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2,0
Publiée le 1 juin 2025
À première vue, le Japon de "Happyend" n'est pas si différent de celui qu'on connaît et pourtant... À vrai dire, on n'a pas vraiment un aperçu général puisque l'histoire se déroule dans une école, mais il y a un climat xénophobe qui arrive justement jusque dans l'établissement. Certains élèves sont traités différemment et ça ne s'arrange pas lorsque le proviseur installe un système de surveillance digne de Big Brother. Un acte de "guerre" qui entraîne une trop gentille rébellion des élèves mécontents de voir leurs libertés entravées. Entre le commentaire social et la satire sur l'autoritarisme institutionnel et le racisme systémique, Neo Sora choisit le récit de passage à l'âge tranquille sur ce groupe de jeunes, ce qui donne une version aseptisée des événements et un film limité par son développement simpliste et superficiel qui n'exploite jamais le potentiel de l'histoire.
Film un peu lent parfois par rapport au thème assez dynamique développé (la restriction des libertés et l'envie de révolte). L'interprétation est impeccable cependant. Un bon moment. On découvre même que le racisme est présent dans un pays comme le Japon.
Certes, on a de la sympathie pour ces élèves d'un lycée japonais qui, dans un futur proche, se révoltent contre le flicage à base de reconnaissance faciale dont ils sont l'objet, contre la xénophobie et le racisme qui règnent dans leur environnement. Certes, on fait partie de celles et ceux qui ont apprécié la très belle image de ce premier long métrage de Neo Sora, le fils du célèbre musicien et compositeur Ryūichi Sakamot. Par contre, on ne pourra pas s'empêcher de trouver bien gentillette cette révolte contre l'ordre établi et on en voudra au réalisateur d'avoir attendu la dernière demi-heure de son film pour se décider à organiser correctement son récit, pour faire de son film autre chose qu'une succession de scènes peu compréhensibles si on n'est pas japonais ou grand connaisseur de ce pays.
Avec Happyend, Neo Sora signe un premier long-métrage audacieux qui détourne les codes du film scolaire pour en faire une fable sur la jeunesse japonaise. Loin des récits classiques de violence ou de harcèlement, il s’attache à l’intimité d’un groupe d’amis confrontés à une école placée sous surveillance totale. Yuta (Hayato Kurihara) et Kou (Yukito Hidaka), deux camarades inséparables, voient leur relation s’effriter face à une autorité incarnée par un proviseur autoritaire (Shiro Sano) et par une intelligence artificielle omniprésente. Entre désir d’émancipation et conformisme, cette génération choisit de transformer le silence en contestation, à travers des gestes simples devenus actes de résistance. Dans ce climat de peur marqué par l’ombre des séismes et le poids des traumatismes collectifs, Happyend explore la tension entre menace et joie, discipline et rébellion. Un film qui révèle la fragilité des amitiés, mais aussi la puissance de leur éclat face à la norme.
Après un mauvais coup de ses élèves un directeur d’école tokyoite installe une IA pour placer son établissement sous surveillance. Un film d’anticipation donc dans une ville qui est déjà en soi anticipatrice. Si le film a la bonne idée d’illustrer entre autre la méfiance, pour ne pas dire l’ostracisme, de la société nippone vis à vis des étrangers il se déroule d’une manière si asthénique qu’il est plus facile de dormir devant que de l’aimer.
Forcément, le premier long métrage de fiction du fils de Ryūichi Sakamoto attise la curiosité. Son regard sur le Japon, d'autant plus dans le cadre d'une dystopie, est aussi empreint de recul puisque Neo Sora possède la nationalité américaine et que son film a été développé au Sundance Institute. D'où son caractère hybride, sans doute, et l'impression qu'il se détache assez singulièrement de la production japonaise. Le film se situe dans un proche futur, dans un pays où les libertés se restreignent, sous prétexte de l'imminence du tremblement de terre du siècle. Un climat transposé au sein d'un lycée où les élèves sont de plus en plus sous surveillance, leur moindre geste épié par la vidéo. Un contexte orwellien qui se heurte à un récit d'apprentissage, avec un groupe de jeunes qui défient l'autorité, mais pas de la même manière pour ses membres. Happyend tente de trouver un équilibre entre l'intime, une histoire d'amitié remise en question, et le social, où la xénophobie, en particulier, joue un rôle notable. Parti sur un faux rythme, le film, bien que correctement réalisé, a du mal à trouver sa voie et se révèle assez peu palpitant, bien que non dénué d'enjeux. Il a été plutôt bien accueilli, cependant, comme un essai prometteur, en tout cas. On peut aisément lui laisser le bénéfice du doute et comprendre l'enthousiasme relatif qu'il génère par le fait d'être passé à côté, peut-être par un manque de motivation ponctuelle.
Dans un futur proche à Tokyo, deux lycéens vivent leur adolescence entre musique et insouciance avec leurs autres amis. Mais autour d’eux, le climat change. Après un incident inexpliqué, leur établissement se dote d’un système de surveillance de plus en plus intrusif. Caméras, contrôles, restrictions : l’école devient le reflet d’une société qui glisse doucement vers l’autoritarisme. Avec "Happyend", Neo Sora préfère la sensation au discours. Le film capte l’adolescence dans ce qu’elle a de plus précieux : ce moment suspendu où tout semble encore possible, juste avant que la réalité ne s’impose. Parfois un peu trop contemplatif, il n’en reste pas moins une œuvre lucide.
"'Happyend" nous présente une dystopie qui penche malheureusement plus vers la réalité que vers la science-fiction. Le cinéaste engagé Neo Sora pointe du doigt certaines problématiques de la société japonaise actuelle (mais pouvant s'étendre à la plupart des pays du globe) en les grossissant. Il y dénonce une surveillance croissante, un totalitarisme se développant de plus en plus, la mise en place d'un crédit social comme en Chine, une xénophobie omniprésente et une augmentation de la bipolarisation. Le tout à vue de lycéens ; l'âge à cheval entre l'enfance et les responsabilité. "Happyend" est d'ailleurs centré sur cette jeunesse plurielle. Certains s'engagent dans des combats sociaux et politiques quand d'autres prennent le parti de profiter sans se soucier du lendemain. La plupart suivront le mouvement. Un bon film aux personnages attachants. La redondance du propos et du scénario rendent le long métrage parfois longuet d'autant que le rythme y est un brin lent. Bien.
Un bon teen movie sur les dérives de l'idéologie sécuritaire. Le récit est mené tambour battant et le réalisateur parvient à combiner ironie critique et punch dans la mise en scène.
Happyend est un film d'anticipation qui surprend tout d'abord par son réalisme, tant les avancées technologiques qu'il imagine semble à portée de main. Ici, Pas de gadgets futuristes ni de robots clinquants, mais simplement un système de vidéosurveillance qui installe peu à peu un système liberticide et autoritariste.
Au-delà, de la charge politique, le film porte également un regard poétique et profondément humain sur la jeunesse japonaise contemporaine. Une génération sous tension, tentée par la désobéissance, et prise entre l’envie de liberté et le poids d'un monde qui la surveille, dans un système qui vient rebattre les cartes de l’amitié et de la solidarité.
Le rythme, un peu trop contemplatif, détonne avec le propos et l'énergie de cette jeunesse que le film cherche à capter. Le récit, parfois fragmenté et elliptique, n'hésite pas à prendre son temps, au risque d'amoindrir la tension dramatique.
En résumé, Happyend est un premier film élégant et maîtrisé, porté par une réelle sensibilité, mais sa tendance à la contemplation empêche parfois l’émotion et la révolte qu’il invoque de prendre toute leur ampleur.
«Résistance» Nous sommes au Japon et suivons des lycéens faisant face à une montée de la répression au sein de leur école suite à une grosse farce faite au proviseur par l’un deux. On parle ici du passage de l’adolescence à l’âge adulte, de sociétés de plus en plus surveillées par l’Intelligence artificielle, de rébellion ou de soumission. Un bon premier film qui traite aussi de la fragilité des amitiés à l’épreuve du temps et de la maturité.
Ce film japonnais relate la vie d’un collège de Tokyo où deux collégiens bousculent l’ordre établi. Suite à des mesures drastiques avec un accroissement d’entraves à la liberte individuelles, les collégiens vont entamer une révolte contre ces privations de liberté. Le film décrit bien l’esprit japonais dans cette histoire un peu futuriste. Malgré un rythme parfois un peu lent, le film reste intéressant à visionner avec de bons interprètes.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 09/09/2025 au Club Marbeuf à PARIS)
Superbe coming-of-age dystopique sur une jeunesse s’éveillant (ou pas) à la politique dans une société qui se totalitarise. Aussi drôle qu’émouvant, un très beau premier film à soutenir absolument en allant le voir en salles !!!