Inspiré du livre « Les fleurs de l’ombre » (2020), 13e roman à 59 ans de Tatiana de Rosnay, le film constitue, à travers une dystopie se déroulant à Paris, pendant une pandémie à morbillivirus et une canicule, dans un futur proche (
taxi sans chauffeur, drones de livraison de colis aux fenêtres ou de surveillance policière, contrôle de température cutanée dans le métro, même si cela a déjà été expérimenté en Asie pendant la pandémie de Covid-19
), une réflexion juste sur l’omniprésence des systèmes informatiques dans la vie quotidienne, aidés par l’intelligence artificielle. Cette dernière est présentée comme une aide, en l’occurrence à la création artistique, celle de Clarissa Katsef (Cécile de France, 50 ans), écrivain de livres jeunesse et divorcée, en résidence d’artistes, dans un immeuble de la fondation Ludovico, où chaque appartement est sous contrôle d’une intelligence artificielle servant aussi d’assistant personnel, nommée Dalloway [car Clarissa écrit sur les derniers jours de l’écrivaine anglaise Virginia Woolf (1882-1941) dont un roman s’appelle « Mrs Dalloway » (1925) et qui s’est suicidée par noyade]. Tout est sous contrôle numérique pour le « bien-être » de tous (
test virologique chaque matin, confinement des cas contacts, fermeture de l’immeuble pendant les périodes chaudes de la journée, etc.
) mais au détriment du libre arbitre. Le cinéaste a su créer une ambiance paranoïaque, aux règles liberticides, amplifiée par la musique inquiétante de Philippe Rombi (57 ans, 3e collaboration avec le réalisateur et 13 avec François Ozon). A souligner le clin d’œil à l’écrivain préféré de Tatiana de Rosnay, la Britannique Daphné du Maurier (1907-1989) dont le roman « Rebecca » (1938), porté à l’écran par Alfred Hitchcock (1899-1980) en 1940, comporte un personnage principal, de Winter (M. et Mme) et qui est le nom de la directrice (Anna Mouglalis, 47 ans) de la résidence d’artistes. Quant à la voix de Dalloway, elle appartient à Mylène Farmer (64 ans) !