Le cinéma français n'est pas vraiment ma tasse de thé, et quand en plus il s'agit d'une comédie, je m'enfuis au galop. Et pourtant je vous recommande sans hésitation le film d'Antony Cordier. Mais, est-il réellement français typique? On hésite plutôt entre l'italien, époque Dino Risi, pour l'outrance des personnages, et l'anglais du temps des sublimes Noblesse oblige et autres Lady killers, pour la fin d'un humour noir de noir!
Philippe et Laurence possèdent une magnifique villa en pleine nature, avec une énorme piscine à débordement; ils l'occupent trois mois par an; elle est entretenue et, le reste du temps, gardée, par les Azzizi. Le tout au noir, naturellement, et ça ne dérange personne; c'est là qu'on retrouve Risi; personne n'est honnête; tout le monde est bête et méchant...
Philippe est une caricature de riche. Snob (il adore truffer ses phrases d'expressions latines), arrogant, méprisant avec tout le monde (y compris, parfois, ses femme et fille) Apparemment, son grand bonheur dans la vie, c'est d'humilier. Laurent Lafitte est épatant parce qu'il fait ce qu'il faut sans tomber (trop) dans la caricature.
Laurence (Elodie Bouchez) était une actrice à succès, apparemment plus pour l'esthétique de son fessier que pour ses dons de comédienne. Elle aimerait faire un come back dans le théâtre intello. Elle est superficielle et juste stupide...
Quant à Garance, leur progéniture (Noée Abita), elle promet de supplanter papa en termes d'arrivisme et de cruauté.
Mais elle est venue avec son amoureux , Mehdi (Sami Outalbali) qui vient d'être brillamment promu avocat, sorti premier de sa promo. Naturellement ça ne lui épargne pas les piques de son (peut-être) futur beau-père; oh ce n'est pas l'ethnie qui dérange, un fils d'émir serait surement bien venu, mais Mehdi est un fils de pauvre... il n'a pas les codes... imaginez, en se mettant à table, il dit "bon appétit"!!!!
Chez les Azizi, on retrouve Ramzy Bedia, capable de se foutre vraiment en rogne quand trop c'est trop; il est très bien, mais disons plus prévisible que dans Les Tourmentés, où sa prestation était exceptionnelle, et Laure Calamy, en roue libre, sans oublier leur fille Marylou (Mahia Zrouki)
Donc, à partir d'un premier incident très fâcheux, le ton monte, monte.... on se réjouit de le voir monter. Chaque visite des uns chez les autres, c'est un cran sur l'échelle, une boule de plus dans le jeu de massacre. Notre avocat en herbe se propose de servir de médiateur pour le bien commun...
Le film (comme tant d'autres) aurait sans doute gagné à être allégé d'un bon quart d'heure; la deuxième partie finit par être répétitive. Mais le dénouement, aussi cruel qu'amoral, vaut le voyage... Il aurait pu aussi s'épargner deux ou trois vulgarités...
Bref, c'est intelligemment drôle; sociologie d'une époque et des rapports de classe qui n'est pas vraiment optimiste.