My Oxford Year est un film qui aurait pu avoir du potentiel. Quelques scènes sortent un peu du lot, mais elles sont vite noyées dans un ensemble très cliché, prévisible, et parfois franchement maladroit.
On suit Anna, une Américaine qui part à Oxford. Mais pendant tout le film, on se demande si elle est vraiment étudiante : elle ne semble jamais travailler, et le cadre universitaire est peu crédible. L’université sert surtout de décor romantique sans jamais être exploitée de manière réaliste.
C’est une histoire d’amour entre une étudiante et son professeur. Sur le papier, cela pourrait créer un vrai enjeu. Mais dans les faits, il n’a que quelques années de plus qu’elle, et tout le monde semble déjà au courant de leur relation, donc la tension dramatique tombe à plat.
Certains moments frôlent le ridicule : la scène de danse avec un autre homme, par exemple, renvoie à des ressorts vus et revus. De manière générale, le développement de leur relation est trop rapide, On nous délivre même un résumé accéléré en plein milieu du film. On a du mal à y croire ou à s’y attacher.
Sofia Carson reprend encore une fois le même type de rôle dans le même type de film. Je l'aime beaucoup certes, mais son jeu devient répétitif. On a l’impression de revoir sans cesse le même film.
En revanche, l’acteur principal, Corey Mylchreest, tire vraiment son épingle du jeu. Il incarne un personnage nuancé, touchant, avec beaucoup de justesse. Il porte le film sur ses épaules et mérite clairement des rôles plus ambitieux.
Un des rares éléments intéressants du film est l’évocation de l’identité latino-américaine d’Anna, et de l’aspect politique lié à ses origines. Ce fond aurait mérité d’être plus développé, car il donne un peu de consistance au personnage et à l’intrigue.
L'utilisation de la musique de Heartstopper est difficile à comprendre. Ce clin d’œil maladroit fait surtout regretter une série bien plus sincère et réussie, aujourd’hui annulée, alors que ce type de production continue de voir le jour.
La seconde partie du film est nettement meilleure.
La maladie est traitée avec un peu plus de finesse, et les émotions sont enfin là.
Le lien père-fils est particulièrement bien écrit et bien interprété. La scène de la voiture m'a touché. Je terminerais en disant qu’à la fin du film, j’ai immédiatement pensé à un autre film très connu... auquel My Oxford Year ressemble beaucoup.
Difficile de ne pas avoir cette impression de déjà-vu.