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Terry R
8 critiques
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5,0
Publiée le 13 décembre 2025
Bien des clins d'oeil à des thrillers bien connus du cinéma. Saurez-vous les reconnaître? Je ne vous en nomme qu'un, trop évident: Jaws. Cette histoire de requin est plus importante qu'elle en a l'air, m'est d'avis; n'existe t-il pas les expressions "requiner" et "les requins de la finance"?
Présenté en compétition au Festival de Cannes 2025, "L'agent secret" est reparti avec 2 prix dont l'attribution n'a choqué ni les critiques, ni les cinéphiles : le Prix de la mise en scène et le Prix d’interprétation masculine attribué à Walter Moura. Le titre du film nous met sur la piste d'un film d'espionnage, ce qu'il n'est pas. C'est plutôt un policier, voire un thriller tout en étant un film politique et un film sur les liens familiaux. Il semblerait que ce titre vienne de l'impression ressentie par Kleber Mendonça Filho lorsque Bolsonaro était au pouvoir et que le réalisateur se savait enregistré et était parfois interrogé. Nous voici donc transporté(e)s sous une autre dictature brésilienne, celle des années 70, auprès de Marcelo, un quadragénaire qui quitte São Paulo pour se rendre à Recife. On a très vite l'impression que Marcelo fuit un danger, ce en quoi on n'a pas tort. Il a aussi pour objectif de revoir son fils, élevé par les parents de l'épouse dont il est veuf. Souhaitant explorer le comportement des citoyens vivant dans un pays sujet à l'oppression, Kleber Mendonça Filho n'a pas hésité à parfois se rapprocher du fantastique afin, sans doute, de renforcer l'impression de cauchemar d'une telle situation. Etait-ce indispensable, la question reste posée ? En tout cas, voici un film passionnant à regarder avec, en particulier, une scène d’anthologie dans une station service, au tout début du film. Film vu au Festival de Cannes
Que ce titre est ironiquement trompeur! Et volontairement inadapté dans son sens premier, sens où n’importe quel spectateur le prendra avant de découvrir le film. En effet, « L’Agent secret » est loin, très loin d’un blockbuster à la James Bond ou même d’un film d’espionnage plus sobre tel qu’on l’entend de prime abord du style « La Taupe ». Un titre qui s’avère donc surprenant pour un film qui l’est tout autant sur bien des aspects. On est face ici à une œuvre pléthorique, un peu chargée même, où une multitude de couches se rencontrent, se superposent et, finalement, s’embrassent pour un film fleuve qui n’est pas pour autant déplaisant. Au contraire. Les genres, les tonalités et les sujets se télescopent dans un ensemble complètement inédit et original mais toujours maîtrisé.
Il semblerait que le plus couru des cinéastes brésiliens, Kleber Mendonça Filho, ait trouvé un compromis entre ces chroniques intimistes et politiques (« Les bruits de Recife » et « Aquarius ») avec le génialissime délire baroque que fut « Bacurau ». Car malgré ses excès (sa durée excessive, ses sorties de route en tous genres, ...), « L’Agent secret » est peut-être le film le plus accessible du cinéaste. Et même si on n’est pas cent pour cent convaincu par tous ses choix artistiques et narratifs, on peut comprendre qu’il ait été remarqué de la sorte au Festival de Cannes. Car voilà une œuvre qui ose et qui s’affranchit de toutes les modes. Et il est peut-être le récipiendaire du prix le plus mérité d’un palmarès qui ne nous avait pas vraiment conquis : celui de la mise en scène. À ce niveau, il est clair que le long-métrage brille par sa somptuosité et une maîtrise totale de tous les outils du cinématographe. La photographie qui nous replonge dans les années 70 où les couleurs explosent, la science du cadre et du découpage comme certains plans magnifiques et des tentatives formelles qui emballent des séquences complètement dingues (la mise en scène de la légende urbaine voyant une jambe tueuse, digne d’une série Z et joyeusement folle).
Le prix d’interprétation masculine reçu par Wagner Moura est également mérité même si d’autres concurrents auraient pu l’avoir avec le même mérite (Joaquin Phoenix pour « Eddington » ou Benicio del Toro pour « The Phoenician Scheme » par exemple). Il incarne avec aplomb ce personnage ô combien mystérieux. Les seconds rôles constitués d’une galerie de personnages truculents sont également bien campés, du clin d’œil du fidèle (et récemment décédé) Udo Kier en réfugié allemand à l’incroyable Tania Maria en logeuse de réfugiés politiques. On rencontre bien des personnages et on assiste à pas mal de sous-intrigues sans se rendre compte que pendant la moitié du film (une bonne heure et quart quand même!), on ne sait absolument pas de quoi il retourne. C’est l’une des forces du film : parvenir à garder notre attention sans rien nous donner à comprendre et suivre. Mais, dès la première séquence à la station essence, on sent qu’on va voir quelque chose de peu commun.
Ensuite, le script avance à pas feutrés et on comprend bien que le film traire de la dictature politique au Brésil et de la corruption qui y avait lieu durant cette période. Certes, le film est moins puissant (et déchirant) que « Je suis toujours là », sorti l’an passé et prenant un contexte similaire, mais il adopte un angle d’attaque aux antipodes. Entre suspense neurasthénique (tout est lent), comédie décalée (cette histoire de jambe), film hommage (au cinéma de genre stylisé, rendu célèbre par Kubrick ou Spielberg) et brûlot politique, Mendonça Filho nous propose un sacré buffet garni. Alors oui c’est un peu trop long mais ce n’est jamais ennuyant pour autant. Et si les mystères de l’intrigue et pas mal de zones d’ombre restent en suspens pour un résultat qui frôle le non-suspense, on marche. « L’Agent secret » est d’ailleurs le genre d’œuvre typique qui nous laisse une impression un peu mitigée en sortant de la salle et qu’on digère encore le lendemain pour en ressentir les qualités. Un film à combustion lente étonnant qui ne laissera personne indifférent, une expérience à tenter.
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Dans la mise en scène de ce film, le réalisateur brésilien qui connaît bien son pays, décrit très bien le Brésil des années 70 sous la dictature miliaire où la violence et la corruption règnent. L’histoire de cet homme de retour à RECIFE dans l’espoir de se refaire une nouvelle vie et récupérer son fils forme la trame de ce long film où le scénario, assez déroutant au début, se démèle peu à peu ensuite. Walter MOURA y incarne avec brio cet homme. Les autres personnages de ce film sont aussi magnifiquement croqués et illustrent parfaitement bien l’ambiance de l’époque;
Bernard CORIC (Film visionné en projection de presse le 04/12/2025 au Club Marbeuf à PARIS)
Marcelo tente de fuir son passé sous une fausse identité tout en essayant de vivre une vie normale. Mais une menace plane sur lui. Le scénario de Kleber Mendonça Filho est solide, l’image magnifique, tout du long avec des couleurs, des costumes très réussis. Le film s’appuie aussi sur un casting exceptionnel à commencer par Wagner Moura, mais aussi des seconds rôles comme celui de Sebastiana de Medeiros. Un grand film.
Vu en avant première au festival Effervescence. Nous sommes plongés dans le Brésil de la fin des années 70, en immersion pendant 2h30. L’image est magnifique, la langue est belle. Le réalisateur prend son temps pour présenter ses personnages, l’intrigue est là mais difficilement compréhensible. Au final l’histoire est assez classique, mais la multitude de personnages rend la compréhension globale assez fatiguante.
Superbe fresque du Bresil des annees 70 pendant la dictature, et en plein carnaval. Film choral, nombreux personnages et lieux differents, concentration obligatoire pour suivre
Vu dans le cadre du Festival de Cannes. Un film d’une grande maîtrise. Kleber Mendonça Filho réussit à mélanger tension, émotion et poésie avec une aisance impressionnante. La mise en scène est élégante, pleine de détails, et la lumière du Brésil donne à chaque plan une vraie chaleur. Wagner Moura est formidable, tout en retenue et en fragilité. Le film prend son temps, mais ne perd jamais son intensité. Il parle du passé tout en résonnant avec notre présent. C’est beau, fort, et d’une justesse rare.
Une atmosphère particulière avec le mix Brésil corrompu et l'époque 70's. Le film est bien interprété et realisé mais la mayonnaise foutraque ne m'a pas touchée ou enthousiasmée. Trop de personnages et anecdotes parallèles qui manquent de lien. Me suis même un peu endormie au milieu...
Belle atmosphère et réalisation, super acteur principal. Mais c’est long, pas toujours passionnant et un peu la sensation que le réalisateur a voulu courir trop de lièvres à la fois. Le dernier tiers est bien prenant et le scénario sympa.
Quelle que soit la forme que prennent les films de Kleber Mendonça Filho ils transpirent en permanence l'amour du septième art et l'importance que celui-ci peut occuper dans une vie. Ainsi cette fois le très grand réalisateur brésilien, qui avait synthétisé sa passion dans un sublime geste nommé "Portraits fantômes", remercie Spielberg, celui qui a fait qu'il est compliqué depuis 1975 de se baigner sans suspecter la présence d'un grand blanc dans 30 centimètres d'eau. Mais aussi les films d'espionnage qui ont dû bercer sa jeunesse, jusque dans ce générique de fin à rendre nostalgique plus d'un cinéphile. J'ai pu constater à la sortie de la projection les réticences de certains spectateurs, reprochant tout à la fois au scénario d'être trop touffu et de ne pas assez expliciter le contexte historique et politique. Et c'est justement ce qui m'a personnellement rendu heureux, sa gourmandise, la confiance que fait Mendonça Filho en celui qui regarde, lui donnant des clés mais laissant surtout de la place pour une imagination apte à prolonger le film, à remplir les cases vides du récit. Car oui "L'Agent secret" est avant tout un grand film de CINÉMA, une leçon de mise en scène qui n'en fout pas plein la vue, un grand film d'acteurs aussi. Une fois n'est pas coutume le jury cannois ne s'y est pas trompé,..
Je n’avais pas forcément toutes les clefs sur la géopolitique du Brésil et sa culture pour réellement comprendre les enjeux de fond du film, mais le film est captivant et j’ai passé un très bon moment. Vu en avant-première au festival cinéma Paradiso du Louvre en présence du réalisateur, et de l’acteur Wagner Moura qui y a reçu son prix d’interprétation masculine des mains de Juliette Binoche. Une soirée inoubliable.