L'idée du film est née il y a deux décennies, lors de la rencontre entre Sylvie Ballyot et Fida Bizri. En 2006, au milieu d'une autre guerre au Liban, Sylvie a cherché à comprendre les conflits à travers les yeux de Fida. Cette cinéaste française s'est retrouvée « interpellée par cet 'enfer rouge' » et a vu le Liban comme un miroir intensif du monde. Fida, décrite comme une « traductrice dans la langue de la guerre », est devenue le fil rouge du projet pour Sylvie.
Sylvie Ballyot a dû plonger dans la violence à travers les images d’archives, réalisant qu'elle ne pouvait pas se soustraire de cette réalité. Elle a compris que pour témoigner pleinement, il était nécessaire de confronter les aspects les plus bruts des souvenirs de guerre. Cette approche a permis d'amener une lumière nouvelle sur des morceaux de vie qu’elle et Fida cherchaient à comprendre, offrant une vraie profondeur au film.
L'un des choix les plus intrigants du tournage a été d'utiliser un bâtiment détruit par la guerre comme lieu de rencontre entre les miliciens et Fida, le personnage central. Ce lieu, choisi par l'équipe, possédait une symbolique forte, signifiant que les discussions sur les horreurs passées se déroulaient en dehors de tout terrain biaisé. "C’était important que ces rencontres n’aient pas lieu sur leur terrain, mais dans un lieu choisi par nous", explique Sylvie Ballyot, insistant sur l'importance du cadre pour faciliter l'échange et l'écoute. Cette décision a fortement influencé l'atmosphère et la dynamique des dialogues filmés.