le fait qu'une aussi ambitieuse production vienne nous montrer un côté moins flatteur de notre passé, c'est forcément quelque chose à regarder d'un œil attentif. Surtout que, de mon point de vue, la tâche a été parfaitement accomplie. Sublimement campé par Jean Dujardin, le personnage de Jean Luchaire est très fascinant à suivre. Pourtant pétri de bonnes intentions, son combat se retournera finalement contre lui à cause de son statut. Désireux d'être du bon côté et d'en profiter, le film dénonce habilement ces agissements, sans pour autant être trop manichéiste. Clairement, il est difficile de s'attacher à lui, mais c'est tant mieux. Le scénario réussit sans problème à nous faire comprendre ce qui la pousser à cette folie, sans pour autant nous la faire accepter. Le point de vue est donc parfaitement géré, avec des sous-thèmes très bien incorporés à l'ensemble. Ici, je parle évidemment de la thématique de la maladie, subtilement mélangée au récit principal. Comme une sorte de poison développé au fil de ces actes, cette dernière va le ronger et se répercuter sur la seule personne qui compte à ses yeux : sa fille. Grâce à cette métaphore, nous comprenons sans problème les répercussions sur celle-ci, bien qu'elle ne soit pas non plus toute blanche. En ce sens, j'ai d'ailleurs vraiment adoré la prestation de Nastya Golubeva, c'est vraiment la révélation du film ! Elle est absolument extraordinaire, et j'ai hâte de la retrouver rapidement à l'écran. Son personnage sera un fil conducteur très intéressant pour le film, dans la même lignée que son père : coupable de n'avoir pas regardé assez loin. Dans cette logique, je tiens également à dire que j'ai beaucoup aimé la dernière séquence du film, qui, au moyen de sublimes dialogues, nous résume parfaitement la situation que nous venons de vivre pendant ces 3 heures. Alors, avec un casting aussi efficace, un scénario parfaitement huilé et une production de haute qualité, il est clair que vous devez foncer voir ce film ! Il sera clairement l'un des meilleurs longs-métrages français de l'année, en espérant qu'il marque autant le public que prévu. Pour conclure, une fable cruelle, mais nécessaire.
JnnT
JnnT

3 abonnés 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 avril 2026
Le film est critiqué pour sa représentation de la collaboration, bien injustement car il décompose avec justesse les étapes du basculement tranquille vers l'infamie à partir d'intentions louables. Luchaire devient un salaud surtout par ambition. Il se sait toutes les capacité pour devenir un ponte de la presse, pour devenir le n°1. Dans une société démocratique standard, il serait devenu un Philippe Hersant ou un Serge July. Mais voilà, c'était dans une France sous tutelle allemande après la défaite. Il s'est donc compromis avec quelques états d'âme, mais fort peu car il a enfin accès à l'argent facile, aux plaisirs, au pouvoir. Le reste compte peu, d'autant que ça reste largement en dehors de sa perception directe. D'ailleurs l'effondrement de la France, sans s'en réjouir, Luchaire y voit une opportunité à saisir. Ses compétiteurs étant hors jeu. Coincer l'assiette au beurre, un objectif à toutes les époques pour des ambitieux sans scrupules. Pour Luchaire, la poursuite des ambitions le conduit au peloton d'exécution. Juste une question d'époque.
Ce qui m'a gêné dans le film ? Le réquisitoire prononcé contre lui. Non qu'il soit injustifié mais le magistrat qui le prononce, n'avait-il pas servi Pétain auparavant ? Sinon lui-même, du moins la quasi totalité de ses collègues.
Tom Gardes
Tom Gardes

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2026
Cela faisait une éternité que je n’étais pas sorti d’une séance avec un tel sentiment.
Ce film est tout simplement époustouflant, et ce pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, la performance exceptionnelle de Nastya Golubeva, qui incarne avec une justesse remarquable une jeune actrice prise dans la tourmente de la guerre, ainsi que spoiler: le combat face à la maladie
.
À ses côtés, August Diehl livre lui aussi une prestation tout à fait remarquable.
Ensuite, la réalisation mérite d’être saluée. Le point d’orgue du film réside, à mon sens, dans la scène du retour des cendres de l’Aiglon, magnifiquement mise en scène sur le Requiem de Wolfgang Amadeus Mozart. Chaque étape de cette séquence est portée par une tension croissante, sublimée par la musique.
Il convient également de souligner le soin apporté aux accessoires et aux détails, qui participent pleinement à l’immersion.
Enfin, le film interroge profondément : comment deux hommes se revendiquant pacifistes ont-ils pu se laisser entraîner dans une telle spirale ?
Certains médias formuleront sans doute des critiques acerbes sur ce point. Mais peut-être est-ce précisément parce que le film les pousse à s’interroger sur leurs propres contradictions, voire sur une certaine hypocrisie de la bien-pensance confrontée au pouvoir et à l’argent.
Ce débat ne doit toutefois pas occulter l’essentiel : nous sommes face à une œuvre majeure.

Ce film mérite, sans réserve, toutes les récompenses.
Aline Loulette55340
Aline Loulette55340

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2026
Absolument fantastique, enfin un film qui prend son temps pour nous permettre une immersion complete où les personnages ont le temps d évoluer sous notre regard , interprétation magistral de tous les acteurs ! Pépite !!! À revoir encore
Choco_mandarine
Choco_mandarine

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2026
Très bon film qui nous apprend ou ravive notre mémoire sur un contexte politique qui nous rappelle des faits actuels. A méditer.....
Très bon jeu des acteurs . Felicitations à eux pour leur incarnation sans faille des personnages .Je n'ai jamais trouvé le temps long . Histoire poignante qui montre toute la faiblesse de l'être humain et nous ramène à notre présent.
lau for
lau for

3 abonnés 32 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2026
Un film ambitieux qui tient toutes ses promesses. Xavier Giannoli nous livre une page de l'histoire française qui nous questionne. Beau esthétiquement, soucis du détail, excellent casting, bien rythmé, c'est ambitieux et très réussi. La durée du film est parfaitement adapté au propos.
Jean-luc G
Jean-luc G

92 abonnés 915 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2026
Il y a des projections rares ou l'on ne voit pas le temps s'écouler.
Des moment où l'on revit l'histoire de France, une période à la fois éloignée et encore si proche dans l'inconscient collectif. Si facile aujourd'hui de blâmer Pétain, mais les français de l'époque avaient en tête celui qui était le vainqueur de la bataille de la Marne et de Verdun, et n'avaient pu que constater la déconfiture de l'armée française en 1940.
Cela n'excuse en rien les dérives ultérieures hautement problématiques du régime de Vichy.
Et cela nous ramène directement au film fleuve de Giannoli.
Un fleuve large mais pas possible de s'y noyer.
Un fleuve au courant puissant qui prend sa source dans les mouvements pacifistes franco-allemand des années 30. Otto Abetz et Jean Luchaire y deviennent amis et sont certainement sincères à l'époque.
Et une question qui s'adresse à chacun d'entre nous, comment me comporterais je dans une situation d'occupation durable de mon pays? Giannoli ne donne pas la réponse, à bon escient.
Dujardin incarne à merveille - quelle acteur versatile!- un homme flambeur, inconséquent, protégeant la carrière de sa fille avec une démesure illusoire.
August Thiel est lui aussi sympathique mais pris dans les filets du nazisme, se brule les ailes au contact de la lumière du pouvoir central et devient complice des pires exactions.
Il reste la fille, Nastya Golubova est jeunette, naïve comme Corinne, encensée par un metteur en scène qui la cajole, et qui d'ailleurs lui pardonnera ses dérives après la guerre, mais trop tard, le train de la déchéance était passé
"Heureusement il nous reste le cinéma" est la dernière phrase du film de Giannoli
Une fois passé quelques jours de maturation, on se dit que peut-être le montage aurait pu être un peu plus resserré.
Il reste malgré tout une grande fresque historique sur un pan de notre histoire rarement traité au cinéma. Un nouveau grand cru après celui des Illusions perdues -lequel reste dans mon esprit un poil supérieur-, abordant une nouvelle fois le role de la presse dans la manipulation des opinions… Il manque probablement une ou deux scènes magistrales, on pense au grands films de Scorcèse, qui ferait sortir le long métrage au-dessus du lot.
PS La coïncidence d'avoir habité après la guerre dans la même rue de Lille donne une saveur particulière à voir cette reconstitution inspirée.
cinéma è avril 26
Mafevaro
Mafevaro

2 abonnés 14 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 avril 2026
Cela fait 75 ans que ce film aurait dû être fait. Pour une fois, les biais de l’époque ne sont pas trop appuyés. On est réellement mis face à l’histoire telle qu’elle fut quand elle se faisait, et non telle que l’on peut la juger depuis le confort de son canapé et après la bataille.
Malgré ses qualités nombreuses et réelles (dont le jeu des acteurs), ce film n’est sans doute pas un chef d’œuvre. C’est toutefois une œuvre de salubrité publique. On en sort moins bête.
Arthur Lafont
Arthur Lafont

6 abonnés 395 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 avril 2026
Un film important le premier que je vois traité aussi finement de la collaboration. L'alchimie entre les acteurs est vraiment un moteur de la dynamique du film, c'est sans concession, sans parti pris évidemment et sans épuration. Un film essentiel.
Ufuk K

629 abonnés 1 776 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2026
"Les Rayons et les Ombres" acclamé par la critique est un drame historique pertinent. Xavier Giannoli, déjà distingué par un César en 2022 pour "Illusions perdues" que j'avais fortement apprécié, nous offre une histoire tragique et poignante, tout droit inspirée du destin réel de Jean Luchaire et de sa fille Corinne, accusés de collaboration. Bien que sa durée de 3h18 m'ait semblé longue, j'ai été séduit par la précision de la reconstitution d'époque, l'ambiance du film, les prestations puissantes de Jean Dujardin et le talent de Nastya Golubeva, véritable révélation. Ce film est déjà positionné comme un candidat sérieux pour les prochains Césars.
brunorb
brunorb

6 abonnés 23 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 avril 2026
Sublime, instructif ! On ne voit pas le temps passer !!!!!! Quelle triste époque et quelle horreur la collaboration !!!
Fañch
Fañch

4 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 avril 2026
Un film juste, brillamment interprété et bien monté (malgré sa longueur, ça passe très bien si on rentre dans le film). Un moment d’ombre de l’histoire française vu avec neutralité.
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