Comédie légère qui essaye d'aborder des sujets graves, La Poupée navigue entre deux eaux. On a donc du mal à en avoir une idée tranchée, mais finalement, est-ce si grave? Non, compte tenu de la durée raffraichissante (1h20 tout rond) qui n'oblige pas à se prendre la tête. Léger, on vous dit.
La poupée n'est pas très réussi. Le rire est rare, le rythme un peu lent et l'enchaînement des scènes chaotique. Cela reste quand même un peu plaisant, grâce à la fantaisie des situations, et le film pose pas mal de questions sur les rapports homme-femme, le besoin de contrôle ou de liberté, sur l'altérité, la communication. Bons acteurs, Zoé Marchal assez amusante dans le rôle de la poupée
Avec La Poupée, Sophie Beaulieu construit un récit qui, sous ses allures de comédie romantique décalée, repose sur une observation précise des mécanismes affectifs. Rémi (Vincent Macaigne) est un homme marqué par une rupture qu’il n’a jamais réellement dépassée. Plutôt que de se confronter à une nouvelle relation, il choisit une solution radicale, vivre avec une poupée, Audrey (Zoé Marchal), une présence sans conflit, sans contradiction, et surtout sans risque de rejet. Ce choix n’est pas traité comme une simple bizarrerie, mais comme une stratégie de protection face à une peur profonde, celle de l’abandon.
L’équilibre fragile qu’il a construit bascule lorsque Patricia (Cécile de France), nouvelle collègue, entre dans sa vie. Elle incarne une autre manière d’exister, plus libre, moins soumise aux attentes traditionnelles du couple. Sa présence agit comme un révélateur, en confrontant Rémi à une réalité qu’il ne peut plus contrôler. Dans le même temps, Audrey prend vie, transformant ce qui était un refuge en situation incontrôlable. Ce basculement introduit une tension centrale, entre fantasme maîtrisé et réalité imprévisible.
Le film s’appuie alors sur un mécanisme clair, aimer sans risque n’est pas aimer, c’est éviter. À travers cette situation, il met en lumière une réalité contemporaine, celle d’individus qui préfèrent contrôler leurs émotions plutôt que de s’exposer à la possibilité d’être blessés. La relation entre Rémi et Audrey devient le symbole de cette fuite, une relation à sens unique qui élimine toute complexité humaine.
La transformation d’Audrey constitue le cœur du récit. En devenant autonome, elle cesse d’être un objet pour devenir un sujet capable de penser, de questionner et d’agir. Son évolution inverse celle de Rémi, elle découvre progressivement la liberté, la possibilité d’exister en dehors d’un cadre imposé. Ce parcours met en évidence une idée centrale, l’amour ne peut exister que dans la liberté de l’autre, et non dans sa soumission ou son contrôle.
À travers Patricia, le film introduit également une réflexion sur les rôles assignés dans le couple et la charge mentale, en montrant des modèles féminins qui échappent aux schémas traditionnels. Sans jamais tomber dans la démonstration, il laisse apparaître les tensions entre attentes sociales et aspirations individuelles.
Enfin, La Poupée ne cherche pas à imposer une morale. Il ne s’agit ni de condamner Rémi, ni de proposer une vision idéalisée de l’amour. Le film s’attache plutôt à montrer un chemin, celui d’un individu confronté à ses propres limites. Accepter de ne plus tout contrôler, accepter l’incertitude, et reconnaître que le risque fait partie intégrante de toute relation. La peur de l’abandon ne disparaît pas, elle se traverse. En ce sens, le film propose une vision nuancée et contemporaine du lien amoureux, où aimer implique toujours une part de vulnérabilité.
Plutôt correcte dans l'ensemble grâce à ses acteurs et quelques dialogues plutot bien penser, toutefois le scénario manque de profondeur et le développement du caractère de la poupée n'es pas assez approfondie. Blessé par une ancienne compagne, un homme décide de se réconforter avec une poupée pour ne plus être blessé, jusqu'à ce que celle-ci prennent vie. L'histoire soulève des points intéressants sur un certain isolement et la peur d'être déçu, mais le film ne prend pas trop risque et ce retrouve assez vite sur les rails de la comédie romantique classique. Apparament la poupée apprenait au contact de Rémi puisqu'elle connais ses préférences, ainsi que ceux de sa nouvelle belle-famille en revanche certains de ses comportements sont douteux car on n'a l'impression qu'elle apprend comme une enfant à d'autre moments, c'est assez ambiguë. Le film a la bonne idée de ne pas se prendre au sérieux, mais il reste assez anecdotique sur le fond.
Bon petit film qui donne envie de rire en permanence. Mais en fait on se retient, car on craint de gêner le peu de spectateurs qui sont venus voir le film. Ces deux constats sont édifiants... Comme si les médias, quels qu'ils soient, avaient voulu ignorer l'excellence de ce film, et ne pas en faire la promotion -d'ailleurs, en avez-vous entendu parler (par la télé par exemple) autant que que "La Juste Illusion" (avec les Garrel & Cottin) ?!
Cette situation est injuste car Vincent Macaigne provoque un juste rire quasiment à chaque instant. Sans doute, ne fait-il pas rire tout le monde, notamment les hommes, dont on se moque surtout du début à la fin. L'acteur mime en effet, en toute discrétion (parfois c'est juste un battement de cils) le mec ordinaire (macho majoritairement dans le monde), abruti inconsciemment par des réflexes antédiluviens, quel que soit le sujet (sexe, travail, authenticité).
Et à quoi doit-on cela ? Une sorte de nouveau Pinocchio, en premier lieu, une poupée, dont la logique et l'authenticité est maximale, façon Terminator ! C'est aussi l'entrée en scène de la poésie avec l'inénarrable réveil de "la même mais en vrai" poupée. Mais c'est dû aussi à une palette de personnages, tous aussi caricaturés que le macho, excellemment joués, face à qui le personnage principal (Macaigne) réagit. Plein de bêtises ou d'aprioris dont on n'a pas toujours conscience sont ainsi au menu !
Cela dit, le film a aussi ses défauts... Trop de précipitation dans les métamorphoses de la poupée. Trop de précipitation en tout d'ailleurs. Trop de caricatures. Mais il n'empêche qu'on se distrait bien, que l'idée de base était originale (et que celle d'y ajouter l'entreprise Gazonzon de gazon artificiel dans un Jura bien vert était lumineuse)
Enfin une comédie française réussie. On la doit à Sophie Beaulieu qui signe son premier long métrage. Elle raconte l’histoire de Rémi traumatisé par l’amour et qui vit désormais avec une poupée. Elle s’appelle Audrey. Un jour, elle prend vie. Naïve, insouciante, sans filtre, elle va chambouler l’existence de Remi… J’ai beaucoup aimé, beaucoup ri aussi.
Quelle étrange petite comédie fantastique que « La Poupée », film de la réalisatrice Sophie Beaulieu ! Dans la forme, on ne peut pas reprocher grand chose à ce film réalisé sobrement, campé dans une jolie région des Alpes sous un beau soleil, dans des paysages bucoliques. C’est un film court (1h20, au regard des standards du moment, c’est même ultra court), dynamique, à l’humour discret et délicat. Il bénéficie d’une bande originale sympathique, avec une guise de générique de début une version très (très) étrange de « Creep » de Radiohead. Le principal défi technique à relever pour ce film est de trouver une poupée assez ressemblante à la comédienne Zoé Marchal et de réussir sa « naissance » sans que cela fasse bizarre, artificiel et mal foutu. Je dirais que de ce point de vue, grâce à la comédienne, cela se passe assez bien même si la poupée, la vraie, a tendance à plus ficher la frousse qu’autre chose ! Point de vue effets spéciaux, le film fait dans le cheap, on ne peut pas dire le contraire. Zoé Marchal s’en sort bien, dans la peau d’une femme objet naïve, au début totalement soumise à son homme et aux tâches ménagères comme sa condition l’y oblige, elle finit par s’ennuyer, se mettre à parler et à se comporter sans filtre et balancer quelques répliques vachardes bien senties. C’est dans ce rôle d’ingénue, bien connu depuis le « Candide » de Voltaire, que la jeune femme (charmante au demeurant) donne la mesure de son petit potentiel comique. A ses côté, Vincent Macaigne donne vie à un type de personnage qu’il connait bien et maitrise pleinement, le timide malheureux un tantinet maladroit. Il est ici émouvant, tendre, pas pathétique alors que, sur le papier, un homme qui vit avec une poupée sexuelle pourrait vite paraitre ridicule et mettre mal à l’aise. C’est son talent qui évite cet écueil. Mais c’est dommage que ce comédien soit quand même un peu cantonné à ce genre de rôle récurent. On lui a parfois proposé d’autres choses, mais ce genre de personnages est quand même une espèce d’habitude pour lui. Cécile de France, elle à un rôle solaire à composer : frisée comme un petit mouton, casse cou, volubile, elle semble croquer la vie. Elle semble tout le contraire du personnage de Rémi, spoiler: or c’est juste une illusion : sur le fond ils se ressemblent énormément. C’est sur le scénario qu’il y a le plus de choses à dire et à décrypter. Ici, il est en permanence question d’apparence et de faux semblants :spoiler: Remi est commercial dans une entreprise de faux gazon, il s’invente (aux yeux de tous : collègues et parents) une femme avec laquelle il vit une idylle parfaite alors qu’il est en couple avec une poupée, puis une poupée vivante (mais une poupée quand même). Audrey la poupée a l’apparence d’une femme mais c’est une poupée au fond d’elle. Patricia donne le change et l’impression d’être bien dans ses baskets alors qu’elle a une blessure intérieure encore béante. La mère de Rémi est tellement refaite par la chirurgie esthétique qu’elle ressemble elle, pour le coup, plus à une poupée en plastique que sa potentielle belle-fille, etc … Ici, personne ni rien n’est réellement ce qu’il parait. Quant à l’intrigue aussi farfelue soit elle, on devine assez vite vers quoi elle nous emmène. spoiler: C’est au moment où Audrey prends vie que Rémi prends lui aussi vie, en retombant amoureux. La métaphore se voit comme un éléphant au milieu d’un couloir ! Reste malgré tout un film honnête, une comédie romantique qui respire l’air du temps. Le phénomène des poupées est parait il plus répandu qu’on ne l’imagine. Et je me garderais bien de porter un jugement sur ce phénomène. Après tout, dans ce monde sans pitié pour les sentimentaux et les hypersensibles (ce qu’est le personnage de Rémi, même si le mot n’est jamais prononcé), parfois il faut faire comme on peut. Film sans prétention, « La Poupée » est une comédie un peu étrange qui peut malgré tout nous amener à nous poser quelques questions de fond, sur les notions de bonheur et de résilience.
Enième variation sur le theme de la poupée sexuelle. On part sur du fantastique ou la poupée devient vivante. Les acteurs convint à peine. Quelques bonnes idées, mais on sent venir les rebondissements.
Déjà, que l’histoire de « La Poupée » ait été pensée, écrite et réalisée par une femme, en l’occurrence Sophie Beaulieu, est une bonne chose. Qu’en plus, cela soit son premier long-métrage est assez sympathique. Le pitch est vraiment intéressant et certains dialogues sont savoureux – toute la dissonance cognitive entre une poupée programmée pour le plaisir de son propriétaire et une femme qui s’éveille à la conscience féminine et féministe avec ce que la candeur a de plus beau – , pour se moquer des idées reçues. C’est très différent de la vision de John Hughes dans "Une créature de rêve" (Weird Science, 1986). Malheureusement, le traitement est un peu « cheap », davantage destiné à être vu sur une télévision que sur un écran de Cinéma. Pourtant les lieux de tournage du Jura et du Doubs sont magnifiques, une vraie carte postale de la région, cela donne envie d’aller y habiter.
Après une grosse déception amoureuse un homme préfére choisir le synthétique à l’organique. Mais sa poupée pour adulte prend vie et va le reconduire sur le chemin de l’amour. Petite comédie tendre et absolument pas glauque alors que la situation pourrait s’y prêter. Un film qui mêle fantastique, romantisme et féminisme mais de manière un peu trop sage.
Les films avec des poupées sont un genre à part. Et presque exclusivement réservé au cinéma horrifique, dont les plus célèbres représentants sont Chucky et Annabelle. Il existe cependant aussi quelques œuvres prenant pour sujet des poupées à vocation davantage sexuelle. Il y a eu, par exemple, le français « Monique » avec Albert Dupontel ou l’américain « Une fiancée pas comme les autres » avec un tout jeune Ryan Gosling, tous deux pas véritablement marquants. Sans compter la palanquée de films asiatiques qui ne sont pas sortis dans nos contrées puisque lesdites poupées dont partie de la culture du cru. Et, récemment, on a même eu les poupées plus modernes comme avec l’excellente série B « Companion ». Pour son premier long-métrage, Sophie Beaulieu choisit donc un sujet original et plutôt casse-gueule en prenant le chemin de la totale comédie, entre romantisme et analyse sociale. Et quelle bonne surprise! « La Poupée » n’est peut-être pas parfait mais le film souffle un vent de fraîcheur avec un résultat drôle, pétillant et pas bête.
En premier lieu, le long-métrage est réussi car il est basé sur de bons personnages, qui s’avèrent admirablement bien écrits et joués par trois interprètes vraiment en osmose. Certes, Vincent Macaigne joue encore un quidam un peu maladroit et discret mais il apporte tellement de variations à ce type de compositions qu’on ne peut qu’adhérer à son jeu. Et de le voir réagir ici à une situation si ubuesque est un délice. Cécile de France, qui sait décidément tout jouer et aborder tous les genres avec une facilité déconcertante, épate dans ce rôle de femme indépendante et forte un peu fofolle. Enfin, si on peut buter au début sur son accent de fille de cité, la prestation de Zoé Marchal en poupée est plutôt étonnante et satisfaisante. Les échanges entre ces trois personnages, entre situations cocasses, répliques bien envoyées et comique de situation bien géré font des étincelles. Surtout que le rythme de « La Poupée » est vraiment parfait, sans une minute d’ennui avec une durée compactée parfaite.
Beaulieu a fait le choix de ne pas expliquer la transformation de sa poupée en personne réelle et c’est l’une des meilleures idées du film. Cette soudaine mutation permettra adroitement d’envoyer pas mal de piques au patriarcat et de signifier la place des femmes dans le couple. Mais, aussi, de montrer comment cette situation va permettre à un homme qui ne se fait plus confiance de s’aimer à nouveau et d’aimer tout court. L’univers créé par la cinéaste est au bord du loufoque (un peu comme l’excellent et récent « Alter Ego ») mais ne sombre jamais dans l’absurde si ce n’est son postulat initial déjanté. Le décor des montagnes jurassiennes est original et ajoute un côté bucolique au film tout comme celui de cette petite entreprise de gazons. Et, surtout, « La Poupée » nous fait rire à de nombreuses reprises. Il y a peut-être quelques maladresses et on aurait pu encore plus exploiter le pitch mais c’est déjà pas mal, original et revigorant!
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Cette comédie s’attaque à des thèmes important en voulant provoquer mais cela de façon un peu trop sage. Ça manque globalement de transgression mais le message passe. Belle découverte de Zoé Marchal. Vincent Macaigne et Cécile de France étant fidèle à eux même.
Délicieusement absurde de prime abord avec une DE FRANCE épatante et un MACAIGNE lunaire comme d’habitude… Mais ça ronronne vite, s’ensable et se termine bâclé. MARCHAL incarne un personnage mal écrit, tantôt disgracieuse et tantôt craquante : elle enjôle MELKI puis le dégoûte. En dépit de quelques scènes savoureuses, la boucle est vite bouclée, avec de surcroît une réalisation paresseuse et une BO hétéroclite inintéressante.