Ma Frère est le deuxième film du duo de réalisatrices Lise Akoka et Romane Guéret qui retrouvent ici les héroïnes de leur web-série Tu Préfères ?, Shaï et Djeneba, qui entrent maintenant dans la vie d’adulte. Le temps d’un été, on les suit en animatrices de colonie de vacances pour jeunes issus de quartiers populaires.
Ces deux personnages semblent vraiment être le reflet de leurs interprètes, les éblouissantes Fanta Kebe et Shirel Nataf, deux révélations pleines de générosité, de sincérité et d’énergie. Autour d’elles, un casting rafraîchissant, d’Amel Bent à Idir Azougli, mais aussi et surtout cette ribambelle d’enfants, qui témoigne une nouvelle fois du sens du casting et de la capacité remarquable de ce tandem de réalisatrices à diriger de jeunes acteurs, héritée de leur parcours de coach pour enfants.
On a vraiment un côté Nos Jours Heureux réactualisé, avec aussi un côté plus auteur, plus profond et plus juste grâce notamment à la vitalité, la simplicité et la spontanéité qui se dégagent de chaque interaction et chaque comportement de ce film. Mais aussi à un travail sur le langage, vrai, pluriel et réinventé, qui est central dans le film. Et on s’attache profondément à tous ces personnages, comme si on était, nous aussi, partis en colonie avec eux.
A la fois plongée feel-good dans le chaos d’une colonie de vacances et chronique sociale de l’entrée dans la vie d’adulte de nos deux héroïnes, le film aborde de nombreux sujets de société : extrémisme religieux, harcèlement, abandon, genre, précarité, inégalité des chances. Mais toujours avec la bonne distance, avec une fluidité remarquable et une humeur désarmante, à la fois très naturelle et très drôle. C’est parfaitement équilibré.
Ouvert, bienveillant et joyeux, Ma Frère est un grand film d’amitié, une ode à l’enfance, à la différence et le portrait solaire de la jeunesse populaire d’aujourd’hui. Premier film de 2026 et déjà un coup de cœur.