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Julie Charlotte F.
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5,0
Publiée le 30 septembre 2026
Je n’ai jamais un film historique qui décrive aussi bien une période / époque sans lourdeur. On est plongé dans les mœurs, la culture, l opinion de façon naturelle
Si tous les lycées diffusaient se film pour évoquer les rafles et la STO, je pense que ce serait un bon support pédagogique
On ne peut pas passer à côté de la prestation de Swann Arlaud, qui porte le film. Il y a une façon d’aborder la collaboration différemment qui est intéressante, surtout en mettant en avant le côté loser pathétique d’un homme qui souhaite rendre fière sa famille, pensant être celui qui gère, alors qu’il n’est finalement qu’un pantin.
De l’autre, c’est long, parfois vraiment long. Ça m’a fait sortir du film à certains moments, L’idée de filmer cela comme un documentaire est intéressante, mais il faut aller au bout de l’idée, car certains choix m’ont justement sorti de ce que je voyais. C’est évidemment quelque chose de très personnel, que le réalisateur a présenté avant la séance, mais qui ne m’a pas totalement convaincu.
Certaines scènes sont très bien écrites, provoquant un parallèle immédiat avec aujourd’hui, avant de basculer presque immédiatement vers quelque chose de plus brouillon, où l’on est moins saisi par la narration.
Réflexion très fine sur la France de l'occupation et de Vichy à travers le prisme de la recherche mémorielle du réalisateur. Le temps alenti de la narration filmique est des plus justifiés en raison de cette quête des archives de la mémoire, afin, aussi, de montrer au spectateur le lent glissement vers l'abjection. Ajoutons que Swann Arlaud est formidable et que l'anachronie de la musique met en garde le spectateur contre tout assoupissement critique. Une très belle réussite des cinémas français et belge sans aucune pesanteur didactique.
Vu en avant-première, ce film m'a laissé relativement déès sobre sur la forme, les longues scènes montrant le fonctionnement de l’administration de la France libre peinent à nourrir la narration. Les choix des différents personnages illustrent des enjeux moraux et toute une gamme d'attitudes entre collaboration et résistance. Mais guère plus à mes yeux qu'un modeste témoignage historique, loin de la portée universelle que certaines critiques ont pu y voir. Le personnage central incarné par Swann Arlaud ne m'a pas inspiré beaucoup d’émotions, mais sa femme apporte un peu de couleurs et d'âme au film.
Une très belle surprise pour ce film . Avec Swan Arlo et tout un lot d'actrices et acteurs que je ne connaissais pas qui sont excellents. Vraiment un très bon film . Une musique qui nous surprends et qui est bien à sa place .
Un film long (il faut saluer la prise de risque de la mise en scène) pour prendre le temps de l'infusion dans l'histoire de France la plus trouble du XXème, au sein de l'administration du régime de Vichy, et plus intimement dans la peau d'un homme convaincu que le salut du pays viendra de la politique pétainiste et de la collaboration. La musique anachronique par rapport à l'époque des faits nous rappelle que l'Histoire peut se répéter, ce film nous met en garde contre nous-mêmes et nos certitudes ou allégeances. Une oeuvre totalement maîtrisée admirablement servie par Swann Arlaud
Découvert en avant-première au Festival de Cannes, et c’est un des chocs de mon année. La mise en scène quasi documentaire, caméra à l’épaule, donne l’impression que tout se passe en direct : les années 40 filmées sans patine, comme si c’était aujourd’hui. Swann Arlaud est immense de sobriété, un homme ordinaire qu’on suit pas à pas, et c’est ça qui glace. Le film ne juge jamais, n’excuse rien, et les audaces fonctionnent étonnamment bien.
Avec Notre Salut, Emmanuel Marre nous raconte l’histoire de son arrière- grand-père collabo dans un geste de cinéma complètement dingue, plein d’audace et absolument inédit, qui nous fait rire de la banalité du mal. Un film particulièrement moderne, aussi fort sur le fond que sur la forme.
Car il n’étudie pas ce sujet avec hauteur ou depuis la distance confortable de notre époque. Au contraire, il nous colle physiquement au cœur de la machine administrative collaborationniste et la filme comme si nous y étions, en temps réel. Il offre une représentation inédite de l’époque, loin de la reconstitution historique fictionnalisée. C’est un film historique qui réussit la prouesse, quasiment jamais vue, de filmer le passé au présent et au quotidien.
Il dépeint un loser opportuniste persuadé de pouvoir changer les choses et qui profite surtout de ce nouveau régime pour grappiller un minimum de pouvoir et d’importance. Swann Arlaud est exceptionnel dans le rôle de ce petit cadre administratif dont on conserve en grande partie le mystère sur les convictions réelles. A travers lui, Marre évoque ces “bons� employés qui ont travaillé pour le régime de Vichy avant tout par intérêt personnel et par lâcheté, préférant se voiler la face dans un aveuglement volontaire qu’on observe à travers une succession de pastilles du quotidien.
Notre Salut filme le fascime non pas comme une pure violence mais comme langage administratif et managérial : une novlangue qui euphémisme, rationalise et finit par déshumaniser l’horreur. C’est toute la médiocrité procédurière de Vichy qui apparaît, avec ses technocrates arrivistes et ivres d’un pouvoir qu’en réalité ils ne possèdent pas. Et alors que chacun cherche sa petite place à la lumière à coups de compromissions, Marre les filme comme un troupeau uniforme, transformé en rouages consentants d’une machine totalitaire.
On y parle de management, de productivité, de redressement productif, on s’attend presque à entendre parler de “start-up nation�. Le lien entre les logiques du monde du travail, du capital et celles de l'idéologie fasciste sont évidentes, dans la lignée des travaux de l’historien Johann Chapoutot. Le film fait donc résonner très fort le régime de Vichy avec le libéralisme contemporain, le macronisme, avec cet abandon des valeurs politiques et humaines au profit de l’économie, cette gestion comptable privilégiée à la gestion humaine. Et il devient clair que le film parle autant de notre époque que du régime de Vichy.
Cet aveuglement, associé à la rationalité bureaucratique, rappelle La Zone d’Intérêt. Il montre comment l’horreur est soutenue, voire produite, par de toutes petites gens aux toutes petites ambitions personnelles, interrogeant alors la notion de responsabilité.
Et sa mise en scène décalée est complètement en adéquation avec son propos. C’est filmé en mode mockumentaire, avec des dialogues semi-improvisés et une caméra flottante comme un reportage en direct. Ce côté The Office appuie à la fois le réalisme et le ridicule des situations. Cette modernité se retrouve aussi dans le phrasé et le vocabulaire très contemporains tandis que les rares musiques utilisées sont complètement anachroniques. Pourtant, on y croit constamment et ce dispositif permet de souligner ce qui peut se cacher derrière ce vocabulaire aujourd’hui redevenu à la mode.
Enfin malgré la gravité du sujet, c’est extrêmement drôle sans jamais être complaisant, bien au contraire. Le tempo comique est tout simplement parfait et permet de mettre en évidence tout ce que ce régime avait de pathétique et de ridicule.
Un immense film qui ne ressemble à aucun autre, passionnant et profondément politique, d’une façon autant historique que contemporaine, à travers cette étude de la résignation et de l’abandon du politique au profit d’une novlangue managériale.
Film vu en avant-première dans un cinéma indépendant. Immersion dans la France de l'occupation sous l'angle d'un homme, la cinquantaine, qui arrive à Vichy pour obtenir un poste au sein de l'appareil d'Etat pour faire vivre sa famille restée à Paris. Saisissant et truffé de subtilités de langage qui amènent le spectateur à comprendre comment des gens normaux ont pu participer à la collaboration pour exister malgré tout, sauver leur poste, exercer un pouvoir. Swann Arlaud, exceptionnel et Sandrine Blancke incarnent ce couple qui cherche à sauver les apparences dans le désordre ambiant. A voir absolument !
Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre, 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d'ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…
Notre salut d’Emmanuel Marre est un drame historique et pour dire biographique puisque les protagonistes sont ses propres grands-parents, que j'ai pu découvrir en avant-première.
Après la débâcle de 1940, le régime de Pétain s'installe dans les hôtels de Vichy. Henri Marre (Swann Arlaud), ingénieur des méthodes y voit l'occasion pour le pays de se repenser et de se réorganiser pour gagner en efficacité. Une opportunité pour la France et pour lui-même. Eloigné de sa femme (Sandrine Blancke) et ses enfants, il tente de porter sa vision en distribuant son livre édité en compte d'auteur : Notre Salut.
Cette personne est présentée comme un anti-héros, pétainiste et couard. Rouage de la mécanique, ce rêveur dans un souci d'efficacité et d'engagement, actionne, pas après pas, les ressorts de la collaboration. Et pourtant, par ses maladresses (pas toutes), sa naïveté et sa conviction, il reste attachant. Cette ambivalence perturbe : on aimerait le détester mais on n'y arrive pas. Sans aucun doute grâce au jeu du magnifique Swann Arlaud. De même que le jeu de Sandrine Blancke en femme fragile et forte à la fois, décidée et pragmatique, est toute en délicatesse et nous offre une belle résonnance entre eux-deux.
Ce film perturbe aussi par son traitement, sa réalisation. C'est un format 4/3 et c'est beaucoup filmé caméra à l'épaule comme pour un documentaire. Certaines scènes suivant dans tous ses mouvements Henri créent un malaise car elles font parfois penser à "C'est arrivé près de chez vous" (Rémy Belvaux, 1992) en particulier les scènes nocturnes avec une lumière spot cobra. La caméra suit ce que d'aucun appelle un salaud.
La musique telle que celle de la bande annonce, Sounds like a Melody d'Alphaville (1981) participe aussi à cette étrange ambiance. Elle n'est ni de 40, ni d'aujourd'hui mais dans un entre-deux. Une musique actuelle aurait pu souligner qu'une telle situation pourrait réapparaitre à notre époque, mais le choix d'un modulo 40 ans nous rappelle que c'est l'avenir, c'est le passé, c'est cyclique, que ça peut toujours revenir.
Notre salut, ce bras tendu vers la collaboration est un film audacieux qui fait réfléchir.
Vu en Avant Première. Pas mal mais une narration naturaliste ponctuée de séquences anachroniques étranges rendant le tout assez déroutant (bien qu'accessible). Sujet intéressant mais c'est Les Rayons et Les Ombres en moins bien.
Vu en avant première cet été. Rarement ressenti un tel choc. Un film unique par son thème (prix du scénario à Cannes 2026) mais surtout par sa mise en scène qui le rend intemporel. Un jeu d'acteurs filmé comme un reportage, dépourvu d'empathie comme d'antipathie. Des plans coupés et pas de visages réellement expressifs. Glacial également dans ses dialogues qui sont toujours d'actualité. Même la bande son est un clin d'œil à l'histoire. A l'aube de la prochaine élection présidentielle, peut-être un signe de réflexions pour le spectateur ?
J'ai eu la chance de découvrir le film en avant-première à Liège (merci et vive les Grignoux !), en présence du réalisateur Emmanuel Marre, avec lequel les spectateurs ont pu échanger pendant près d'une heure après la projection. Cet échange était extrêmement enrichissant et a permis de répondre à de nombreuses questions par rapport à la réalisation et à la photographie très particulières dont le film est empreint. J'ai mis 3 étoiles 1/2 seulement, même s'il est clair que ce film en mérite 5. J'étais bien conscient, pendant la projection, que j'étais face à un véritable chef d'œuvre. Mais malheureusement j'ai ressenti un peu d'ennui, ce qui n'a pas été le cas des 2 personnes qui m'accompagnaient, qui elles étaient véritablement subjuguées et enthousiastes, allant jusqu'à parler du meilleur film de l'année. Je ne doute pas que ça soit le cas, mais je suis un peu passé à côté, c'est juste une question de ressenti. Un film à voir absolument !
Notre Salut laisse une impression assez mitigée : Arlaud est ennuyeux et lassant à regarder, avec un jeu qui manque de justesse. Surtout, le film souffre de la comparaison avec les films de Louis Malle, dont le traitement de cette question de la collaboration demeure, à mes yeux, inégalable. Là où Malle trouvait une force et une finesse singulières, Notre Salut paraît plus appuyé, ideologisé et beaucoup moins marquant. Beaucoup de plans sont ratés et laids. Là où Malle est grand, Marre est consternant.