Une grosse déception qui s'étale sur plus de 3h. Abordant un sujet pourtant très intéressant, le film ne véhicule aucune émotions, étant même ambiguë pendant une longue période du film, les scènes se répètent inlassablement sans faire avancer le récit principal, l'ont saura que les personnages ont la tuberculose après la 10ème scènes de toux à rallonge, les mêmes scènes de fête à répétitions pour finalement un film qui se passe à 80% en intérieur dans les mêmes décors. Le film étire son sujet plus que de raison ce qui a pour conséquence de n'être JAMAIS rythmé, aucunes tensions ou sensations de danger. Reste une interprétation correcte des décors satisfaisant mais un film moue qui ne transmet pas grand-chose.
L’histoire est intéressante et il y a un vrai fond, mais faut pas non plus sortir les mouchoirs. J’ai trouvé le film un poil long par moments, ça aurait gagné à être un peu plus resserré. Au final, c’est un bon film, mais pas de quoi en parler pendant trois jours non plus.
Décidément, Xavier Giannoli nous offre de sacrés films depuis plusieurs années. Son dernier avait remporté sept César pour l'excellent "Illusions perdues", après avoir mis en scène la série réussie "d'Argent et de Sang" avec Vincent Lindon, son nouveau métrage lève un voile sur la terrible période de la seconde guerre mondiale et une certaine France collaborationniste rarement mise en avant. On se souvient du film de Claude Berri, "Uranus", sorti en 1990. Ici, on retrouve Jean Luchaire et sa fille Corinne, lui patron de Presse et elle, jeune actrice, qui profiteront de cette période pour vivre dans le luxe et la luxure pendant que la France souffre de tout. Film fleuve de plus de trois heures où l'on ne s'ennuie pas une seconde, c'est un prisme total sur cette famille qui intéresse le réalisateur. On ne voit ni guerre, ni rafles, ni crimes, ni même étoile jaune, et pourtant tout est là, intelligemment suggéré. La reconstitution est parfaite, l'image soignée et le duo de comédiens principaux solide, révélant un film passionnant de bout en bout.
Xavier Giannoli suscite la polémique avec ce film qui suit le parcours d'un collabo durant les années sombres. Et il y a matière à discussion. Alors disons-le tout de go : le film est une réussite totale. Pourtant, les choix scénaristiques de Giannoli sont dangereux. On suit en effet pendant presque 3h (sur une durée totale de 3h20) l'ascension et la réussite d'un patron de presse, Jean Luchaire, qui s'est fourvoyé dans la collaboration, y trouvant la réussite dont rêvaient ses ambitions. Ce faisant, Giannoli déroule le discours justifiant cette collaboration douce. Ce n'est après tout qu'un journal. Écrire, c'est un moyen de rapprocher des peuples. Publier, c'est une autre façon d'œuvrer pour la France. Discours insupportable cherchant à justifier la collaboration et qui fut celui des partisans de la théorie dite "du glaive (De Gaulle) et du bouclier (Pétain)" après-guerre. Un discours mis à mal par tous les travaux d'historiens depuis 50 ans, depuis la publication de "La France de Vichy" de Robert Paxton. Un film offrant une telle tribune aux sophismes vichystes serait aussi inacceptable que les livres d'Éric Zemmour. Heureusement, il y a la scène du procès et l'incroyzble charge du procureur joué par Philippe Torreton ; il démonte un à un ces arguments fallacieux. Ce faisant, il regarde en face les spectateurs et les accuse à leur tour : si vous avez cru dans le discours de Jean Dujardin, vous vous êtes faits berner comme des idiots. Jean Luchaire savait pertinemment ce qu'il faisait, ce qu'entrainait ses mots, où allaient les wagons partant de Drancy. C'est une gifle magistrale que Xavier Giannoli balance dans la tronche des spectateurs naïfs, à la façon de Rodrigo Sorogoyen dans la dernière scène de "El reino". Bravo. Malheureusement, 3h c'est long et nombre de spectateurs peu au fait de cette période de l'histoire, marqués par les 3 premières heures du film, ressortent de la salle en nuancant l'attitude de Dujardin, preuve que l'objectif n'a pas complétément été atteint. Raccourcir le film d'une bonne heure aurait sans doute permis de gagner en efficacité sans nuire au propos. Saluons les interprétations très justes de Jean Dujardin et Golubeva Carax dans des rôles pourtant délicats. Un film magistral sur cette période et ce sujet... mais pas forcément accessible à tous.
C'est un long, très long film : 3h15 ! C'est dire s'il y a des scènes tirées en longueur et des scènes répétées, on aurait pu couper sans nuire au film. Les rôles sont bien distribués et interprètés, mention spéciale à cette nouvelle actrice Nastya Golubeva (fille de Léos Carax). C'est un film à thèse prenant appui sur la période 1930/1946 en France et en Allemagne. Or, comme souvent dans ce genre de production artistique, l'auteur déroule sa thèse sans contradiction, ce qui limite de fait la portée du discours montré. Une qualité, ce n'est pas manichéen : les bonnes intentions sont parfois trahies par leurs conséquences; les actes ne sont ni noirs ni blancs (mais la zone grise frôle parfois la complaisance). Voyons aussi la qualité de la peinture cinématographique d'une période historique peu dépeinte et ici bien "montrée". Avec ses défauts, c'est un film réussi qui fera peut-être date, l'avenir le dira !
C'est un grand film, à la hauteur de "L'armée des ombres" par exemple. Pour décrire cette descente aux enfers et l'engrenage qui fait passer des hommes de valeurs humanistes et universalistes à la collaboration, il fallait prendre le temps, notamment de plonger le spectateur dans le contexte de l'époque, complexe et sombre. Le pari est réussi : c'est 3h15 sans ennui et sans clichés, avec un très beau jeu d'acteurs. C'est pour moi un film cesarisable et même oscarisable; en tout cas, il le mériterait.
D’une durée de 3h15, cette fresque impressionnante nous plonge dans le Paris de la collaboration à travers l’histoire vraie de Jean Luchaire, patron de presse, et de sa fille Corinne, jeune première du cinéma de l’entre deux guerres. Passionnant de bout en bout, le film raconte le glissement progressif d’un homme aux idéaux généreux, militant pacifiste et chantre de l’amitié franco-allemande, vers une logique collaborationniste. Le long-métrage est fascinant en cela qu’il ne dépeint pas le parcours d'un être zélé, mais une personnalité dont on peine à saisir les logiques profondes, qui va basculer dans l’indicible pour des raisons obscures, dans un mélange de suivisme, d'appât du gain et d'illusion de gloire. En se concentrant sur ce milieu collaborationniste parisien, loin du champ de bataille, Xavier Giannoli nous plonge dans un monde en vase clos, qui n’a pas su ou pas voulu voir les atrocités du régime hitlérien. Le film dresse enfin le superbe portrait d’un père et de sa fille adorée, que celui-ci conduira sur les chemins du déshonneur et de la déchéance, en raison de sa complicité de plus en plus évidente avec les nazis, qui leur valut de se frotter aux foudres de l'épuration (et de ses excès). Un classique instantané, porté par un admirable Jean Dujardin.
Une expérience gâchée par un détail sonore... Je suis passé totalement à côté. Je ne sais pas si c'était un choix de mise en scène ou un tic d'écriture, mais cette toux incessante à l'écran m'a profondément fatigué. Impossible de me concentrer sur l'intrigue ou les personnages quand le paysage sonore devient aussi agaçant. Une séance pénible, je n'en pouvais plus.
C'est du grand cinéma ample et très "spectaculaire". Un peu voyeur parfois il est vrai. Il aurait pu être "quand même" plus dérangeant. C'est trop "spectacle". De toute l'histoire du cinéma c'est le film où on fume le plus : non-stop. Gloire à la cigarette (on en voit une bonne centaine dans ce film) . Dans chaque scène chaque plan pendant 3h les personnages fument. A force cela devient ridicule. Le metteur en scène ne peut imaginer autre chose à faire pour tous ses personnages que fumer. Ou alors l'industrie du tabac est co-productrice ? J'ai éclaté de rire quand une phrase de Napoléon est citée dans ce film " Entre le sublime et le ridicule il n'y a qu'un pas". Sinon l'actrice principale Nastya Golubeva une réelle révélation même si son personnage a le QI d'une coupe de champagne. Une "collaboratrice" passive qui a survécu à l'épuration comme tant et tant d'artistes de cette époque.
Le film frappe par son ambition et par l’atmosphère contrastée qu’il déploie. On y découvre à la fois le luxe et la décadence, le glamour et le dégoût, l’émotion et la monstruosité, dans une plongée troublante au cœur de la haute société française pendant l’Occupation.
Le récit est très long, mais cette durée sert aussi à installer un climat de malaise, à inscrire l’histoire dans son contexte historique et à explorer la complexité des personnages.
Au centre du film, Jean Dujardin livre une performance remarquable. Il incarne avec finesse l’ambiguïté morale de son personnage : séduisant et brillant, mais profondément dérangeant. C’est sans doute l’un de ses rôles les plus sombres.
Face à lui, Nastya Golubeva apporte douceur, fragilité et candeur, créant un contraste fort avec l’univers moralement trouble qui les entoure.
Le sujet la collaboration en France pendant la Seconde Guerre mondiale est évidemment un terrain délicat et parfois difficile à regarder. Pourtant, grâce au jeu des acteurs, et surtout à celui de Dujardin, le film réussit un véritable tour de force : rendre humain un personnage aux agissements monstrueux, sans jamais chercher à le disculper.
Je viens d'aller voir "Les Rayons et les Ombres," grande fresque historique de 3h19. Je n'étais jamais allé voir un film ayant une telle durée, mais purée, je n'ai pas regretté la balade...
Je pourrais vous parler de la lumière, de la bande son ou de l'élégance de la mise en scène. Mais la maîtrise technique ne suffirait pas pour justifier un projet pareil. Je pourrais évoquer une écriture au cordeau, la puissance de l'interprétation ou la parfaite coordination des acteurs, mais on serait encore loin du compte.
Disons qu'un auteur français inspiré, inspirant et en pleine possession de son art, a estimé que c'était la durée adéquate pour restituer toute une page de notre histoire. Et pour nous amener, comme "Indigènes", "Cessez-le-feu" ou Au-revoir là-haut" ont pu le faire, à considérer ce qu'on croyait avoir compris d'une époque avec un regard différent.
On pourrait être tenté de se dire : "ah, non, encore une histoire avec les nazis, on n'en peut plus de la Grande Vadrouille." Et on pourrait également penser que parler de la deuxième Guerre pour nous rappeler les dangers du fascisme est un procédé assez lourdingue.
Mais l'auteur a juste choisi quelques personnes ayant réellement vécu, dans un monde mouvant, complexe et imprévisible, pour nous parler de nous. Et il a mobilisé tous les moyens disponibles, du charisme de Jean Dujardin à une science du montage et de la composition assez confondantes, pour nous embarquer avec une force, une tendresse, une rigueur et une absence de jugements qu'on ne ressent pas souvent.
Au point qu'on ressort de ce film en comprenant cette durée hors normes. La richesse, la profondeur et l'ambiguïté morale de l'époque. Et au fond la richesse, la profondeur et l'ambiguïté morale qui nous caractérisent tous.