Le Monde à l'endroit
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Le Monde à l'endroit" et de son tournage !

Continuité

Le Monde à l’endroit est né de la rencontre entre Sylvie Meyer et Muriel Salmona sur Enfance volée, chronique d’un déni, précédent documentaire de la réalisatrice. En découvrant le travail de la psychiatre, Meyer a eu envie de prolonger l'expérience en s’intéressant cette fois aux mécanismes psychotraumatiques : "La thérapie de Muriel Salmona m’a ouvert des perspectives, d’autant que j’en ai moi-même suivi une avec elle et ai pu en mesurer l’extraordinaire efficacité. Le travail ressemble à une enquête : les symptômes des patient.es sont les conséquences des violences ; à partir d’eux, on cherche à reconstituer ce qui s’est passé."

Faire entrer une caméra dans un cabinet de consultation

Pour la première fois, Muriel Salmona a accepté d’ouvrir son cabinet aux caméras : "la sécurisation de l’espace thérapeutique et la protection des patients me semblaient difficilement compatibles avec des séances filmées. J’ai fait confiance à Sylvie et à son équipe, et ils ont été remarquables : nous avons pu, ma patiente et moi, oublier la présence des caméras et créer un espace sécurisant qui nous a permis de bien travailler."

Lors des véritables séances, la directrice de la photographie Caroline Champetier restait seule avec la psychiatre et sa patiente, tandis que la seconde caméra et le son étaient contrôlés depuis l’extérieur.

Trois actrices pour une psychiatre

Lors des séances de thérapie rejouées, la réalisatrice a fait appel à trois comédiennes, Isild Le Besco, Sandrine Bonnaire et Marianne Denicourt, pour interpréter Muriel Salmona : "Je voulais restituer le plus fidèlement possible le discours thérapeutique de Muriel Salmona et rendre sa méthode accessible. Le recours aux comédiennes est né de cette nécessité : porter cette parole avec précision, rester au plus près du texte."

Elle ne cherchait pas de ressemblance physique avec la psychiatre, mais une proximité morale, les trois actrices ayant elles-mêmes connu la violence et en étant sorties. Sylvie Meyer décrit : "Isild Le Besco est comme une grande sœur bienveillante. Sandrine Bonnaire possède cette réserve grave et ce regard humain. Marianne Denicourt est extraordinairement curieuse et habitée."

Des souvenirs en roman-photo

L’enfance est représentée sous la forme de romans-photos, avec des images fixes et une narration volontairement elliptique. Ce choix visuel traduit la manière fragmentaire dont certains souvenirs traumatiques peuvent resurgir. Trois romans-photos ont été créés pour les personnages de Nina, Mélissa et Franck, respectivement par Joachim Touitou, David Milhaud et Julien Bourdier Martin.

Intelligence artificielle

Certaines images ont été générées par intelligence artificielle. Sylvie Meyer justifie ce choix : "L’IA a permis de recréer un passé d’une apparence troublante, à la frontière du réel. Un passé qui restitue le huis clos mental dans lequel est enfermé l’enfant « dissocié » victime de violences. La limite était de ne pas représenter la violence sexuelle. Cela aurait contredit le projet : le film ne cherche pas à montrer les violences, d’ailleurs souvent occultées par les patient·es, mais à expliquer leurs traces profondes dans l’existence."

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