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Leniod
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1,5
Publiée le 25 septembre 2026
"Notre salut" est basé sur les lettres que s'envoyaient les arrières-grands-parents du réalisateur pendant la guerre de 1940, principalement celles de son arrière-grand-mère, jouée par une Sandrine Blancke particulièrement joliment mise en valeur (coiffure, vêtements d'époque et elle dévoile son téton gauche.)
Cette femme est censée être amoureuse pendant des décennies, à travers les épreuves, d'un petit escroc un peu terne (même si il est tiré à quatre épingles) qui a dilapidé l'héritage de sa femme avant de faire faillite et tente de rebondir grâce à ses contacts politiques.
Cela n'a aucun sens ; c'est le monde à l'envers ! Même au début des années 1940, une femme de cette valeur ne se sacrifierait pas si longtemps pour un tel personnage. Rien n'explique cette attirance. Je sais que certaines femmes sont prêtes à tout pour de prétendus Brad Pitt, mais choisir l'élégante Sandrine Blancke pour ce rôle est une impardonnable erreur de casting.
Vers la fin, spoiler: elle le quitte définitivement brusquement, soudainement. Encore une fois, le spectateur ne comprend pas pourquoi. Rien n'explique cette décision surprenante. Il faut l'accepter, parce que c'est comme ça que ça s'est passé. Ce n'est pas clair. Et frustrant.
Il y a plein d'anachronismes, notamment dans la façon de parler avec des « du coup » et des accents de banlieue. Et c'est très bavard, assommant.
Cependant, la seule bonne séquence du produit est une scène de danse (sur "Pop corn" de Hot Butter ; la chorégraphie originale est disponible sur le compte Youtube de l'ina) absolument magistrale, avec Sandrine Blancke éblouissante, magnétique. Cela m'a rappelé le navet de Lucas Belvaux "Pas son genre" (2014) qui contenait le meilleur moment de la carrière d'Émilie Dequenne : son émouvante reprise de "I Will Survive".
Les accessoires sont de premier choix avec des meubles art déco et un splendide papier peint.
Il y a plein d'inutilités improvisées. C'est beaucoup trop long. Attention : Sandrine Blancke n'apparaît qu'après une heure.
Un film qui porte une ambition certaine, mais peine à trouver son équilibre. Notre salut multiplie les pistes sans toujours parvenir à leur donner de la force, laissant une impression d’ensemble assez inégale.
C’est une best of de la vie d’un rat qui essaye de survivre en France pendant l’occupation allemande sous régime de Vichy en 1941… Avec une caméra portée on nous filme et raconte des moments de sa vie, la mise en scène est intelligente sur les premières minutes puis ça devient long très long… je le trouve vraiment moyen, si on part dans ce registre là pourquoi ne pas aller encore plus loin ? La musique est très mal utilisée même malgré de « belle image » c’est dommage j’ai l’impression qu’ils ont gâcher le potentiel
Film sur l'occupation et la déshérence d'une catégorie de citoyens qui pensent que Pétain protège le pays Swann Arlaud est remarquable dans le rôle d'un fonctionnaire du régime de Vichy. On note la difficulté de trouver ses marques dans un pays en proie au doute et mortifié par la défaite. Le scénario est excellent En revanche la caméra un peu nerveuse finit par fatiguer.
Vu à Cannes, Notre Salut est une plongée glaçante et nécessaire dans la banalité du mal. Le réalisateur dépasse le simple cadre du film historique pour tendre un miroir à notre époque. Inspiré d’une correspondance authentique entre ses grands-parents, le scénario puise dans une mémoire intime afin de dépeindre, avec une justesse implacable, les mécanismes de l’ambition et de la lâcheté. C’est précisément là que réside la force du film : il ne s’agit pas d’une reconstitution, mais d’une sorte d’exploration de l’âme humaine, où le mal s’installe insidieusement, sans fracas, sous les apparences de la normalité. Swan Arlaud y livre une performance fascinante. Il incarne un arriviste si terne, si banalement cynique, qu’il en devient terrifiant. Son personnage, prêt à toutes les compromissions pour gravir les échelons du pouvoir, fait de la médiocrité le véritable terreau de la barbarie. Ici, il n’y a pas de monstres : seulement des bureaucrates, des opportunistes, des hommes ordinaires.
Mais le film est tout sauf une simple leçon d’histoire. L’usage de musiques anachroniques, loin du simple effet de style, souligne avec ironie l’universalité de ces mécanismes : le racisme ordinaire, le discours managérial sur le « renouveau », la lutte contre le chômage par la contrainte, érigée en justification de l’ordre nouveau... Vichy n’est pas seulement un passé lointain. Le film suggère qu’il demeure une tentation toujours possible. Le réalisateur a lancé un vibrant « Plus jamais ça ! » à la fin de la projection, sous les ovations cannoises : son film est aussi un remarquable avertissement au présent.
J’ai beaucoup aimé la mise en scène, musique, éclairages, filmé de façon très moderne. Mais c’est long tout de même ! Le personnage principal garde tout ses mystères meme après 2h30…
Ça commence comme une farce sur un petit groupe d’arrivistes collabos occupés à faire leurs calculs sur la future répartition des pouvoirs du régime de Vichy. Une sorte de The Office sous l’Occupation, où l’on prend un malin plaisir à se moquer de ces personnages médiocres persuadés de simplement bien faire leur travail.
Puis surgissent les premiers signes de compromission. Derrière les combines administratives et les petites ambitions, la machine mortifère se met lentement en marche. Et les rires se coincent.
La relation épistolaire réelle des arrière-grands-parents du réalisateur imprègne le film d’une réalité et d’une dramaturgie inattendues. On ressort finalement bouleversé par une histoire d’amour au milieu de cette mascarade collaborationniste.
Les parallèles, parfois ostentatoires, avec notre époque fonctionnent parfaitement : les moqueries visant les opportunistes d’hier se transposent sans effort aux lâchetés de la politique contemporaine.
Là où The Brutalist renversait la statue de la Liberté, Notre Salut garde la tour Eiffel bien droite derrière son héros débarquant à Paris avec l’espoir naïf de « reconstruire la France ». Même autre point commun : l’arrivée tardive de la femme aimée, qui fait basculer le film vers quelque chose de plus intime, de plus concret et de plus puissant.
Traiter la collaboration avec un tel parti pris est un vrai tour de force. Aucun académisme de reconstitution ne vient figer le récit. Au contraire, le choix d’une supposée légèreté et d’un langage contemporain confronte directement le spectateur à ce qui résonne aujourd’hui en France. Et s'il vous plait, trendez moi cette POP CORN DANCE !
J’aurais dû me fier à mon intuition dès la scène d’introduction. Entre la caméra à l’épaule (façon iPhone) et les plans hyper serrés, le film tente le pari d'un mockumentary de 2h30 à la The Office, mais en version totalement édulcorée. Ce dispositif visuel bancal se répercute d'ailleurs sur le casting : on se retrouve face à des acteurs qui semblent totalement perdus, livrés à eux-mêmes et improvisant sans aucune direction de jeu.
Le tableau ainsi peint, d'un minimalisme extrême (on est quasi sans décors ni costumes), s'avère également sans aucun enjeu narratif. Pour dire les choses clairement, on se fout complètement de l’itinéraire de ce personnage médiocre. Et ce ne sont certainement pas les scènes musicales anachroniques et absurdes qui aident à faire passer le temps.
J’aurais définitivement dû me barrer dès les premières minutes.
J'ai trouvé l'accueil des spectateurs très tiède (applaudissements brefs et peu sonores) mais il n'est peut-être pas inutile de faire savoir à ceux qui voudraient voir ce film que le voir est, et pour de bonnes raisons, une expérience très inconfortable, voire désagréable.
Il est rare en effet qu'on voit à ce point au cinéma la collaboration avec le mal s'inscrire dans la banalité de la vie et qu'une telle proximité soit créée entre le spectateur et un collabo. Là est me semble-t-il le principal intérêt du film.
un grand film. original, il joue avec la caméra, le son, la voix off, bref tous les outils à sa disposition ! dérangeant du début à la fin n'iront le voir que ceux qui veulent vivre une expérience de cinéma qui retourne! politique, par touche qui font mouche ! et surtout universel. Certes on en ressort avec du dégoût pour Vichy et la collaboration. mais plus encore, c'est nous tous, dans nos compromission pour atteindre nos objectifs qui nouq retrouvons derrière cet être abject et touchant, incarné à la perfection par Swanne Arlaud
Sans jamais chercher à nous le montrer ostensiblement, à travers de petites étapes du quotidien de son personnage banal, presque attachant - ni spécialement brillant ou courageux ni spécialement lâche ou médiocre, qui essaye juste d'avancer comme il peut dans la vie - filmées comme un documentaire d'observation, Emmanuel Marre nous laisse voir les micro glissements successifs de la responsabilité individuelle qui mènent à la participation à l'horreur collective. Brillantissime et inédit dans l'histoire des film sur le sujet!
Vu au Festival de Cannes. D'abord, il faut aller le voir. C'est un film passionnant, différent, audacieux, jusque dans ses moments ratés, et qui mérite donc vraiment d'être vu quand on aime le cinéma. Swann Arlaud est éblouissant de bout en bout, mais le film souffre de longueurs et de scènes inégales. Ça fait partie du dispositif d’Emmanuel Marre - caméra embarquée, improvisations, changements de ton, mais à certains moments, on perd de l’intérêt et de la tension. En revanche, la première partie du film, quand le personnage cherche à se placer à Vichy, est en soi un chef d'oeuvre.
Qui aurait cru qu’Emmanuel Marre en toute subtilité viendrait réussir à dresser un portrait de ceux qu’on oublie dans la collaboration. Ceux qui dans l’ombre acceptent pour se frayer une voie, aussi peu royale soit elle, les horreurs du régime de Vichy. C’est étonnamment drôle, et tout autant vrai.