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Zola Ntondo
76 abonnés
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3,5
Publiée le 11 juillet 2025
Avec Other, David Moreau confirme sa maîtrise du cinéma de genre comme laboratoire de l’inquiétude psychique. Le film explore avec intensité la mémoire traumatique d’une femme contrainte de revenir dans sa maison d’enfance, un lieu où les souvenirs douloureux liés à sa relation d’enfance avec sa mère décédée imprègnent chaque recoin et transforment l’espace familier en source d’angoisse. Dès les premières séquences, Moreau instaure un climat de tension sourde : l’image, souvent cloisonnée, capte des intérieurs apparemment anodins, détournés en espaces de menace sourde et insidieuse. La photographie froide, la musique minimaliste mais suffocante, ainsi que la direction sonore chirurgicale, créent une atmosphère d’« unheimlich » — cette inquiétante familiarité où le lieu familier se mue en un véritable adversaire, et où le quotidien bascule insidieusement vers le cauchemar.
L’intrigue, d’apparence prévisible — une femme confrontée à des souvenirs traumatiques dans une maison familiale figée dans le temps — aurait pu se réduire à un simple exercice de style. Pourtant, David Moreau transcende cette trame par une rigoureuse maîtrise du rythme : chaque silence, chaque respiration est pensé pour prolonger le doute et faire sourire l’angoisse. La musique, les ambiances sonores et la mise en scène participent d’un même dispositif où le suspense, toujours maîtrisé, devient la véritable matière narrative.
Au cœur de cette mécanique, l’interprétation d’Olga Kurylenko, incarnant Alice, apporte une dimension inattendue. Son personnage, au caractère bien trempé, incarne une forme de résistance qui, paradoxalement, révèle une fragilité diffuse. Autour d’elle, Moreau fait planer les bribes d’un érotisme doux, presque intangible, qui contraste subtilement avec l’atmosphère lourde. Cet érotisme ne se réduit pas à un simple contrepoint sensoriel : il révèle, sous la surface narrative, le jeu des pulsions inconscientes et la faille d’un sujet qui ne se possède plus entièrement. Moreau, par ce biais, s’inscrit dans une tradition où le cinéma devient le théâtre d’une psychanalyse du désir, où l’image convoque à la fois l’attirance et l’effroi.
En cela, Other rappelle à quel point le cinéma de genre est aussi celui de la faille et de la projection. À l’image de Cronenberg ou Lynch, l’intrigue ne cherche pas à révéler toutes ses clés, mais à laisser émerger un vertige interprétatif. Le dénouement final, loin de toute explication rationaliste, se fait le reflet d’un inconscient fracturé, invitant le spectateur et la spectatrice, à confronter les contours d’une introspection déconcertante.
En réalité, Other s’impose comme une œuvre maîtrisée, troublante, et suffisamment ouverte pour prolonger son malaise bien au-delà du générique de fin. Certains cinéphiles pourraient regretter. que Moreau ne pousse pas plus loin la radicalité formelle ou symbolique. Pourtant, il faut reconnaître à Other une cohérence esthétique rare, ainsi qu’une fidélité à l’idée que le cinéma de genre, lorsqu’il refuse la gratuité spectaculaire, peut encore creuser un sillon à la fois poétique, sensoriel et théorique.
C’est un film qui fonctionne et qui répond au registre auquel il appartient.
Il réussît à créer une tension, même si elle tarde à arriver, ce qui rend la première partie du film un peu lente et demande une certaine patience.
C’est d’ailleurs dans celle-ci que sont dissimulées une partie des solutions du film, un peu maladroitement. En définitive, je reste mitigé par cette première demi heure où on cherche à créer une tension forcée en dissimulant les visages des personnages secondaires… je trouve que cela n’apporte rien au scénario sauf un questionnement qui nous sort du film...
Cependant; une fois lancé, le film parvient à nous tenir en haleine. Malgré quelques passages qui peuvent sembler téléphonés, il réussit tout de même à nous surprendre. Il reprend avec justesse les codes du genre horreur/thriller en jouant intelligemment avec, offrant de belles références aux clichés du genre sans jamais y tomber grossièrement.
Néanmoins, déjà peu amateur du genre, "Other" ne m'a malheureusement pas réconcilié avec. Si vous êtes un adepte du frisson et des ambiances tendues, vous y trouverez sans doute plus votre compte que moi. Pour les autres, l'efficacité du film ne suffira peut-être pas à effacer une certaine distance avec le style.
En 1h30, Other s’impose comme un choc cinématographique d’une rare intensité. Olga Kurylenko y livre une performance magnétique, bouleversante de justesse et de retenue. La mise en scène, d’une sobriété glaçante, distille une tension constante, appuyée par une photographie élégante aux teintes froides et hypnotiques. Chaque silence pèse lourd, intensifie le trouble, tandis que la musique minimaliste frappe juste, sans jamais surligner. D. MOREAU signe un drame psychologique horrifique maîtrisé de bout en bout, où chaque plan raconte, chaque regard interroge. L’histoire, glaçante, secoue autant qu’elle fait réfléchir. Un film viscéral, tendu, profondément humain. Une œuvre aussi belle que terrifiante. ALLEZ Y LES YEUX FERMÉS . À ne vraiment pas manquer.
J’ai adoré ce film, fait par un réalisateur français. On est pris à contre-pied tout au long du film ; à chaque fois qu’on pense avoir deviné, on est à côté de la plaque. La musique est top, les sons sont super, Olga est sublime. J’ai passé un très bon moment, je recommande. J’ai adoré ce film, fait par réalisateur français, on est pris à contre-pied tout au long du film, à chaque fois qu’on pense avoir deviné on est à côté de la plaque. La musique est top les sons sont super, Olga et sublime. J’ai passé un très bon moment, je recommande
Tension du début à la fin, un vrai retour au source du film de genre. A voir sans hésiter. Tout est bon, le rythme est parfait, la réal géniale et hyper efficace, la photo est excellente. Foncez !
Sans réussir à pleinement maîtriser son idée, MOREAU livre un huit clos angoissant et plutôt prenant, qui manque de punch quand à ce qu'il désire mettre en relief, mais qui prend tout de même aux tripes, notamment par la présence d'Olga KURYLENKO