4775 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
737 critiques spectateurs
5
189 critiques
4
320 critiques
3
119 critiques
2
78 critiques
1
20 critiques
0
11 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)
42 abonnés
146 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 30 avril 2026
Comme dans Illusions perdues, que j'vais trouvé plus passionnant encore), Giannoli orchestre la rencontre entre les ambition personnelle d’une personne et les réalités d’une époque et monde des arts et du journalisme. Même si cette fois le film n’est pas tiré d’un roman, il y a tout de même une dimension littéraire évidente, jusque dans la qualité du texte qui donne au récit une ampleur remarquable.
Personnages troubles, ambigus, fascinants, Jean Luchaire et de sa fille Corinne évoluent dans un réseau d’influences, d’amitiés et d’opportunités qui les conduit inexorablement vers le déshonneur.... et, pour Jean Luchaire, vers une mise à mort. Malgré le côté ambigu des personnages, Giannoli ne cherche jamais à excuser, mettant parfaitement bien en lumière la faiblesse, la lâcheté et les compromissions en temps de guerre, comme il est dit dans le réquisitoire de l'avocat général (Philippe Torreton) à la fin du film.
Le duo formé par Jean Dujardin et Nastya Golubeva Carax est parfait. Dujardin incarne avec justesse ce pacifiste de gauche qui glisse peu à peu vers une forme de compromission totale. Face à lui, Golubeva Carax joue une Corinne Luchaire à la fois fragile, frivole et insouciante, prête à suivre son père dans ses entreprises les plus sombres.
On pourra reprocher au film son côté didactique, parfois démonstratif, ses arrangements avec l'Histoire, au service de son récit, mais au final, Les Rayons et les Ombres s’impose comme un spectacle fascinant, dense, habité, offrant une reconstitution magistrale de l’époque.
Un film qui interroge sans relâche les zones d’ombre de l’âme humaine, et qui se referme avec un hommage au cinéma, qui semble dire que cet art, mieux que tout autre, est capable d’éclairer les zones les plus troubles de notre mémoire collective. Mission accomplie.
Ce n'est pas par ce film qu'on doit essayer de comprendre la seconde guerre mondiale, trop centré sur une trajectoire personnelle quand la période a eu de multiples postures. Toutefois, quand on a acquis les bases historiques, le film est remarquable sur le cas personnel de Jean. Il montre avec crédibilité des parcours individuels qui, sans que Jean Luchaire ne se remette en cause, mais dans une logique au contraire d'aller au bout d'une intention, montre que les bonnes intentions peuvent amener l'enfer. Les acteurs sont remarquables. Des longueurs au deuxième tiers du film, il aurait gagné à être plus resséré. Une leçon d'actualité : toujours questionner son idéal pour ne pas le trahir.
Film long mais sans scène à rallonge avec des des dialogues inutiles. Chaque scène est utilisé à son plein potentiel. Giannoli arrive à mettre en avant des details subtiles qui poussent à la compréhension du film. C’est très interessant de voir la collaboration pendant la WWII de cet oeuil là, qui n’est pas forcément original certes mais qui a été tres peux representé dans le cinéma. DUJARDIN toujours aussi bon dans son rôle.
Les Rayons et les Ombres plonge au cœur des années 40 en suivant des figures ambivalentes, prises dans les contradictions de la collaboration. Porté par une mise en scène élégante et une reconstitution soignée, le film navigue entre plusieurs temporalités, de l’entre-deux-guerres à l’après-guerre, avec un montage maîtrisé qui donne de la cohérence à un récit pourtant dense. La lumière, souvent travaillée en contraste, vient appuyer la dualité morale des personnages, tandis que la caméra épaule, notamment dans les scènes de cabaret et de soirées mondaines, renforce l’immersion.
Mais au-delà de sa maîtrise formelle, c’est surtout par son écriture que le film marque. Les dialogues sont justes, et les personnages, profondément humains, évoluent dans une zone grise fascinante. Le film prend parfois trop son temps, mais cette lenteur permet d’explorer en profondeur leurs tiraillements, entre ambition, culpabilité et déni.
Le thème central dépasse largement la simple question de la collaboration : il interroge la notion de liberté. Jusqu’où peut-on se dire libre sans s’enfermer soi-même ? Cette idée se décline à travers plusieurs trajectoires. spoiler: Celle de la fille de Jean d’abord, Corinne : élevée dans une liberté presque totale qui finit par l’enfermer, la poussant à se réfugier dans des illusions et des échappatoires. Celle de Jean ensuite, prêt à compromettre ses valeurs pour réussir, s’enfermant progressivement dans une hypocrisie morale où il tente de concilier opportunisme et bonne conscience. À l’inverse, son ami allemand Otto assume pleinement son basculement idéologique, devenant paradoxalement le personnage le plus « libre » dans son adhésion totale.
C’est là que le film trouve sa force : il refuse le manichéisme. On peine à haïr ses personnages tant leurs contradictions sont exposées avec finesse. spoiler: Le procès final vient alors cristalliser toutes ces tensions, offrant une conclusion forte qui remet en perspective leurs choix.
Malgré ses qualités indéniables, le film souffre toutefois d’un rythme parfois étiré. Certaines séquences auraient gagné à être resserrées, notamment autour des scènes de spoiler: cabaret, ou de la clinique, donnant parfois l’impression d’une version trop longue.
Un film solide, ambitieux et nuancé, qui mérite le détour pour la richesse de ses personnages et la pertinence de ses thèmes, même s’il aurait gagné à être légèrement épuré.
Compliqué de faire un film sur la collaboration, qui plus est centré sur une personne ayant réellement existé, mais Xavier Giannoli s'en sort bien et le film vous prend à la gorge du début à la fin.
Le réalisateur décortique soigneusement comment un flambeur plutôt sympathique et humain, incarné impeccablement par Jean Dujardin, bascule, compromission après compromission et tentation après tentation (l'argent, le luxe, la luxure) dans l'ignominie et la déchéance la plus abjecte, jusqu'à une fin inéluctable...
A côté de ça, le destin tragique de la fille du personnage (jouée avec authenticité par l'épatante révélation Nastya Golubeva), qui idolâtre son père et est confondante de naïveté et d'innocence, rend le film encore plus touchant et émouvant, au point qu'on ne voit pas les 3h19 passer !
Une fresque profonde et très bien mise en scène sur une période sombre de notre histoire, à voir absolument si vous aimez le grand cinéma...
C’est nul ! Un gros navet..choix des acteurs pas convaincant il y a que Dujardin qui arrive à nous intéresser mais il est bien mal serv. dommage ça vendait du rêve
Ne tenez pas compte de ce qu'on entend ici ou là. Xavier Giannoli (Illusions perdues, D'argent et de sang) a travaillé pendant sept ans avec les meilleurs spécialistes des trois personnages dont il raconte l'histoire vraie. Et ça ce sent. A titre personnel, c'est la première fois que j'arrive à mettre un visage et une mécanique sur le glissement d'âme que représente la collaboration. Comme le dit Giannoli lui-même, ce film ne prétend pas dresser le profil type du collaborateur de l'époque, mais explorer la psychologie d'un homme bien particulier, que rien à priori ne destinait à se compromettre. Si le sujet est niche, en revanche, son traitement a une porte universelle qui résonne avec le contexte géopolitique actuel. A travers celle de Jean Luchaire, c'est aussi l'autopsie de la vulnérabilité humaine que réalise sans la moindre complaisance Xavier Giannoli. La réalisation est magistrale, à l'instar de son chef d'oeuvre précédent Illusions perdues, dont on retrouve par moment l'ambiance de débauche qui entoure une collaboration opportuniste et "payante". A ne manquer sous aucun prétexte.
Un bon film qui fait réfléchir et sans temps mort. On a par contre un peu tendance à voir Dujardin l'acteur et pas son personnage, peut-être à cause de sa notoriété. Quelques raccourcis historiques également.
Très bon film du virtuose Giannoli, Dujardin nous surprend dans ce rôle de collabo, mention spéciale à la révélation de l'année Nastya et au maestro August Diehl
Rien ne va dans ce film, tout sonne faux, les acteurs, le scénario, la réalisation et c'est tellement long. Le sujet est passionnant malheureusement le film passe à côté
Un jean Dujardin magistral, une part de notre histoire narrée avec sincérité et sans complaisance. La lente glissade vers la trahison. Film magnifique.