Forcément, le premier long métrage de fiction du fils de Ryūichi Sakamoto attise la curiosité. Son regard sur le Japon, d'autant plus dans le cadre d'une dystopie, est aussi empreint de recul puisque Neo Sora possède la nationalité américaine et que son film a été développé au Sundance Institute. D'où son caractère hybride, sans doute, et l'impression qu'il se détache assez singulièrement de la production japonaise. Le film se situe dans un proche futur, dans un pays où les libertés se restreignent, sous prétexte de l'imminence du tremblement de terre du siècle. Un climat transposé au sein d'un lycée où les élèves sont de plus en plus sous surveillance, leur moindre geste épié par la vidéo. Un contexte orwellien qui se heurte à un récit d'apprentissage, avec un groupe de jeunes qui défient l'autorité, mais pas de la même manière pour ses membres. Happyend tente de trouver un équilibre entre l'intime, une histoire d'amitié remise en question, et le social, où la xénophobie, en particulier, joue un rôle notable. Parti sur un faux rythme, le film, bien que correctement réalisé, a du mal à trouver sa voie et se révèle assez peu palpitant, bien que non dénué d'enjeux. Il a été plutôt bien accueilli, cependant, comme un essai prometteur, en tout cas. On peut aisément lui laisser le bénéfice du doute et comprendre l'enthousiasme relatif qu'il génère par le fait d'être passé à côté, peut-être par un manque de motivation ponctuelle.