Le film dresse le dossier d'une fracture de la confiance, ou les mensonges et le détournement sont devenus évidences, un monde ou la violence est banalisée, ou les victimes sont abandonnées, celle ou le crime et le délit peuvent s'exercer en toute impunité, ou les preuves n'ont plus de véracité, et les vérités sont politisées.
Cette enquête sous forme de procédure, dévoile les rouages d'une architecture sociale en perdition, et sous tension. Fragilisé, brutalisé, le sens de l'existence même n'est plus qu'un trouble de la perception, une thématique qui nous renvoie à notre présent et à nos sentiments, ou au mouvement de l'aveuglement, vain et sans l'an demain, qui résonne comme une condamnation, celle de suivre la voie de l'algorithme, devenue systémique et numérique,
D'un autre côté, on perçoit quelque artifice dans cette intrigue qui jongle sur le drame social et politique, tout en dressant le portrait d'une femme qui coche toutes les cases d'une actualité bien engagée, voir clichée, avec bien trop d'expérience de métier, pour croire entièrement à son ignorance, celle de l'innocence qui semble découvrir les coulisses des institutions, tant dénoncés au quotidien depuis des années dans les médias.
Des seconds rôles un peu trop effacés, n'étant utilisé que pour interroger, ou piquer l'héroïne à un moment bien programmé, et dont la seule réponse qu'elle apportera face à ces accusations, même face à son propre fils, sera qu'elle n'a juste pas le même point de vue, sans aucune argumentation pour équilibrer cette neutralité, qui semble quand même pencher d'avantage d'un côté.
Ce presque documentaire est traité avec un peu trop de prudence, et de retenue pour être vraiment bouleversant par la pertinence du propos !