Marianna Brennand avait pour projet de réaliser un nouveau long métrage documentaire, son troisième, mais l'entreprise s'est révélée impossible à développer, eu égard au caractère intime et dénonciateur des témoignages qu'elle avait recueillis. Le film est donc devenu une fiction mais proche de la réalité observée, avec notamment les frères Dardenne et Walter Salles à la production. Manas trace le portrait d'une jeune fille de 13 ans, Marcielle, au sein d'une famille qui vit au cœur de l'Amazonie brésilienne, au contact d'une nature luxuriante à laquelle la réalisation donne des allures de paradis. spoiler: Mais c'est plutôt l'enfer que côtoie Marcielle, avec cette alternative dans sa vie entre inceste et prostitution, comme si cette malédiction féminine, à l'âge de la puberté, devait se reproduire de génération en génération. Sur ces maux, la cinéaste met peu de mots et ses images ont aussi une pudeur qui laisse l'innommable hors champ, sans que l'on puisse cependant ignorer sur ce qu'il s'y passe. Le message est d'autant plus fort qu'il ne s'appuie sur aucune complaisance ni voyeurisme, dans une sorte d'ordre des choses inéluctable qui n'en est que plus révoltant. L'interprétation des différentes protagonistes, y compris la mère qui sait tout mais ne peut rien, est absolument remarquable.
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2,0
Publiée le 1 mars 2026
« Je rêve d'avoir 10 ans de moins et toi, tu veux être plus âgée. » Marcielle a eu une enfance idyllique en Amazonie entourée de forêts, de rivières et d'animaux, mais à l'approche de l'adolescence, elle a envie de découvrir de nouvelles choses comme sa sœur aînée qui est partie voler de ses propres ailes. Une liberté qui peut coûter très cher comme le montre à plusieurs reprises Marianna Brennand avec son premier long-métrage qui met l'accent sur le sort des femmes qui sont contrôlées et prisonnières d'un système qui les exploite. Une mise en lumière nécessaire dans un film cependant très moyen et surtout superficiel. Le scénario manque cruellement d'âme avec une succession de scènes plates. C'est peut-être pour appuyer cette banalisation des abus évoquée ici, mais on est trop dans la description et pas assez dans l'émotion. Bref, je n'ai pas été touché ou marqué par ce que j'ai vu.
C’est en Californie que la brésilienne Marianna Brennand a fait ses études de cinéma. Après un documentaire sur le coco, une musique et une danse brésiliennes, originaires du nord-est du pays, elle a réalisé "Francisco Brennand", un long-métrage documentaire consacré à Francisco Brennand, son grand-oncle, un sculpteur et céramiste de grande réputation. Lorsque Marianna Brennand a eu vent de l’exploitation sexuelle des jeunes filles dans plusieurs régions de l’Amazonie, elle a d’abord envisagé de réaliser un documentaire sur ce sujet. Très vite, elle a compris qu’il serait impossible d’obtenir une parole franche et sincère de la part de jeunes filles ayant subi de telles violences. Elle a donc décidé de réaliser son premier long métrage de fiction. Un film ayant pour titre "Manas", un mot portugais dont la traduction est « soeurs », un film à la photographie somptueuse, un film qui compte Walter Salles et les frères Dardenne parmi ses producteurs associés, un film soutenu par l’association Attac et qui a reçu le Prix du scénario lors de l’édition 2024 des Rencontres cinématographiques de Cannes, le Prix de la réalisation lors de la Giornate degli autori de 2024, l’équivalent vénitien de la Quinzaine des cinéastes cannoise, et le Prix du public au Festival des 3 continents à Nantes. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-manas/ Film vu aux rencontres cinématographiques de Cannes.
Filmé au plus près des visages de ces jeunes filles qui subissent, et dans une mise en scène tellement sobre qu'elle confine au documentaire, la réalisatrice s'attache à dénoncer le sort de ces gamines abusées, prostituées. Malgré le choix intelligent de ne jamais rien montrer à l'image, le propos est tellement violent qu'il suspend le spectateur dans un état de malaise permanent. Sans pathos, sans facilité, le film fait mouche et envoie un SOS efficace pour rappeler que malgré la vague mondiale pour dénoncer les violences faites aux femmes, il existe encore des zones de non-droit intolérables.
Sur l’île de Marajô, en Amazonie, grandit Marcielle dite Tielle, jeune fille de 13 ans au milieu de paysages paradisiaques. Elle peut y vivre dans l’insouciance avec sa famille, ses parents, frères et petite sœur....une famille à priori aimante : un père, Marcilio, qui se voit en homme de Dieu, une mère, Danielle, une femme soumise à son mari, enceinte d’un petit frère ou d’une petite sœur, une petite sœur, Carol, et 2 frères...une famille évangéliste qui participe à des offices religieux qui se déroulent dans un incroyable déchainement d’appels à Dieu... elle est scolarisée, le bateau de ramassage scolaire la prend tous les matins...elle part en forêt cueillir des baies ou chasser...bref, une existence simple mais des zones d’ombre la perturbent en particulier le sort de sa sœur ainée Claudia qui a quitté la famille sans donner de ses nouvelles...Et sa vie va tourner à l’enfer quand son père, alors que sa jeune mère est enceinte, abuse d’elle...la mère se crispe mais laisse faire...elle-même dans sa jeunesse a été victime de son père...en même temps l’on découvre des allers retours de jeunes filles du village vers des barges qui de temps à autre remontent le fleuve...elles vont vendre le produit de leur pêche, mais on prend conscience que n’est pas seulement dans la vente de produits de la pêche que les adolescentes habitant au bord du fleuve se font de l’argent en allant sur les bateaux : eh oui, inceste et prostitution sont monnaie courante dans cette population qui ne cesse de faire appel à Dieu, et la police s’avère impuissante face à ces phénomènes. La réalisatrice brésilienne Marianna Brennand qui réalise là son premier film de fiction vient du documentaire et cela se sent...il y a derrière ce film des années de recherche et de documentation sur les abus sexuels et l’exploitation des enfants et adolescentes de cette région l’une des plus pauvres du Brésil. Marianna Brennand donne une fiction sensible, nourrie du réel le plus cruel... elle fait le choix de la suggestion et de l’ellipse : on ne voit jamais les abus subis par Tielle, ou ses camarades, on les devine, ce qui, en fait, s’avère beaucoup plus fort. La photographie est somptueuse, et la jeune Jamilli Corréa qui joue Marcielle, au regard à la fois mordant et mélancolique y fait des débuts éclatants. C’est malheureusement un film à la diffusion quasi confidentielle...
(Vu au festival des 3 continents) "Manas" allie la beauté formelle (on ressent presque physiquement les palpitations de la forêt et les remous du lac) et un récit dont la dramaturgie violente prend sa place peu à peu, de manière irrémédiable mais sans aucun effet mélodramatique. En effet, on est ici plus proche du documentaire, premier amour de la réalisatrice, que du pamphlet féministe ou politique. Et pourtant, avec des moyens discrets, le film réussit parfaitement à interroger la condition de la femme et des filles dans ce Brésil hors du monde, où l'acceptation par les aînées s'accompagne d'un terrible silence.
Marcielle vit avec sa famille sur une île amazonienne, elle loge dans une maison simple sur pilotis, dort dans un hamac et va à l’école en bateau. Sa sœur est partie. Elle a fuit ce monde étriqué où les pères abusent de leurs filles alors que la religion les couvre et que les mères se taisent puisqu’elles ont subi la même chose. Dans certaines parties de notre Monde naître femme est une malédiction et ce premier film, comme le jeu de son actrice principale, en parlent de manière admirable.
Très beau film qui vaut le visionnage pour plusieurs raisons : -ce film fait voyager, le spectateur se retrouve en immersion sur cette île en pleine forêt Amazonienne -les plans sont très beaux -Le scénario est fait tout en délicatesse pour plonger le spectateur dans cette famille aux nombreux enfants et on réalise peu à peu les rapports qui existent entre le père et la fille -forte dimension politique et sociétale de ce film qui dénonce les pratiques d'inceste au sein des familles amazoniennes, sous le consentement de la mère !!
Un film utile au sujet traité de façon aussi limpide qu'il est par essence scabreux : les abus sexuels intrafamiliaux. La toute fin du film emporte définitivement l'adhésion quand j'ai pu, pour ma part, être quelque peu ennuyé par le traitement très naturaliste de l'ensemble. A me demander un peu trop où était le regard cinématographique. Le film n'en demeure pas moins intellectuellement honnête et dramatiquement fort.
Film magnifique et pudique sur un sujet grave. La jeune actrice qui joue de rôle de Tielle est remarquable. Vu en avant-première le 28/02/2025 à l'Omnia de Rouen dans le cadre du 11ème festival du film de femmes. À voir et à faire voir.
Le passage d'une enfance heureuse et insouciante d'une jeune fille à une adolescence infernale dans le huis clos pesant de son entourage sur les rives de l'amazone.
Sur un ponton avec sa mère, Marcielle fait face à la rivière qui traverse la forêt amazonienne. 1h40 plus tard, la même adolescente se tiendra au même endroit, cette fois face à sa mère, dans une position de défi - une réponse à cette phrase terrible dans laquelle la mère a résumé son impuissance, sa résignation, son aliénation : "ma fille il y a des choses que tu ne pourras pas changer". Mais en fait si, Marcielle a décidé que ça allait changer. Et elle s'est donné les moyens de son émancipation. Du cadre naturel à priori paradisiaque de Marajó, une grande île côtière coincée entre Belem, au nord du Brésil, et la Guyane française, Manas fait une prison à ciel ouvert, sans rien idéaliser d'une société qui se tient à l'écart de la "modernité", mais n'est pas préservée des rapports de pouvoir, de la violence, du ce premier film de fiction, primé à Cannes, Venise et Nantes, la documentariste brésilienne Marianna Brennand a enquêté pendant des années sur le terrain et recruté des comé , dont l'épatante Jamilli Correa. Sa mise en scène manie l'ellipse avec subtilité, nous épargnant le plus pénible pour se concentrer sur l'énergie et le courage d'une très jeune femme lumineuse.