Deux femmes et quelques hommes
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2026
Avec Deux femmes et quelques hommes, Chloé Robichaud revisite un classique du cinéma québécois, Deux femmes en or de Claude Fournier, en le confrontant aux préoccupations contemporaines. Le résultat n’est ni une provocation gratuite ni un manifeste idéologique, mais une comédie de mœurs précise, parfois cruelle, toujours attentive aux failles humaines.

Florence, interprétée par Karine Gonthier-Hyndman, traverse une période d’anesthésie émotionnelle. Sous antidépresseurs, elle ne ressent plus grand-chose, ni dans son corps ni dans son couple. Violette, incarnée par Laurence Leboeuf, affronte l’isolement du post-partum, la pression de l’allaitement et la distance qui s’installe avec son mari, Benoît, joué par Félix Moati. Leur proximité agit comme un révélateur. Chacune regarde chez l’autre ce qui lui manque, énergie, désir, courage ou fuite.

Le film interroge frontalement la monogamie, non pas pour la condamner, mais pour en montrer les tensions internes. Lorsque la communication se délite, le cadre devient étroit. Le polyamour apparaît alors comme une hypothèse théorique, évoquée à travers la lecture d’un essai de Catherine Dorion. Rien n’est présenté comme solution miracle. Au contraire, le récit rappelle que toute ouverture suppose confiance et règles claires. Sans accord partagé, la liberté revendiquée bascule dans la tromperie.

Chloé Robichaud adopte une mise en scène qui dialogue avec les années 60 et 70, tournage en 35 mm, couleurs affirmées, échos visuels à une autre époque. Cette distance esthétique permet de poser une question simple, le sort des femmes a-t-il réellement changé, ou seulement ses apparences ? Le désir féminin est filmé sans fétichisation complaisante, mais sans pudeur excessive non plus. Derrière les scènes intimes, il y a surtout une quête d’existence.

Félix Moati apporte une nuance bienvenue au personnage masculin. Benoît n’est ni monstre ni victime, mais un homme traversé par ses contradictions. Ce choix évite le manichéisme et renforce la dimension universelle du propos.

Au fond, le film parle moins de sexualité que de sensation. Que reste-t-il quand la routine éteint le frisson ? Faut-il tout bouleverser pour se sentir vivant ? Sans délivrer de réponse définitive, Deux femmes et quelques hommes propose une réflexion subtile sur le couple moderne, ses limites, ses illusions et ses possibles redéfinitions.

Dans ce film, Chloé Robichaud ne condamne ni ne glorifie aucun modèle. Elle observe ce moment précis où l’ouverture proclamée se heurte à l’ego, à la jalousie, à la peur de perdre sa place. Le discours sur la liberté amoureuse paraît moderne, presque théorique, nourri par les réflexions autour du couple contemporain, mais la pratique dévoile autre chose. Partager suppose une solidité intérieure, une parole claire, un consentement renouvelé. Ici, chacun avance masqué, persuadé de pouvoir dissocier désir et loyauté. Lorsque la vérité surgit, ce n’est pas la modernité qui domine, c’est la blessure. Le film montre ainsi que le polyamour mal assumé ne révèle pas une avancée, mais notre difficulté profonde à accepter que l’autre ne nous appartienne pas.

Vu en projection de presse en février 2026
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 août 2025
« Ce n'est pas parce qu'il y a un hamster qu'il n'y a pas de corneille. » Violette et Florence sont deux voisines qui nouent une amitié improbable après avoir été délaissées par leurs maris. Deux femmes insatisfaites qui se comprennent dans leurs désirs respectifs et dans leurs frustrations mutuelles. Je n'ai pas vu l'original à ce jour, mais ce remake explore avec humour et authenticité le désir féminin, la maternité, la dépression et la difficulté des relations. Si c'est aussi parfois sérieux, j'ai largement préféré l'aspect comédie. C'est frais, léger, amusant, bien écrit et incarné par de convaincantes actrices. Sans surprise, c'est quand les enjeux deviennent plus sérieux que j'ai un peu décroché. C'est principalement dû au fait que l'histoire est très répétitive et que les thèmes sont abordés de manière superficielle. Une occasion manquée de faire une œuvre riche en émotions, mais "Deux femmes en or" est une comédie rafraîchissante. Au final, c'est inégal et un peu trop dans la retenue, mais appréciable.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 août 2025
Deux femmes en or reprend le thème du film-culte québécois de 1970, qui porte le même titre. Ce portrait croisé de deux mères, voisines et séparées de quelques années, s'enclenche sur un cri de corneille, incongru, et se poursuit à travers l'examen de leur frustration, notamment due à une absence de libido au sein de leur couple. Pour y remédier, heureusement, il y a toujours des artisans prêts à donner un coup de main. Le film s'efforce d'être léger, avec une couche de féminisme, dans excès. Il est drôle, assez souvent, inégalement rythmé, dans un esthétisme qui renvoie volontairement à 50 ans en arrière. Les hommes sont un peu en arrière-plan, nullement antipathiques, malgré des défauts majeurs, à commencer par leur égoïsme. C'est l'anatomie d'un couple qui est ainsi scruté, via le désir féminin, mais aussi du point de vue social, sans non plus s'ériger en donneur de leçons. Les meilleures scènes sont celles où apparaissent ensemble les deux héroïnes, joliment interprétées par Karine Gontier-Hyndman et Laurence Leboeuf. À noter aussi la présence de Félix Moati, impeccable en conjoint pas vraiment à l'écoute. C'est bien là que réside le principal problème dans ces deux ménages : le manque de communication.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 869 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juin 2025
Vu à Montréal.

Il y a eu le film de 1970, une comédie érotique de Claude Fournier et Marie-José Raymond qui avait fait couler beaucoup d’encre, ce type de proposition cinématographique frôlant quelque peu le sacrilège à une époque où la religion et les bonnes mœurs planaient fortement au Québec. Puis il y a eu la pièce de théâtre à succès qui s’en était inspiré et avait fait grand bruit, sortie il y a sept ans et qui a eu un grand succès. Plus qu’un remake, « Deux femmes en or » version 2025 est une nouvelle vision de l’histoire cinquante ans après alors que les mœurs ont grandement évolué. Elle ressemble forcément plus dans la tonalité et la manière d'appréhender le sujet à la version théâtrale qu’au film original puisque l’histoire se situe à notre époque et que c’est l’autrice de la pièce, Catherine Léger, qui est au scénario.

On retrouve donc toujours deux femmes au train de vie monotone, l’une femme au foyer venant d’accoucher et trompée, l’autre en télétravail, sous anti-dépresseurs avec un mari qui ne la désire plus. « Deux femmes en or » se positionne donc comme un film de femmes mais pas que pour les femmes. Féministe mais pas monté contre les hommes. Le long-métrage prône l’émancipation féminine, la réappropriation du désir et une sexualité débridée sans jamais sombrer dans la vulgarité. Et le scénario de Léger parvient à prendre le pouls de notre société et des nouveaux enjeux contemporains avec brio et beaucoup d’acuité (de l’emprise des médicaments sur nos vies et notre sexualité en passant par l’évolution de celle-ci mais aussi de la place de la femme dans le couple).

La réalisation de Chloë Robichaud est colorée et se pare de quelques bonnes idées de mise en scène qui tente de contrer le caractère parfois théâtral de la chose. On n’est pas devant un long-métrage à l’appétence formelle débordante c’est sûr, mais on peut saluer ces quelques efforts qui empêchent « Une femme en or » d’être trop statique et terne visuellement. On rit beaucoup (c’est avant tout une comédie) devant les pérégrinations coquines de ces deux nouvelles amies et voisines, chacune ayant quelques moments bien croquignolets à se mettre sous la dent. Certaines séquences devraient même rester dans les mémoires comme celle du plombier, tordante.

Le duo d’actrice en tête d’affiche ne lâche rien et ose tout pour satisfaire un script tout de même libertin et parfois graveleux mais qui, dans le cadre de l’humour, passe plutôt bien. On retiendra surtout Karyne Gontier-Hyndman déchaînée et l’acteur français Felix Moati, dans une partition très drôle. Il y a peut-être quelques longueurs dans la dernière partie et des enjeux qui font du surplace mais le film se termine avant qu’on ait le temps de s’ennuyer, non sans nous avoir diverti et fait réfléchir sur la condition de la femme d’aujourd’hui (et ses désirs).

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Cadreum
Cadreum

60 abonnés 779 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 octobre 2025
Qui est le film ?
Deux femmes en or de Chloé Robichaud s’inscrit à la fois dans la continuité et la rupture. Continuité d’un cinéma québécois qui interroge le couple et les mutations du féminin, et rupture vis-à-vis du film original de Claude Fournier (1970), farce érotico-burlesque symptomatique d’une époque où la libération sexuelle se rêvait en révolution joyeuse. En revisitant ce mythe mineur, Robichaud fait le diagnostic d’un monde post-libératoire où l’ennui a remplacé l’émancipation. Deux voisines, Violette et Florence, cherchent à ranimer un désir qui semble s’être dissous dans la fatigue du couple, la gestion domestique et l’éthique du bien-être. En surface, Deux femmes en or promet une comédie de mœurs, mais son rire masque la mélancolie d’un désir épuisé.

Que cherche-t-il à dire ?
Ce que Chloé Robichaud ausculte, c’est la panne du désir comme symptôme d’époque. Là où Fournier filmait la curiosité sexuelle comme un geste libérateur, Robichaud filme son assèchement. Cinquante ans ont passé, et si les femmes ont conquis leur autonomie, leur liberté s’est parfois muée en surcharge : charge mentale, charge affective, charge d’image. Le désir n’est plus réprimé par le patriarcat, mais absorbé par la rationalité du quotidien. Ce que Deux femmes en or met à nu, c’est l’aliénation invisible du confort moderne, où la performance affective a remplacé la passion, et où l’égalité n’empêche pas la solitude.

Par quels moyens ?
La banlieue pavillonnaire du film original devient une coop d’habitation écologique où tout est durable, sauf le désir. Tout y respire la gestion émotionnelle et la bienveillance. En privant ses héroïnes de désordre, Robichaud montre comment le progressisme lui-même peut devenir une cage.

La caméra de Robichaud, souvent frontale et fixe, cadre les héroïnes dans des gestes mécaniques : allaiter, plier, traduire, ranger. Le corps n’est plus pulsion mais des habitudes bien ancrées. Lorsque le désir ressurgit, il se heurte à ces automatismes.

L’humour, omniprésent, vise autant à divertir, qu'à désamorcer la honte. Les hommes de passage (plombier, livreur, agent d’entretien) deviennent les figures grotesques d’une libido réchauffée au micro-ondes. Robichaud détourne la farce sexuelle pour révéler la gêne, la maladresse, la désuétude du fantasme.

Violette et Florence incarnent deux visages du féminin contemporain : la mère épuisée et la professionnelle désaffectée. L’une est saturée de présence, l’autre de solitude. Elles ne s’opposent pas, elles se répondent. Leur amitié progressive, presque accidentelle, agit comme une forme de thérapie partagée, un apprentissage du manque. C’est dans leur dialogue que le film trouve son souffle : deux voix qui tentent de se réaccorder à leurs corps.

Où me situer ?
Je regarde Deux femmes en or avec un mélange d’admiration et d’inquiétude. Admiration pour ce geste d’archéologie du féminin, pour cette volonté de filmer l’épuisement sans le travestir. Je l'admire pour tous ses rires qu'il m'a procuré.
Mais il n'estpas exempt de quelques flottement, de rupture de ton maladroit, mais plutôt que d’affaiblir le film, ça le rend paradoxalement plus sincère. Il exprime la tension même de son sujet : comment mettre en scène une libido qui vacille, un désir qui ne sait plus à quel corps se vouer ? Robichaud ne prétend pas savoir. Elle observe, écoute, et c’est peut-être là sa plus grande justesse.

Quelle lecture en tirer ?
Robichaud ne filme pas des femmes frustrées, mais des femmes désaccordées : désaccord entre ce qu’elles veulent, ce qu’elles croient vouloir, et ce que la société attend qu’elles désirent. Le film, alors, ne propose pas de solution. Et là où d’autres films cherchent à raviver la flamme, Robichaud choisit également de filmer sa cendre.
Franck.O
Franck.O

6 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2025
Frais, surprenant, touchant, vivant, tentant, réellement troublant et questionnable finalement.....
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 février 2026
A la vision de ce film, on se demande pourquoi une réalisatrice travaillant sur la libido des femmes et sur leur libération sexuelle se croit obligée d’emprunter ce qu’il y a de pire dans un certain cinéma masculin : la vulgarité et la lourdeur. critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film. Film vu aux Rencontres Cinématographiques de Cannes.
Gregory S
Gregory S

55 abonnés 765 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2026
Très étonné par les critiques moyennes des spectateurs, c'est pas un grand film mais c'est une bonne comédie très bien jouée avec des dialogues savoureux. Et je pense que beaucoup de femmes et même des hommes peuvent se retrouver dans cette histoire de couples qui ont perdu leur libido à force du quotidien. Bref à voir même si on peut reprocher la fin un peu longuette.
Seydou TRAORE
Seydou TRAORE

1 abonné 36 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2025
Film passionnant interressant et drôle. Un film canadien, des relations amoureuses et des discussions.
Simone Viale
Simone Viale

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 novembre 2025
Le pire film de ma vie ! une accumulation de scènes vulgaires et sans intérêt. Pas de fil conducteur, pas d'intrigue, rien. Dialogues souvent incompréhensibles pour qui n'est pas familiarisé avec l'accent canadien. Mais pas grave, il n'y a rien à comprendre.
Philippe
Philippe

2 abonnés 42 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 mars 2026
Des réflexions intéressantes sur la sexualité dans le couple. On s'amuse de la libido féminine.
Distrayant mais pas de haute volée!
Eva Foulon
Eva Foulon

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mars 2026
superbe révisitation du film culte "deux femmes en or" sous une regard du 21ème siècle, abordant avec un humour léger et québécois, les thèmes féministes. L'émancipation sexuelle des femmes de 40 ans filmé avec bienveillance et profondeur.
En allant voir ce film vous ressortirez joyeux, de bonne humeur et une libido comme neuve !
michel camus
michel camus

18 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mars 2026
Deux femmes délaissé par leur conjoint s'ennuient. Elles décident de voir ailleurs. Les scènes d'adultère sont sympathiques mais répétitives. Il manque dans le scénario des rebondissements.
Syril Tiar
Syril Tiar

2 abonnés 2 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juillet 2025
Adaptation très réussie avec des textes et des comédiennes aux petits oignons
on passe un très bon moment
Yvancoulaux
Yvancoulaux

1 abonné 11 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mars 2026
Avec cette comédie, Chloé Robichaud propose une variation vive et impertinente de la comédie de mœurs. Le film explore la vie domestique, la sexualité et les frustrations du quotidien à travers un regard résolument féminin, direct et dénué de moralisation. Le film se distingue notamment par des dialogues incisifs et un sens du rythme qui dynamisent l’ensemble. Cette efficacité repose aussi sur l’engagement des interprètes, qui donnent aux personnages une présence à la fois drôle et sensible.
Adaptée d’une pièce de théâtre à succès, l’œuvre conserve une grande vivacité dans l’écriture tout en profitant d’une mise en scène énergique. Le résultat est une comédie à la fois provocatrice et douce-amère, qui aborde sans détour les tabous liés à la sexualité féminine et offre un portrait à la fois lucide et amusé de la condition féminine contemporaine.
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