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Christian RZ
90 abonnés
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3,5
Publiée le 13 avril 2026
C’est touchant, c’est très bien joué, bien filmé, et paradoxalement dans très peu de salles, or ce film mérite bien plus qu’une sortie confidentielle: où est le loup?!
Un subtile hommage à la fragilité des relations humaines , filiales , amicales confrontées à la différence . Extrêmement sensible et d une vibrante humanité tellement importante à l époque actuellespoiler: .
Très bon film porté par d'excellents acteurs. Je ne connaissais pas Bertrand Belin acteur, je n'ai pas été décue dans son rôle de pére un peu dépassé mais qui n' abandonne pas. Bel hommage à cette mère courage face à un enfant différent et qui ne peut vivre qu'en pleine nature. De magnifiques paysages tout au long du film et une jolie chanson de Bertrand Belin en prime.
Sauvage, c'est un véritable épisode cévenol qui a duré de longues années et qui n'a connu son dénouement qu'en 2023. Le film lui semble fidèle dans les grandes lignes, sauf que son personnage principal, outre les Cévennes, est manifestement celui de la mère de celle que la presse surnommait "La femme des bois." Le choix de vie de Celle-ci, en effet, insaisissable, n'est pas expliqué en profondeur. Camille Ponsin, le réalisateur, dont la culture est surtout celle du documentaire, ne tient pas à juger, mais en contrepartie il nous oblige à nous interroger sur la question de la liberté dans nos sociétés et aussi comment celles-ci ne sauraient accepter de telles déviances. Et ce sont bien les liens indéfectibles entre une mère, elle-même éprise d'indépendance et vivant en communauté, et sa fille, dont elle ne comprend pas la radicalité sans pour autant la condamner, qui prennent toute la place dans un film bien équilibré et qui doit beaucoup aux interprétations sensibles de Céline Sallette et de Lou Lampros. L'on peut juste regretter que cette histoire ne bénéficie pas d'une mise en scène aussi ample qu'on l'aurait souhaité, alors que des dimensions poétiques, voire fantastiques, auraient donné plus de goût à une aventure humaine aussi exaltante que folle.
Un film subtil (aucune caricature) qui pose de nombreuses questions : sur la parentalité, sur la vie dans une communauté, sur la sauvegarde de ses intérêts, de ses valeurs, sur le regard des autres.... Le tout dans une nature qui n'est pas idéalisée. Chapeau !
Vu en avant première. Film très émouvant. Cette histoire nous tient en haleine et nous bouleverse comme elle a bouleversé la vallée dans laquelle elle se passe. Très belle chanson de Bertrand Belin.
Au cœur des Cévennes, Sauvage de Camille Ponsin s’inscrit dans une tradition de récits où la nature n’est pas un décor, mais une force agissante. Anja (Lou Lampros) vit en marge, retirée dans les bois, fuyant les règles sociales et les cadres imposés. Sa mère Sam (Céline Sallette), seule à maintenir un lien avec elle, tente de préserver ce fragile équilibre, malgré la pression croissante des habitants et des institutions. Karl (Bertrand Belin), figure paternelle distante, réapparaît dans un contexte déjà tendu, révélant les fractures d’un système familial et collectif.
Le film dépasse rapidement le simple portrait d’une marginale. Il met en lumière une communauté qui se pensait affranchie des normes, mais qui révèle ses contradictions face à l’imprévisible. Entre idéaux libertaires et besoin d’ordre, la vallée devient un espace de tension, où la peur transforme l’altérité en menace. La figure d’Anja, insaisissable, glisse alors vers une dimension presque mythologique, nourrie par l’imaginaire collectif, entre spectre et « dame blanche ».
Le projet prend racine dans une expérience réelle. Camille Ponsin, issu du documentaire, mène d’abord une enquête de terrain auprès d’une mère et de sa fille vivant en rupture avec le monde. Face à l’impossibilité de capter directement cette réalité, il opte pour la fiction, afin d’introduire une distance nécessaire. L’écriture, co-signée avec Jean-Baptiste Delafon, condense une histoire de quinze ans en un moment charnière, renforçant la densité dramatique sans trahir la matière initiale.
Sur le plan thématique, le film aborde frontalement la question de la psychose, suggérée sans jamais être enfermée dans un diagnostic. Entendre des voix, élément pathognomonique en psychopathologie, et percevoir des fréquences, autant d’éléments qui traduisent une expérience subjective du monde, souvent mal comprise. La réponse institutionnelle apparaît alors limitée, segmentée, incapable d’accompagner la réalité quotidienne des familles. Sam incarne cette solitude, prise entre amour inconditionnel et injonctions extérieures.
La marginalité devient ici existentielle. Elle dépasse le cadre social pour interroger le rapport à la norme, à la propriété, et à la communauté. La vallée cévenole, loin d’être un refuge, agit comme un huis clos, où le groupe impose ses propres règles, parfois plus dures que celles de l’État. La Clède, lieu chargé de sens, résonne comme un espace de bascule, reflet d’une identité en tension et d’une difficulté à nommer l’indicible.
Par son approche sensorielle et son refus du spectaculaire, Sauvage s’impose comme un film âpre et nécessaire. Camille Ponsin signe une œuvre qui questionne sans simplifier, et rappelle que la frontière entre liberté et exclusion reste profondément instable.