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Pierre Kuzor
182 abonnés
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3,0
Publiée le 25 septembre 2025
Ai vu « Classe Moyenne » d’Antony Cordier. Comédie grinçante et d’actualité sur la fracture sociale et la lutte des classes qui montre deux camps qui ne peuvent plus dialoguer et encore moins vivre ensemble sans que la violence verbale et physique prenne le dessus immédiatement. La scène d’ouverture présente une sublime piscine à débordement sous le soleil estival puis un évier de cuisine à ras bord dont l’eau dégouline sur le sol. Il est clair que le thème du film sera la difficulté de contenir que ce soit ses émotions, ses actes, ses pensées et ses paroles… Philippe Trousselard, grand avocat parisien (Laurent Lafitte génial) et sa femme Laurence, comédienne au creux de la vague (excellente et drôle Elodie Bouchez) passent leurs vacances d’été dans leur grande villa avec piscine dans le sud de la France, villa entretenue au quotidien par leurs gardiens Tony et Nadine Azizi (Ramzy Bedia et Laure Calamy parfaits). Mais plus rien ne va entre les deux couples, les gardiens ne supportant plus les petites humiliations quotidiennes, la condescendance, les phrases toutes faites et les citations latines à tout propos de leurs patrons. La guerre des classes est déclarée. Si le scénario s’essouffle dans le dernier quart du film ce sont surtout les dialogues (certaines répliques sont mémorables) et bien évidemment le casting 4 étoiles qui sont la force du film. On aurait aimé encore plus de méchanceté et voir le noeud dramatique poussé à un plus grand paroxysme. Antony Cordier a voulu s’en tenir à une comédie et c’est dommage qu’il n’ai pas osé le grand saut vers un plus grand réalisme et aller jusqu’au drame social. Le jeu de massacre n’en reste pas moins jubilatoire même on reste un peu sur sa faim. Le rythme est allant et l’on sourit souvent plus qu’on ne rit franchement. On est plus proche d’une pièce de théâtre de Yasmina Reza (« Les Dieux du carnage ») que du chef d’oeuvre « Parasites » de Bong Joon Ho… et c’est déjà pas si mal.
La carrière d’Antony Cordier avait bien commencé en 2005 avec Douches froides, suivi par un Happy few aussi moyen qu’érotique, puis retour vers le beaucoup mieux en 2017 avec Gaspard va au mariage. Bref des hauts et des bas. Voici donc son 4ème film de cinéma – entre temps, il s’est beaucoup consacré aux séries télé -, une comédie noire comme on en voit peu dans le cinéma français. Mehdi a prévu de passer un été tranquille dans la somptueuse demeure de ses beaux-parents. Mais dès son arrivée, un conflit éclate entre la famille de sa fiancée et le couple de gardiens de la villa. Comme Mehdi est issu d’un milieu modeste, il pense pouvoir mener les négociations entre les deux parties et ramener tout le monde à la raison. Pourtant, tout s’envenime… 95 minutes très grinçantes en compagnie d’un casting somptueux. Pourquoi pas ? Ce film a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025. Une comédie nappée d’une noirceur inhabituelle chez nous, est nourrie à la cruauté sociale. Les personnages – certes caricaturaux – sont animés par un désir de transformation sociale. Les uns veulent changer de condition et devenir riches, une autre veut devenir une actrice enfin respectable, une autre encore changer de nom et apprendre à pleurer, le riche avocat aimerait être reconnu comme « méritant », quant le plus jeune veut évidemment changer de classe sociale. Tout ce petit monde s’affronte sans merci dans un huis-clos mis en valeur par le décor de cette villa en forme d’escargot, sans angles droits, aussi sinueuse que les arrière-pensées des personnages. Le film fonctionne très bien, ne perdant jamais le fil des péripéties et sait faire monter la tension dramatique dans le ton de la comédie grinçante et on s’amuse beaucoup. Certes, on est loin du Parasites de Bong Joon Ho, avec lequel d’aucuns ne résisteront pas à l’envie de comparer ce film, mais il n’empêche qu’on passe un bon moment d’autant plus qu’il était inattendu. Et puis il y a cet énorme casting, qui semble s’être beaucoup amusé pendant les 3 petites semaines de tournage. Alors on se régale avec Laurent Lafitte, Élodie Bouchez, Ramzi Bedia, Laure Calamy, Noée Abita, Samy Outalbali et Mahia Zrouki, qui s’en donnent à cœur joie dans la vacherie et l’outrance. Pourtant, sous ses dehors de comédie légère, Classe moyenne installe une sorte de ring social où chacun cogne avec ses armes : l’argent, l’aisance, la langue de bois d’un côté, la débrouille, la pudeur et la colère de l’autre. Une petite perle d’humour très noir.
Classe moyenne pour le film aussi. Je salue le projet de montrer la mesquinerie, la vanité, l’arrogance, la prétention d’une certaine bourgeoisie arriviste et arrivée, ravie de son entre-soi et des remparts qu’elle dresse entre elle et le reste de la population. Mais je regrette la caricature notamment incarnée par le rôle de Laurent Lafitte qui n’a finalement qu’une facette très limitée. Des bourgeois blindés et prétentiards, vicelards et contents d’eux, il y en a des tas, et de de tous les genres en effet : même des sympathiques!. La satire aurait été de loin plus efficace si le personnage de Lafitte n’avait pas été épouvantable de la première à la dernière image du film. Entre clichés bobos, pulsions vaguement incestueuses, mépris de classe, autosatisfaction cynique, avarice, et lâcheté, rien ne lui est épargné, mais rien ne déborde vraiment ; rien n’est « bigger than cliché »… Je rêve à ce que Michael Haneke ou un Ruben Oslund auraient pu faire de ces clichés s’ils avaient pris la peine de s’emparer d’un tel sujet (un peu en dessous d’eux sans doute). Leur rigueur d’analyse et leur cynisme chirurgical auraient transformé cette classe moyenne en classe tous risques, et ce gentil film pour dimanche soir pluvieux, en chef d’œuvre. Cela dit, pour le plaisir de voir Ramsy Bédia toujours étonnant de justesse et d’humanité, Laure Calamy, qui s’est bien remise de quelques longues années de surexposition, et surtout le magnifique Sami Outalbali, ça vaut la peine d’y jeter un œil.
Dialogues taillés à la serpe . Humour noir à la B Blier. Ils ont tous la repartie qu’on adorerait avoir lorsqu’on est très énervé . On ri jaune et on adore. Ce huit clos est une pépite , le cadre du Luberon où souffle le vent de la discorde dans une villa aussi froide que le regard que se porte ces 2 familles entre elles !! . Merci
Une comédie bien écrite, alternant passages grinçants et scènes plus légères. On sourit souvent, et on rit franchement à plusieurs reprises. L'humour n'est jamais forcé ni lourd, et les comédiens excellents de justesse.
Mauvais film. Malgré un bon début marquant un cadre potentiellement comique au film, le film devient pathétique et finit en étant gloque. Le procédé de passer du comique au dramatique n’est pas bienvenue, frustrant pour le téléspectateur qui se sent trahi dans la raison même pour laquelle il est venue au cinéma. Il s’agit là d’un principe de base dans l’écriture de scénario destiné au cinéma. Je ne recommande pas ce film.
Aucune émotion dans le film n'est poussée sauf une. Le film est fade, très fade. La dernière demi-heure est assez énervante à cause du manque d'intrigue : on a l'impression qu'on veut juste le remplir avec des cris et de la violence. Aucune émotion dans le film n'est sérieuse sauf le dégoût que l'on ressent face à la scène de la balle perdue et surtout la légèreté avec laquelle ils vivent tous le moment... Je ne sais pas trop ce que vous avez voulu nous faire ressentir, mais on a retenu que tu dégoût.
C'est d'abord la brochette des quatres excellents acteurs qui nous a fait aller le voir mais le scénario était également alléchant. Résultat : les acteurs sont excellents, accompagnés de trois plus jeunes également justes dans leur rôles. Les répliques sont ciselées dans une partition satirico-humoristique en mode férocité joyeuse : Les super riches et snobs sont confrontés à la condescendance et aux arnaques qu'ils font au couple gardien de leur maison (et quelle maison : ça existe donc en vrai !). Dommage, la fin nous a laissé sur notre faim car trop convenu au regard des possibilités vu ce qui précède. Une bonne détente (à voir un dimanche soir ) pour le jeu des acteurs... et pour la maison !
un film qui vous explique lourdement que les pauvres ne valent pas mieux que les riches, car - comme eux- ils apprécient l'argent. Le film écule des poncifs (de droite : par ex les pauvres qui fraudent le RSA) et reprend des épisodes scénaristiques connus : l'affaire Inès de la Fressange/Denis Olivennes, le "meme" avec David Beckham qui parle de la voiture des parents de sa femme + l'intégralité du scénario de Parasites. Heureusement que les acteurs et les dialogues sont bons.
Masterclass. Un bête de film comique qui en dit énormément sur notre société. Ca nous fait réfléchir tout en riant. De plus, les acteurs jouent bien et les images à huit clos renforcent un côté thriller comique qui fait du bien. Bref, j'aime.
Vu dans le cadre de la première édition du festival ciné citoyen de Vannes, une comédie satirique portée par une brochette de comédiens qui semblent s’en donner à cœur joie ! Quand j’ai appris que le réalisateur était celui la série ovni(s), j’étais impatiente puis comblée !
Pour moi, c'est une comédie parfaitement teintée d'humour noir. Rien n'y personne n'y est tout beau tout lisse et chacun des personnages à sa scène clé. De plus, les dialogues sont ciselé , taillés sur-mesure.