N’ayant vu précédemment aucun film de Kristoffer Borgli ni jamais remarqué les deux principaux acteurs, je suis allé voir The Drama, vierge de tout préjugé. Si le film débute selon les canons officiels de la romcom hollywoodienne - rencontre des amoureux, coup de foudre, vie commune puis mariage en perspective - il prend soudain un virage un peu surprenant pour un européen mais plutôt réaliste dans l’esprit US je pense, sur la base d’une confidence alcoolisée de la future mariée. C’est alors que tout change, la table sur laquelle on s’appuyait est renversée. Les préparatifs de la noce, que l’on connaît par cœur tellement on a vu de mariages américains, se poursuivent dans un désordre subtil où les caractères se dévoilent. Le suspens est à son maximum, comment les choses vont-elles tourner et l’amour triomphe-t-il de tous les obstacles ? Le fiancé (Robert Pattinson) a un peu de mal à faire le poids face à une Zendaya toute en subtilité, mais c’est peut-être dû au script. Bref, on passe un bon moment sinon inoubliable…
Effectivement ce film est un véritable "drama" : on a des rebondissements à gogo et on est content d'être un simple spectateur plutôt qu'un acteur de cette histoire. L'intro est bien, via la préparation du discours pour le mariage on a une présentation de ce couple parfait. Ensuite vient le rebondissement. Puis les conséquences qui ne cessent de devenir plus importantes au fur et à mesure que le mariage approche. On a franchement aussi des moments très drôles qui m'ont bien fait rire ainsi que toute la salle (bien remplie). Le montage est aussi très bien réalisé, avec une alternance de flashbacks / scènes imaginées par les personnages qui rend le film très dynamique. Je recommande.
Un couple voit son bonheur mis à l’épreuve lorsqu’un rebondissement inattendu vient tout bouleverser à une semaine de son mariage…
Le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli (Sick of Myself - 2023) réalise ici un drame parfaitement jouissif et malaisant sur un jeune couple qui s’apprête à se passer la bague au doigt. Lorsqu’un soir, les futurs mariés et un couple d’amis décident sur un coup de tête, à tour de rôle, de révéler la pire chose qu’ils ont commise dans leur vie, tout va voler en éclat, quitte à mettre en danger le mariage.
The Drama (2026) est une savoureuse satire sociale (où chacun se jugent) et propose par la même occasion une réflexion sur l’honnêteté. Le réalisateur joue habilement entre passé et présent, tout en y juxtaposant le fruit de l’imagination de ses protagonistes, c’est parfaitement savoureux et terriblement gênant par moment.
Si la découverte de cette révélation peut paraître un brin excessif et peu crédible, finalement, avec l’enchaînement des situations et surtout, le formidable tandem formé par Zendaya & Robert Pattinson, on ne peut que tomber sous leur charme et se laisser emporter dans ce tourbillon d’angoisses et de stupeurs, drôle et caustique.
Surprenant, questionnant et divertissant ! J'y allais sans m'attendre à grand chose et sans rien connaître ou presque de l'intrigue, et ce fût un très bon moment. On sait que l'engrenage des révélations et des évènements ne peut qu'aboutir à une catastrophe finale, parsemée en chemin de nombreux moments gênants, et malgré l'absence d'antipathie pour les personnages (tous les deux plutôt attachants) on prend un plaisir coupable à voir jusqu'où cela va mener, tout en s'interrogeant sur ce qu'auraient été nos propres réactions. Parmi les bémols, dommage que le personnage joué par Zendaya ne soit pas davantage développé et quelques petits détails scénaristiques qui interrogent spoiler: (l'accident avec le fusil, les parents ont forcément été courant qu'elle l'avait essayé ? ).
The Drama commence comme la promesse d’une comédie romantique portée par sans doute le couple le plus glamour de 2026 : Zendaya et Robert Pattinson. L’alchimie est immédiate, évidente, séduisante. On s’installe confortablement… avant de comprendre que le film est en train de nous piéger.
Très vite, le vernis se fissure. La romance glisse vers quelque chose de plus trouble, flirtant avec le thriller paranoïaque, où chaque échange devient suspect et chaque silence pesant. Le film est constamment sur le fil du rasoir, installant une tension permanente et ce sentiment que tout peut basculer à chaque instant. L’humour noir sec et grinçant fait rire autant qu’il met mal à l’aise. La mise en scène accentue cette perte de repères : entre présent, souvenirs, récits et fantasmes, la réalité devient instable…
Au cœur de cette tension se cache le fameux “secret”. On aurait pu attendre quelque chose de plus spectaculaire, mais le choix est finalement plus judicieux : plus simple, plus crédible, et surtout beaucoup plus dérangeant parce qu’il résonne avec des traumas très actuels. En filigrane, il pose une question perturbante : faut-il vraiment tout connaître de l’autre pour l’aimer, ou l’amour repose-t-il aussi sur ce que chacun choisit de taire ?
Tout n’est pas parfaitement maîtrisé pour autant. Après un départ fulgurant, le film traverse un ventre mou où il tourne un peu en rond, étirant ses idées sans toujours faire progresser la tension. Et même si le dernier acte est d’une intensité remarquable, presque anthologique, on peut regretter une scène finale un peu facile qui tranche avec la subtilité du reste.
Côté interprétation, Zendaya est troublante, impénétrable, fascinante. Pattinson, lui, livre un personnage à la fois irritant et captivant : son côté immature et stupide énerve autant que le soin qu’il porte à être décoiffé, contribuant à casser l’image du couple parfait.
Au final, The Drama est un film imparfait mais marquant. Comme son précédent film, Dream Scenario, Kristoffer Borgli livre une œuvre surprenante, malaisante, portée par un humour caustique qui désamorce autant qu’il dérange. Et si vous êtes à deux semaines de votre mariage, en pleine montée de stress et de doutes existentiels… disons simplement que ce n’est peut-être pas le meilleur choix de séance.
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C’est une vraie déception. Même si l'acting est à la hauteur, le film est foncièrement malsain. Ce qui m'a vraiment troublé, c'est ce procédé narratif qui consiste à mettre en scène une agression sexuelle pour ensuite suggérer que la femme a menti, tout ça pour manipuler le spectateur. C’est un ressort gratuit qui finit par invalider sa parole.
De plus, l'histoire n'utilise le point de vue de Zendaya, censé être le personnage principal, simplement pour provoquer une réaction chez lui. Les personnages féminins sont stéréotypés à ne plus en finir, sans oublier, sans trop de surprise, la femme dépeinte comme injuste et méchante dans le lot.
Pour conclure le film, spoiler: ils remettent les compteurs à zéro , comme si le harcèlement et les enjeux de santé mentale pouvaient s'effacer d'un coup, invisibilisant les causes systémiques Ces mêmes causes qui auraient très bien pu être développées si le but n'était pas d'adopter une posture de complaisance envers le regard masculin complètement misogyne. La morale se résume à imposer à la femme de pardonner et de rester, peu importe la gravité des faits.
En bref : la narration est aussi bancale que la morale est douteuse.
Un univers de pus en plus tendu, pourquoi ? On pourrait résumer le film en [ Dirais-tu la chose la plus glauque que tu as pensé, mais non réalisé ? A ton conjoint, tes amis et aux autres ]. Problématique, comment serait reçu le message par ceux qui croient te connaître, quels effets. C'est cérébral à l'image, au son avec de nombreux flash-back, une embrouille mémorable. L'Amour triomphera qui c'est !
The drama est une semi réussite qui doit beaucoup à son couple d'acteurs vedettes qui apportent beaucoup à leurs personnages. Si le film détourne habilement le genre de la comédie romantique, son propos peine à exister. Certaines situations et réactions des personnages sont en effet difficilement crédible et si le film aborde des sujets intéressants, notamment sur la question de la morale mais aussi du rapport des américains aux armes, on peut regretter ses faiblesses d'ééanmoins the drama est assez séduidant et offre quelques brillantes scènes d'humour grinçant. On aurait voulu en avoir plus.
Un film sans queue ni tête. Un traitement affligeant du sujet principal, aucun rythme, un ennui mortel. Il n'y a rien à sauver, à part peut être Zendaya, par brèves séquences. Globalement, le film est prétentieux, se veut intellectuel sans parvenir à développer la moindre réflexion de fond, ce qui est fort dommage quand on choisit de produire un film si mou, si lent, si neutre. Mention spéciale à Robert Pattinson, catastrophique du début à la fin, qui surjoue en permanence. Même les quelques traits pseudo humoristiques spoiler: globalement la séance de "shooting photo" sont forcés et tombent à l'eau
Beaucoup de promo pour pas grand chose. Je n y ai pas cru une seconde. Le jeu de Robert Pattison est sans nuance et Zandaya est énigmatique à souhait et tout à fait crédible mais elle ne parvient pas à sauver l ensemble à elle seule. Quelques bons moments à compter sur les doigts d une main
Quelques mois après Marty Supreme, A24 confirme une fois encore sa capacité à proposer des œuvres qui s’approprient les codes d’un genre pour mieux les détourner. Ici encore, la stratégie marketing fait mouche, l'engouement autour du film reposant sur le fait d'en savoir le moins possible. Le retour de Kristoffer Borgli chez A24, deux ans après l’excellent Dream Scenario, pour écrire et mettre en scène le projet laissait d’autant plus présager un film singulier, et le pari est largement relevé. Car si l’on pouvait aisément deviner que The Drama aborderait la question de l’acceptation de l’autre au sein du couple, il était en revanche bien plus difficile d’anticiper qu’il s’agirait, en réalité, d’une véritable parabole sur les dérives contemporaines de la société américaine (là encore, un léger lien à faire avec Marty Supreme).
Après une vingtaine de minutes d’exposition aux accents de rom-com, le film impose brusquement son cadre : dans un monde où le harcèlement et les traumatismes infligés à autrui sont standardisés au point qu’ils deviennent matière à plaisanterie ou à sociabilité légère, le jugement collectif se retourne paradoxalement en direction des individus subissant ces actes mais en ayant verbalisé les conséquences psychiques. Dès lors, s’exprimer sur ses propres pensées sombres revient à voir son identité sociale réduite à l’acte qu’elles évoquent, qu’il soit commis ou non. Le film interroge ainsi en profondeur la fracture entre pensée, acte et image sociale. Cette réflexion irrigue l’ensemble du récit, y compris dans ses dialogues les plus secondaires. Qu’il s’agisse d’un personnage adoptant une posture moralisatrice tout en laissant transparaître un racisme latent qu’il ne perçoit même pas, ou encore le fait de nier dans le cadre professionnel des produits consommés dans le domaine du privé, tout concourt à nourrir cette tension permanente entre ce que l’on est, ce que l’on pense et ce que l’on donne à voir.
Dans cette dynamique, le personnage incarné par Robert Pattinson ne cristallise pas seulement la question de la frontière entre pensée et passage à l’acte, mais surtout celle — plus insidieuse — entre fantasme et image renvoyée. Face à lui, Zendaya gravite autour de personnages se posant en garants d’une bien-pensance institutionnalisée, où toute tentative de nuance ou de compréhension est immédiatement perçue comme une forme de validation idéologique. Une mécanique qui reflète avec acuité une Amérique prompte à questionner ses symptômes, mais réticente à remettre en cause ses structures profondes (ce qui est par ailleurs explicitement appuyé lors d’une réplique). Et, en filigrane, s’impose l’idée qu’un drame ne peut être pleinement accepté qu’à travers le prisme d’un autre, conférant ainsi au titre du film toute sa portée. Dès lors, il ne s’agit plus d’un film sur le dilemme conjugal, mais bien d’une véritable thèse sur l’anxiété.
Évidemment, Borgli ne se contente pas d’exposer toutes ces idées par le verbe : il les inscrit pleinement dans sa mise en scène. On retient notamment ce plan remarquable où, lors d’une tentative de réconciliation, le personnage de Pattinson est filmé en plan fixe ; malgré l’espace apparent, le cadre se voit contraint de s’élargir par un travelling pour permettre à Zendaya d’y entrer. Une idée de mise en scène aussi simple qu’éloquente, qui synthétise à elle seule l’état d’esprit des personnages et, presque, le propos du film. Le découpage participe également à cette richesse, alternant avec une grande maîtrise ellipses temporelles, flashbacks et séquences ambiguës dont la nature — réelle, fantasmée ou onirique — n’est révélée qu’a posteriori. Un jeu constant avec la perception du spectateur, maintenu dans un état d’incertitude fécond.
En définitive, The Drama ne frappe pas là où l'attend et s’impose non seulement comme un film porté par ses deux interprètes remarquables, mais aussi comme une œuvre ambitieuse, qui ose s’attaquer frontalement à des thématiques sensibles et complexes, malgré une simplicité formelle. Une audace qui explique pleinement les débats qu’il suscite à la sortie des salles.