Dossier 137
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Dossier 137" et de son tournage !

Naissance d'une curiosité

Le projet est né de l'intérêt de Dominik Moll pour le fonctionnement peu documenté de l'IGPN. Souvent méconnue et mal perçue, cette "police des polices" a offert un terreau fertile pour son récit. Son désir de raconter les tensions internes propres à cette institution a par ailleurs été renforcé par l'opportunité qu'il a eu de s'immiscer en son sein, ce qui lui a permis d'observer de près les "méthodes, motivations et difficultés" des enquêteurs.

Immersion documentaire

Pour authentifier l'histoire, Dominik Moll s'est donc immergé au sein de la délégation parisienne de l'IGPN. Grâce à l'ouverture d'une nouvelle directrice, il a pu accéder à un monde généralement opaque. Cette expérience a permis d'insuffler au film une réelle profondeur en capturant la complexité des enquêtes et la "langue particulière de la procédure judiciaire", qu'il décrit comme une "poésie un peu particulière".

Inspirations réelles

Bien que fictive, l'histoire de Dossier 137 est nourrie d'affaires réelles, notamment celles survenues lors des manifestations des Gilets jaunes. Moll s'est inspiré de récits poignants, comme celui d'une famille dont un jeune membre a été mutilé par une grenade de désencerclement.

Une perspective féminine

Dominik Moll a choisi de centrer son récit sur Stéphanie, une enquêtrice de l'IGPN. Cette décision, à savoir montrer "une femme policière qui auditionne des policiers hommes mis en cause", ajoute une dimension particulière au film. Cela inverse les dynamiques traditionnelles de pouvoir, tout en incarnant une complexité émotionnelle et professionnelle authentique.

Des vidéos scénarisées pour plus de réalisme

Dans le film, les vidéos de smartphones jouent un rôle central. Pour en renforcer l'authenticité, Dominik Moll a choisi de mettre en scène la plupart de ces séquences. Il confie : "Pendant mon immersion à l’IGPN, j’ai pu constater que dans les affaires de violence liées aux forces de l’ordre, les témoignages sont tellement contradictoires et si polarisés que les vidéos sont en général la seule façon de faire avancer les enquêtes."

"Les équipes passent un temps infini à rassembler puis décortiquer toutes sortes de vidéos pour essayer d’établir ce qui s’est passé avant, pendant, et après les faits."

Un choix de localisation symbolique

Saint-Dizier a été choisi pour sa capacité à symboliser une France méconnue et souvent oubliée. Cette ville ouvrière de l'Est a souffert de la désindustrialisation et a été un bastion des Gilets Jaunes. La proximité de la base aérienne et le bourdonnement constant des Rafales ont été intégrés pour ajouter une couche d'atmosphère unique au film. Cette immersion sonore accentue le sentiment d'isolement ressenti par ses habitants.

Le chat inattendu

L'idée d'inclure un chat est apparue dès l'écriture du scénario. Gilles Marchand, co-scénariste, a imaginé une scène où le personnage de Stéphanie trouve un chat et le ramène chez elle. Ce moment, anodin au départ, a évolué pour offrir une juxtaposition touchante face à la violence ambiante. Les vidéos de chatons, qui réconfortent certains et sont critiquées par d'autres, ajoutent une "douceur dérangeante". Elles deviennent un refuge inattendu au cœur du récit.

Préparation méticuleuse de Léa Drucker

Pour incarner Stéphanie, Léa Drucker a rencontré des enquêtrices de l'IGPN. Ces échanges lui ont permis de saisir la complexité et la réalité du métier, offrant une immersion dans leurs motivations et défis quotidiens. Parmi les révélations, le fait qu'intégrer l'IGPN n'est que rarement un choix de cœur. Ces interactions ont aidé Léa à comprendre l'aspect technique et intime de son rôle, apportant une authenticité solide à son interprétation.

La passion de la précision

Dominik Moll s’est forgé une réputation de réalisateur méticuleux, et son travail sur Dossier 137 ne fait pas exception. Lors du tournage, il était particulièrement attentif aux détails, notamment sur la manière de filmer les écrans d’ordinateurs, afin de créer des "enjeux de regard" qui servent l’esthétique du film. Ce souci de la précision se reflète aussi dans sa direction rigoureuse des acteurs qui doivent suivre des dialogues sans improvisation.

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