Rien à dire sur la réalisation de ce film. On suit d'un bout à l'autre avec passion le déroulement de cette enquête menée par l'IGPN, et le commandant Stéphanie, très bien incarnée par Léa Drucker (mère divorcée d'un petit garçon), parfaite comme d'habitude, qui se veut juste mais humaine, ne cherche pas uniquement à condamner mais à comprendre.
Cet épisode du soulèvement des gilets jaunes... à vrai dire notre mémoire a eu tendance à l'oublier, ou tout au moins le minimiser. Je ne me souvenais plus qu'il y avait eu de tels affrontements à Paris. C'est donc très intéressant de nous faire revivre ce petit moment d'histoire contemporaine, qui a échoué faute d'organisation, mais a laissé de profondes traces.
Il y a eu une bavure policière grave, car un manifestant a été lourdement blessé alors que, venu de province jusqu'à Paris pour voir, participer et manifester son mécontentement au milieu des autres gilets jaunes, il n'était ni agressif, ni violent (ce qu'ont été, semble t-il, un certain nombres d'émeutiers, ce qui peut expliquer en retour un excès de brutalités des forces de l'ordre, en nombre insuffisant, épuisées en fin de journée) Et puis on a recruté en toute hâte des unités dont ce n'est pas le métier pour seconder la police nationale, les BRI en particulier, qui n'ont pas les mêmes modes de fonctionnement
On suit le minutieux travail pour reconstituer, petit à petit, élément pas élément les faits par Stéphanie aidée par son adjoint Benoit (Jonathan Turnbull), jusqu'à la découverte d'une vidéo accablante, tournée mais dissimulée par une femme de ménage du Georges V (Guslagie Malanda), qui pense que de toutes façons, la parole d'une femme comme elle ne sera jamais prise en compte....
Alors, ce qui me gêne, c'est la fin et le fond de cette passionnante enquête, où le petit esprit gauchisard de nos artistes et intellectuels refait surface, et qui laisserait à penser que pour ne pas déplaire aux policiers, les enquêtes à charge seraient jugées irrecevables... On a bien vu, ne serait ce que récemment avec l'affaire Nahel qu'il n'en est rien.... Dommage!