Le Nouvel An chinois approche, l’occasion pour les milliers d’ouvriers expatriés de quitter les ateliers textiles pour retourner dans leur province natale, le temps des retrouvailles familiales tout en célébrant la nouvelle année.
Après 5 ans de tournage (entre 2014 à 2019), pendant lesquelles il a cumulé 2600 heures de rush et donnant lieu à une trilogie, le documentariste chinois Wang Bing (À la folie 瘋愛 - 2013) vient clore sa trilogie.
Après avoir braqué les projecteurs sur l’aliénation à la tâche de la jeunesse chinoise (Le Printemps : 春) et le capitalisme chinois et ses esclaves des temps modernes (Les Tourments : 苦), comme son titre l’indique, Retour au pays : 归 est l’occasion pour eux (les ouvriers exploités) comme pour nous spectateurs, de quitter le temps d’une parenthèse, la cité-dortoir de Zhili (située à 150 km de Shanghai), le temps des festivités.
A l’image des précédents opus, le réalisateur met en lumière les conditions ouvrières déplorables de cette jeune main d’oeuvre exploitée face à des petits patrons peu scrupuleux. La différence la plus flagrante ici, c’est le grand bol d’air frais que nous procure ce voyage dans l'immensité du Yunnan. Terminé l’enfilade d’ateliers exiguës & claustro, avec ses dortoirs insalubres, on se retrouve plongé dans la province chinoise bordée de montagnes. Alors certes, c’est loin d’être la Côte d'Azur, mais après deux opus rythmés au son des machines à coudre, on ne boude pas notre plaisir de changer d’air.
Un opus qui clôt merveilleusement cette fresque documentaire, dont la durée totale dépasse allègrement les 9h.
"Retour au pays" est le troisième volet d’une trilogie monstre, d’une durée totale de près de dix heures. J’avais vu le premier volet à sa sortie en janvier 2024, mais avais renoncé au deuxième en avril dernier.
La raison en était que j’avais trouvé le premier certes intéressant mais trop long (3h32). La durée du deuxième m’avait rebuté (3h47). C’est seulement parce celle du troisième était plus comestible (2h32) et que les critiques étaient si élogieuses que je me suis fais violence pour le voir.
Je n’ai pas grand-chose à en dire de plus que je n’ai déjà dit dans ma première critique. Wang Bing a filmé pendant cinq ans, entre 2014 et 2019, les ouvriers d’une cité-dortoir du Zhejiang, près de Shanghai, spécialisée dans l’industrie textile. Souvent originaires de la « Chine de l’intérieur », ils sont employés dans une myriade de petits ateliers indépendants, répondant à la commande au plus bas prix.
"Jeunesse" dresse un portrait très dur de cette jeunesse-là, rude à la tâche, obsédée par le maigre salaire qu’un travail harassant lui permet de gagner, et par les moyens de ne pas le gaspiller trop vite, dans la boisson ou le jeu. Jeunesse a les qualités des grands documentaires : réussir, à partir de petits faits quotidiens captés sur le vif, à parler de l’universel, ici la condition ouvrière dans une société hyper-capitalistique.
Mais, à mes yeux, "Jeunesse" souffre d’un handicap rédhibitoire : sa durée. Je ne vois pas en quoi ses dix heures le servent. Je vois au contraire trop bien en quoi elles le desservent : pousser à bout la résistance du spectateur qui, passé la première heure, s’ennuie ferme, s’impatiente et/ou s’endort.
Le dernier volet de cette trilogie documentaire chinoise est tout aussi passionnant que les précédents. Le réalisateur pose un regard bienveillant mais jamais ouvertement militant sur ces jeunes en situation de précarité mais toujours dignes dans leur désir de mener leur vie. Très touchant.
Intéressante dernière partie du film-fleuve de Wang Bing qui souffre cependant de l'absence de point de vue ou de directives du cinéaste. En effet, filmer de jeunes ouvriers/ouvrières dans leurs ateliers sinistres, dans leurs piaules encore plus glauques, puis lors de leurs retrouvailles dans leurs familles respectives, cela n'est pas insignifiant. Pour autant, aucune hiérarchie n'est accordée aux images et les dialogues entre les différents personnages, qui n'abordent quasiment que le thème des revenus annuels de chacun(e), finissent par tourner en boucle.
Wáng Bīng conclue remarquablement sa trilogie, par son art du montage il parvient à amalgamer tout ce qui faisait les deux premiers volets sans pour autant se répéter. Cette fois, comme le titre l'indique on va plus au pays, mais les allers-retours avec les ateliers (moins vivants cette fois) sont fréquents. Et comme s'il savait qu'on a besoin d'un brin d'espoir à travers leur énergie, ce sont les jeunes qu'il convoque pour clore ces presque 10 heures de film.
En parlant de durée, si ce "Retour au pays" est le plus bref de la trilogie il est aussi le plus dense. C'est un constat, pas un jugement, car j'aime aussi particulièrement quand l'un des plus grands documentaristes de notre époque prend tout son temps.
Loin du premier volet, cette conclusion au documentaire raconte le retour au pays de celles et ceux qui travaillent dans les ateliers de textiles dans la région de Zhili. Chaque année, ils rentrent voir leurs famille, au risque de ne pas retrouver leur travail au retour. Mais ce voyage, est le moyen de renouer avec ses origines, ses traditions, parfois bien étonnantes… Le défaut principal de ce dernier chapitre, c’est qu’en quittant les ateliers, le documentaire perd son intérêt…
Troisième et dernier volet de " Jeunesse" , dans retour au pays Wang Bing suit plusieurs jeunes ouvriers qui travaillent dans les ateliers de textile du pays et retournent dans leur région ( ici le Yunnan ) passer le nouvel an.
Portraits d'une vie difficile, dans des conditions de travail précaires ou les salaires sont très faibles.
Je n' ai pas vu les deux premiers volets, mais celui ci incite à réparer ce manque.
cet homme , Wang Bing allie à un talent de cinéaste beaucoup de courage et de volonté. La peinture de ces ouvriers chinois, les conditions de vie qui leur sont imposées. Leur volonté de vivre malgré tout. Cela a permis un document politique d'un très intérêt. C'est beau émouvant et donne au cinéma sa place comme une œuvre majeure témoignant d'une époque dont les enjeux sont considérables pour l'avenir de l'humanité
Film d’une densité folle et très instructif en termes de contexte. Un peu trop dense sans doute, ce film se mérite, j’en suis ressortie à la fois groggy et heureuse. Étonnant contraste. L’affiche est très belle.