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Simon Routa
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5,0
Publiée le 6 août 2025
À l’heure où les réseaux sociaux dictent le tempo du visible, où l’éphémère règne et où le « like » a remplacé le silence admiratif, Some Like It Classic surgit comme un geste artistique radical, presque militant. Tourné en Super 16mm, patiemment composé sur plusieurs années, le film de Romain Juchereau n’est pas un simple documentaire de surf — c’est un manifeste poétique pour une autre manière de regarder, de filmer, de ressentir.
Là où la tendance actuelle glorifie l’édit court, saccadé, saturé de musique surcompressée et de tricks calibrés pour l’algorithme, Some Like It Classic prend le temps. Celui de contempler une dérive élégante sur une vague du matin. Celui de savourer le grain de l’image, le souffle du vent, la danse silencieuse entre le corps et l’océan. Ici, aucun besoin de surenchère ni de performance millimétrée: le style prime sur le spectacle, l’authenticité sur le like.
Le choix du 16mm n’est pas nostalgique: il est politique. Il évoque un cinéma du toucher, de la lenteur, du regard habité. Il s’oppose frontalement à la dictature de la HD fluide et froide, et célèbre une esthétique sensible, imparfaite, profondément humaine. Chaque plan est un tableau, chaque surfeur un trait de pinceau dans une fresque vivante et organique.
À travers ses images captées entre la Californie, Hawaï, le Mexique ou la France, le film ressuscite une époque où la glisse était un art, pas un sport extrême. Où le hotdogging rimait avec élégance, non avec performance. Où la planche n’était pas un engin de conquête, mais un prolongement du corps — une manière d’entrer en résonance avec l’océan.
Et pourtant, Some Like It Classic ne verse jamais dans la simple nostalgie. Il parle au présent, avec une acuité presque méditative. Il interroge sans le dire notre rapport au temps, à la beauté, à la mémoire. À une époque où la majorité des images surf sont produites pour être consommées en 15 secondes, ce film propose une alternative rare : s’émerveiller sans urgence, ressentir sans filtrer, ralentir pour mieux vibrer.
Enfin, saluons la galerie de surfeurs et surfeuses qui peuplent ce film :Clovis Donizetti, Tyler Warren, Rosie Jaffurs, Sean Tully… Ils ne “surferont” jamais sur une tendance. Ils incarnent une philosophie, un souffle, un respect. Ce sont des passeurs.
En conclusion, Some Like It Classic est un joyau contre-courant, un acte de résistance élégante face à l’accélération folle de notre époque. Un film qui, comme une vague lente et parfaite, nous ramène à l’essentiel : la beauté, le rythme du monde, et le plaisir simple de prendre son temps.
Un chef-d’œuvre à vivre plus qu’à regarder. Un film qu’on savourera encore dans dix ans, quand tous les “édits” du moment auront disparu dans l’oubli numérique.
Excellent film pour les amateurs de film de surf old school. Tourné en 16 mm comme à l’époque, et comme certains grands films telle que endless Summer. On aurait aimé pouvoir échanger avec Romain Juchereau sur le tournage de ce film. Bande son excellente, à voir et à revoir.
Très bon documentaire rythmé singulier nous plongeant dans un age d’or du surf. Une sublime utilisation du 16 mm accompagné de jazz suivant les pas de danses de ces surfeurs.
Attention. C'est un bijou. Une petite pour les cinéphiles et une petite pour les surfeurs et amateurs de surf. Un film tourné en 16mm avec une caméra suisse de plus de soixante ans. Quand on dit : bijou... Sur sept ans, dans plusieurs pays, avec des surfeuses et des surfeurs anciens, surtout, pour nous offrir une plongée documentaire dans l'histoire du surf, ses racines, et l'histoire de l'évolution des planches longues, en Californie, à Rhode Island, à Hawaii, en France, au Mexique... Un hommage et une réalisation extraordinaire qui nous transporte plus de soixante ans en arrière comme si on y était, à la rencontre de ceux qui ont vécu cette histoire, des passionnés qui continuent de surfer au quotidien, simplement, de restaurer des planches et de vivre leur passion à l'ancienne, en roulant dans des vieilles Volvo, en écoutant leurs vinyles de jazz. Sans aucun artifice, comme ils ont toujours vécu, tels qu'ils n'ont pas cessé d'être. On plonge dans l'histoire du surf californien, mexicain, nord américain, hawaïen, français, de la côte basque à la côte girondine et ses plages de la côte d'argent. C'est un film extraordinaire, avec un grain d'époque, puisque techniquement, il est réalisé comme a l'époque, avec une excellente bande son de jazz. C'est le film incontournable de l'été ! Projeté en avant première ce samedi 5 juillet à la Dolce Vita d'Andernos les bains, sa sortie est prévue le 6 août : c'est à aller voir en y emmenant toutes celles et tous ceux qui ont vécu cette époque, et les plus jeunes aujourd'hui. Un documentaire superbe. Une pellicule de surf enthousiasmante. Une heure dix pour cent cinquante minutes de rushes avec des bobines de trois minutes. Un travail d'esthète et de passionné. Un film magistral. Allez y !