Les Rayons et les Ombres
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

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4,5
Publiée le 4 mai 2026
Xavier Giannoli est fasciné par les parcours humains bousculés par de brutales inflexions du destin ; celui-ci sur cette thématique qui lui est cher est peut-être le plus abouti et le plus radical. Dans son chef d’œuvre « Illusions perdues », ce qu’étaient les personnages étaient clairement annoncés dès le début. Là par une nouvelle fresque magistrale et limpide, il a le temps de décortiquer le parcours qui peut conduire un homme jusqu’à la collaboration ; ici le passage de l’espérance pacifiste à l’impossibilité de renoncer à son statut social. Jamais manichéen, Gianolli nous montre jamais un homme mauvais qui pourrait être caricatural ; Jean Luchaire s’achète même plusieurs fois une bonne conscience comme lorsqu’il sauve une famille de juifs. C’est un être complexe jusqu’au point de bascule. Il décrit bien ces hommes qui ne choisissent pas puisqu’ils sont ignorants qu’ils sont déjà en train de choisir. Dans ce qui restera très certainement un des films ultimes sur la collaboration, il condamne tout de même son personnage principal et une phrase vient sceller le sort de l’homme : « Les mots des salauds arment les bras des imbéciles » ; là, la sentence tombe pour Jean Luchaire le journaliste et patron de presse.
Il est par contre plus clément avec sa fille Corinne, étoile montante du cinéma français qui sera touchée par une sanction d’indignité nationale et dont son roman autobiographique servit de base de travail à ce film. Xavier Giannoli dit d’elle : « Je ne cherche pas l’excuser mais à montrer qu’elle a été victime d’une injustice. Elle a fait la fête, elle s’est trompée, elle a fait des erreurs, elle avait 18 ans. Si on n’est pas capable d’avoir de l’humanité en comprenant çà, tant pis, il faut aller voir un autre film. »
Déjà un film français majeur de 2026 voire plus
Et pour aller plus loin, Laurence Houot : « Après Les Illusions perdues, une adaptation du chef-d'œuvre de Balzac, gros succès populaire qui lui avait valu sept César en 2021, Xavier Giannoli s'attaque avec ce nouveau long-métrage à un chapitre sombre de l'histoire de France, qu'il raconte à travers le glissement progressif d'un pacifiste vers la collaboration.
Paris, 1948. Une femme, foulard sur la tête, son bébé dans une poussette, se faufile discrètement dans les rues de Paris. Dans un square, elle est agressée par des hommes qui l'insultent. Corinne est accueillie par sa voisine, qui lui prête un magnétophone. La jeune femme se lance alors dans le récit de son histoire, et de celle de son père, Jean Luchère, fusillé le 22 février 1946.
Flash-back. Début des années 30. La France, traumatisée par la Première Guerre mondiale, est en pleine reconstruction. Jean Luchaire, journaliste, et son ami allemand Otto Abbetz, pacifistes convaincus, militent pour la réconciliation et l'amitié franco-allemande. Corinne se souvient, alors qu'elle n'était encore qu'une toute petite fille, de ces rassemblements où se côtoient Allemands et Français, juifs, tous unis pour défendre l'idée de construire un monde de paix.
Pendant le même temps, Hitler s'appuie sur l'esprit de revanche d'un peuple humilié pour accéder au pouvoir. Otto Abetz adhère au parti nazi, mais continue à vouloir construire cette amitié franco-allemande qui lui tient à cœur, tout en commençant à jouer les espions pour son pays. Pendant ce temps, Corinne, la fille aînée de Luchaire, entame une carrière d'actrice, enchaîne les rôles en tête d'affiche et devient une véritable vedette.
Petits services et passe-droits
Quand l'Allemagne occupe Paris en 1940, Otto est nommé ambassadeur. La France de Vichy a signé la paix. Dans la tête des deux amis, cette collaboration est un "mal nécessaire" pour protéger la France. Mais petit à petit, Otto se laisse gagner par les idées nazies. Jean Luchaire, toujours persuadé qu'il faut maintenir le dialogue avec le régime nazi, profite de la position de son ami pour développer son journal, au prix de son indépendance éditoriale.
Les Nouveaux Temps devient la chambre d'échos du Régime nazi et du gouvernement collaborationniste de Vichy. Otto rend des "petits services" aux uns et aux autres, des sauf-conduits, des passe-droits. La carrière de Luchaire, ses amis, sa famille, profitent des largesses de l'ambassadeur. Corinne, atteinte de tuberculose, doit renoncer au cinéma et multiplie les séjours au sanatorium. À l’occasion, Luchaire profite de sa position pour aider une famille juive à s'enfuir.
Cocktails à l'ambassade, fêtes libertines au château, racket d'œuvres d'art, captation de richesses… Ce petit monde vit grand train pendant que d'autres ont choisi de résister. Otto devient un pilier du régime nazi, et défend ses idées tandis que Jean, atteint de tuberculose, se perd dans une surenchère d'alcool, de femmes. "Je n'ai pas de trésor de guerre je dépense tout", déclare-t-il, triste fanfaron. "Je ne te reconnais plus", lui dit son père, "Où est passé l'héritage moral que je t'ai transmis ?", interroge ce père déçu avant de publier une lettre ouverte à son fils dans le journal concurrent.
Jean Luchaire paiera de sa vie ses dérives. Otto Abetz, lui, condamné pour crimes de guerre, sera gracié en 1954 par le président René Coty. Corinne, condamnée à 10 ans d'indignité nationale, sera emportée par la tuberculose en 1950 avant ses trente ans.
Du pacifisme à la collaboration
Comment, de pacifiste, idéaliste pétri de bonnes intentions, Jean Luchaire est-il devenu en quelques années un collaborateur sans scrupule ? C'est ce que montre, en un peu plus de trois heures, Des Rayons et des Ombres, adapté de Ma drôle de vie, le roman autobiographique de Corinne Luchaire, publié en 1949.
Le film reprend ainsi le récit subjectif, déployé à la première personne, de cette fille de collabo. Il décrit pas à pas le parcours de son père, son glissement progressif vers la collaboration, en montrant comment ce journaliste idéaliste, pacifiste, se laisse peu à peu compromettre, jusqu'à laisser passer sans broncher les lois de Vichy sur le statut des Juifs.
Le film décortique et décrypte de manière très méthodique et pédagogique tous les mécanismes qui se mettent en place, de la conviction sincère, portée par cette volonté du "Plus jamais ça"', à l'opportunisme mâtiné d'une certaine forme de légèreté, qui conduisent Luchaire sur ce chemin de la collaboration.
"Il a choisi la trahison, l’or, la compromission"
Les Rayons et des Ombres n'est pas le premier film à aborder cette période de l'histoire, souvent traitée au cinéma. Le film de Xavier Giannoli s'arrête sur celle, bien réelle, de Jean Luchaire, un homme de conviction que rien ne prédestinait à devenir un collabo. Il met en scène un personnage qui n'est pas un monstre, pas un "méchant", mais un être humain fait de chair, avec ses faiblesses, ses lâchetés, son attachement viscéral à la paix, son amour inconditionnel pour sa fille, mais aussi son goût immodéré pour le luxe, qui finit par se perdre dans un enfer pavé de bonnes intentions.
La collaboration comme "nécessité politique", "Le courage, c'est de rester", le maintien du dialogue avec le régime nazi pour "limiter les dégâts" parce que "Mieux vaut une vache à traire, qu'une vache à tuer"… Les arguments pour justifier la collaboration, avancés par Luchaire, ou par Otto Apetz ne manquent pas. Corinne elle aussi, se défend, "J'ai suivi le mouvement, j'ai suivi mon père", "J'ai pensé plus à ma douleur, qu'à celle des autres". Arguments repris et balayés d'un revers de manche par le procureur lors du procès de Luchaire, qui dénonce : "Il a choisi la trahison, l’or, la compromission."
La tuberculose, allégorie de la peste nazie
Sans caricaturer les collaborateurs et sans glorifier les héros de la Résistance, le film montre comment la compromission n'est pas seulement une affaire de "bons" et de "méchants", de "héros" et de "salauds", mais le résultat d'un processus dans lequel n'importe qui, dans un état sans garde-fou, peut se laisser corrompre.
En adoptant le point de vue de la fille de Jean Luchaire, qui a "suivi son père, suivi le mouvement", le film nous plonge au cœur d'un système, au côté de ceux qui l'ont mis en place, et de ceux qui s'y sont laissés entraîner. Le film de Xavier Giannoli ouvre sans manichéisme une réflexion sur des questions politiques, voire métaphysiques, qui touchent à l'universel, sur la responsabilité, le courage, les convictions, et le sens de l'histoire.
Outre le portrait éclairant et nuancé d'un collaborateur, le film restitue l'atmosphère d'une époque, avec des décors et des costumes particulièrement soignés, des images en clair-obscur qui servent cette histoire d'amour filial lumineuse assombrie par des zones d'ombre, et la noirceur d'une époque. Le film s'attarde aussi sur la tuberculose, insiste sur les taches noires visibles sur les poumons des tuberculeux, sur les crachats, sur le sang, sur ce mal qui les ronge, comme une allégorie de la peste nazie qui infeste l'Europe.
Si le propos est subtil, …., ce dernier film de Xavier Giannoli a le mérite de s'attaquer à un chapitre complexe de l'histoire, avec toutes les nuances qu'il requiert. Il offre à Nastya Golubeva, fille de Leos Carax, un premier grand rôle, et à Jean Dujardin l'occasion d'incarner un personnage tragique, plein de contradictions, avec ses rayons, et ses ombres. »
Natoune
Natoune

6 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2026
Un grand film de Jean Dujardin qui excelle dans son rôle.
L’ambassadeur allemand joue aussi très bien.
Le film relate très bien la montée du racisme, les traîtres qui s’enrichissent au profit de la guerre en collaborant avec l’ennemi, les amitiés franco allemandes compliquées en temps de guerre, le manque d’informations du peuple sur le devenir des juifs dans les camps. 
Le lien entre le père et la fille est très touchant. 
Ce film m’a tenue en haleine même si je connaissais la fin.
Le seul bémol dans le film était que la tuberculose était trop mise en avant. Trop de toux et de cigarettes à la bouche même si c’était l’époque…
sophie Docteur
sophie Docteur

3 abonnés 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mai 2026
Film magnifique. Le sujet d'abord , pas traité depuis longtemps. Les acteurs extraordinaires dans tous les rôles. La mise en scène juste et poignante. Le temps est passé très vite, tant ce film vous prend aux tripes. On comprend pourquoi Libé n' a pas aimé tant le film décrit le processus actuel de l'antisémitisme. Un film qui redonne envie d' aller au cinéma. Bravo !
EvaT
EvaT

1 critique Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mai 2026
Un film qui ne peut que diviser, malgré sa qualité cinématographique. L’histoire du père et de la fille Luchaire est un miroir glaçant de notre société. Les addictions propres à l’époque (cigarettes, alcool, drogue, morphine, cabaret, luxe-ure…) ne sont pas si éloignées des nôtres, plus modernes. Les compromissions politiques, la corruption, l’esprit bourgeois qui vous flingue des générations…tout cela est très bien représenté. Mais autant de cigarettes (aucune scène n’en est dépourvue), c’est de la plus pour financer l’énorme budget du film? ou une critique de l’addiction des personnages ?. La relation pere-fille est à la fois sincère et tendre, et à la fois toxique, (essayages de vêtements) on dirait un couple incestueux . Oui c’est un couple social, opportuniste, pour qu’il charme ses clients et qu’elle charme les siens? Ici, la collaboration n’est qu’une ambiguïté parmi tant d’autres. Certains auraient voulu voir des “bons” et des “méchants” plus marqués, ça aurait évité le miroir…mes 3 étoiles sont pour le miroir. Au fait, le regard du cinéaste est trop parisien et trop épris de cinéma. Non le cinéma ne sauve pas le monde et la vanité n’a jamais aidé personne. Au fait, le réalisateur Leonid Moguy est russe, né à St Petersburg meme si ça faisait plus chic de le rendre ukrainien…
jlgmanta
jlgmanta

37 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2026
Très beau jeux d'acteurs, on revisite un sujet vieux comme le monde.
Et vous, qu'auriez vous fait !
Film long avec quelques longueurs, mais très intéressant.
Emmanuel Dossi
Emmanuel Dossi

4 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 mai 2026
après des centaines de films sur cette guerre, ce sujet et cette approche n'apportent rien de plus. Histoire banale de collaboration qui ne mérite pas 3h20 interminables...
Yotes Mad
Yotes Mad

4 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mai 2026
Très beau film, une pépite du cinéma français, avec un beau casting.
Entre ombre et pénombre lui aurait été plus juste.
mathieu leblanc
mathieu leblanc

2 abonnés 74 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mai 2026
Celui-ci aussi aurait pu s'appeler Illusions Perdues. Un immense film sur la corruption. Dont la thèse géniale est de prendre ses distances avec le schéma classique d'un lent glissement. D'une compromission à petits pas. Et Giannoli de raconter que c'est une histoire d'à-coups. Aussi tranchants que des dates dans un livre d'Histoire. Puis qu'il en suffit de très peu pour devenir celui ou celle qu'on aurait jamais cru - trois, quatre, pas plus. Ce qui est lent en revanche, c'est la contemplation. De la damnation de sa propre existence. Avec rien d'autre que le goût du sang qui grandit dans la bouche - et ces mensonges qu'on se raconte à soi. Jusqu'à ce que ces derniers finissent par s'appeler amitié... Ou amour.
Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)
Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)

42 abonnés 146 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 avril 2026
Comme dans Illusions perdues, que j'vais trouvé plus passionnant encore), Giannoli orchestre la rencontre entre les ambition personnelle d’une personne et les réalités d’une époque et monde des arts et du journalisme. Même si cette fois le film n’est pas tiré d’un roman, il y a tout de même une dimension littéraire évidente, jusque dans la qualité du texte qui donne au récit une ampleur remarquable.


Personnages troubles, ambigus, fascinants, Jean Luchaire et de sa fille Corinne évoluent dans un réseau d’influences, d’amitiés et d’opportunités qui les conduit inexorablement vers le déshonneur.... et, pour Jean Luchaire, vers une mise à mort. Malgré le côté ambigu des personnages, Giannoli ne cherche jamais à excuser, mettant parfaitement bien en lumière la faiblesse, la lâcheté et les compromissions en temps de guerre, comme il est dit dans le réquisitoire de l'avocat général (Philippe Torreton) à la fin du film.


Le duo formé par Jean Dujardin et Nastya Golubeva Carax est parfait. Dujardin incarne avec justesse ce pacifiste de gauche qui glisse peu à peu vers une forme de compromission totale. Face à lui, Golubeva Carax joue une Corinne Luchaire à la fois fragile, frivole et insouciante, prête à suivre son père dans ses entreprises les plus sombres.


On pourra reprocher au film son côté didactique, parfois démonstratif, ses arrangements avec l'Histoire, au service de son récit, mais au final, Les Rayons et les Ombres s’impose comme un spectacle fascinant, dense, habité, offrant une reconstitution magistrale de l’époque.

Un film qui interroge sans relâche les zones d’ombre de l’âme humaine, et qui se referme avec un hommage au cinéma, qui semble dire que cet art, mieux que tout autre, est capable d’éclairer les zones les plus troubles de notre mémoire collective. Mission accomplie.

/
Eric Taton
Eric Taton

3 abonnés 10 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 avril 2026
Ce n'est pas par ce film qu'on doit essayer de comprendre la seconde guerre mondiale, trop centré sur une trajectoire personnelle quand la période a eu de multiples postures.
Toutefois, quand on a acquis les bases historiques, le film est remarquable sur le cas personnel de Jean.
Il montre avec crédibilité des parcours individuels qui, sans que Jean Luchaire ne se remette en cause, mais dans une logique au contraire d'aller au bout d'une intention, montre que les bonnes intentions peuvent amener l'enfer.
Les acteurs sont remarquables.
Des longueurs au deuxième tiers du film, il aurait gagné à être plus resséré.
Une leçon d'actualité : toujours questionner son idéal pour ne pas le trahir.
Gabriel Motin
Gabriel Motin

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 avril 2026
Film long mais sans scène à rallonge avec des des dialogues inutiles. Chaque scène est utilisé à son plein potentiel. Giannoli arrive à mettre en avant des details subtiles qui poussent à la compréhension du film.
C’est très interessant de voir la collaboration pendant la WWII de cet oeuil là, qui n’est pas forcément original certes mais qui a été tres peux representé dans le cinéma.
DUJARDIN toujours aussi bon dans son rôle.
Victorlio
Victorlio

10 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2026
Les Rayons et les Ombres plonge au cœur des années 40 en suivant des figures ambivalentes, prises dans les contradictions de la collaboration. Porté par une mise en scène élégante et une reconstitution soignée, le film navigue entre plusieurs temporalités, de l’entre-deux-guerres à l’après-guerre, avec un montage maîtrisé qui donne de la cohérence à un récit pourtant dense. La lumière, souvent travaillée en contraste, vient appuyer la dualité morale des personnages, tandis que la caméra épaule, notamment dans les scènes de cabaret et de soirées mondaines, renforce l’immersion.

Mais au-delà de sa maîtrise formelle, c’est surtout par son écriture que le film marque. Les dialogues sont justes, et les personnages, profondément humains, évoluent dans une zone grise fascinante. Le film prend parfois trop son temps, mais cette lenteur permet d’explorer en profondeur leurs tiraillements, entre ambition, culpabilité et déni.

Le thème central dépasse largement la simple question de la collaboration : il interroge la notion de liberté. Jusqu’où peut-on se dire libre sans s’enfermer soi-même ? Cette idée se décline à travers plusieurs trajectoires. spoiler: Celle de la fille de Jean d’abord, Corinne : élevée dans une liberté presque totale qui finit par l’enfermer, la poussant à se réfugier dans des illusions et des échappatoires. Celle de Jean ensuite, prêt à compromettre ses valeurs pour réussir, s’enfermant progressivement dans une hypocrisie morale où il tente de concilier opportunisme et bonne conscience. À l’inverse, son ami allemand Otto assume pleinement son basculement idéologique, devenant paradoxalement le personnage le plus « libre » dans son adhésion totale.


C’est là que le film trouve sa force : il refuse le manichéisme. On peine à haïr ses personnages tant leurs contradictions sont exposées avec finesse. spoiler: Le procès final vient alors cristalliser toutes ces tensions, offrant une conclusion forte qui remet en perspective leurs choix.


Malgré ses qualités indéniables, le film souffre toutefois d’un rythme parfois étiré. Certaines séquences auraient gagné à être resserrées, notamment autour des scènes de spoiler: cabaret, ou de la clinique,
donnant parfois l’impression d’une version trop longue.

Un film solide, ambitieux et nuancé, qui mérite le détour pour la richesse de ses personnages et la pertinence de ses thèmes, même s’il aurait gagné à être légèrement épuré.
Lorenzaccio Coeur-Sauvage
Lorenzaccio Coeur-Sauvage

1 abonné 44 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2026
Compliqué de faire un film sur la collaboration, qui plus est centré sur une personne ayant réellement existé, mais Xavier Giannoli s'en sort bien et le film vous prend à la gorge du début à la fin.

Le réalisateur décortique soigneusement comment un flambeur plutôt sympathique et humain, incarné impeccablement par Jean Dujardin, bascule, compromission après compromission et tentation après tentation (l'argent, le luxe, la luxure) dans l'ignominie et la déchéance la plus abjecte, jusqu'à une fin inéluctable...

A côté de ça, le destin tragique de la fille du personnage (jouée avec authenticité par l'épatante révélation Nastya Golubeva), qui idolâtre son père et est confondante de naïveté et d'innocence, rend le film encore plus touchant et émouvant, au point qu'on ne voit pas les 3h19 passer !

Une fresque profonde et très bien mise en scène sur une période sombre de notre histoire, à voir absolument si vous aimez le grand cinéma...
kal Mes
kal Mes

9 abonnés 10 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 28 avril 2026
C’est nul ! Un gros navet..choix des acteurs pas convaincant il y a que Dujardin qui arrive à nous intéresser mais il est bien mal serv. dommage ça vendait du rêve
JeBNo
JeBNo

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 avril 2026
Perturbant mais nécessaire.
Le sujet de la collaboration est hautement complexe et ce film le décrit parfaitement bien.
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