Une adaptation littéraire inégale. Si la trame historique et familiale est fascinante, le récit est surtout beau dans sa partie japonaise, d'une belle tonalité mélodramatique, dans le meilleur sens du terme. Les passages contemporains, dont partent les flashback, sont davantage convenus et frôlent l'académisme.
Ai vu « Lumière pâle sur les collines » du réalisateur japonais Kei Ishikawa d’après le roman éponyme de Kazuo Ishiguro (Prix Nobel de littérature). J’ai vu ce film deux fois à deux jours d’intervalle. La première fois j’ai foncièrement dormi pendant une bonne partie du film et n’ayant rien compris, bien évidemment, alorsj’ai décidé d’y retourner car les beautés de la mise en scène et de la photographie avaient tout de même retenues mon attention. La deuxième fois, j’ai combattu l’envie de m’endormir mais n’ai pas plus compris l’intrigue. Le rythme très lent, la matière littéraire sont très hypnotiques tout en amenant aussi beaucoup de nébulosité. En 1982, Nikki (Camilla Aiko) a le projet d’écrire un livre sur le passé de sa mère, Etsuko (Suzu Hirose pour le personnage jeune et Yoh Yoshida pour la maturité) rescapée du drame de Nagasaki qui se lie d’amitié avec la jeune veuve Sachiko (Fumi Nikaido). Nikki constate peu à peu que les souvenirs de sa mère diffèrent de la réalité. Trop pudique le film ne laisse jamais les affects prendre le dessus, tout est en retenu, en non-dits… par contre l’on comprend assez vite que le roman a posé des difficultés pour être adapté au cinéma et que les ellipses, la finesse des évocations, le flou ont été intraduisibles en image. La beauté formelle est grisante mais n’est pas suffisante pour retenir l’attention, d’autant plus que le réalisateur aime à perdre volontairement son spectateur dans les méandres des différents récits. Toutes les questions auxquelles se confronte le public ne trouvent jamais vraiment de réponse, voir même soulèvent un plus grands nombres d’énigmes. On est tenu à distance devant ce bel objet trop artificiellement énigmatique et vaporeux tout comme un rêve lorsque l’on se laisse envahir par le sommeil peu à peu. La seule chose que je retiens c’est mon envie de lire le roman ce qui n’est déjà pas si mal.
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2,0
Publiée le 5 février 2026
Niki rend visite à sa mère Etsuko qui lui apprend qu'elle a décidé de vendre la maison familiale. Des souvenirs sur le point de disparaître que Niki veut conserver. Un déclic qui la pousse à encourager sa mère à parler de sa vie à Nagasaki. Une jeunesse que l'on découvre à travers des flashbacks qui nous ramènent à une époque où les gens sont encore marqués ou meurtris par ce qu'ils ont vécu. Le contexte de l'après-guerre est intéressant avec la discrimination envers les personnes irradiées, mais tout est raconté de façon terriblement monotone. Idem pour cette relation ambiguë ou cette évocation du deuil et des traumatismes transgénérationnels. Je n'ai tout simplement pas ressenti d'émotion en regardant ce film très froid qui m'a fait penser à un mauvais feuilleton télévisé dans son approche plate et superficielle des thématiques. Bref, ce n'est vraiment pas terrible.
Kei Ishikawa choisit comme histoire un mélo dans la rande tradition du genre, dans un récit complexe et alambiqué de façon assez inutile tant on devine le twist final bien en amont. En effet les "quelques discordances dans les souvenirs de sa mère" paraissent en fait assez limpides très et trop vite. Le scénario est si décousu, si filandreux qu'on perd parfois un peu le fil (justement), pas parce que c'est bien écrit, bien au contraire, on souffle et on perd l'envie de suivre puisqu'on sait où on va. Enfin, pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer, ainsi on ajoute une sous-intrigue peu intéressante car à la fois trop simpliste et pas assez exploitée. On s'étonne a contrario d'un environnement à Nagasaki idyllique, une vraie image d'épinal d'un Japon idéal, à la beauté sidérante où on ne remarque strictement aucun stigmate des horreurs pourtant encore récentes. On perçoit l'idée de fond, le propos lucide et pertinent, la richesse de la relation d'une sororité post-traumatique mais le scénario reste poussif composé de méandres qui empêchent autant la fluidité du récit que les émotions de s'exprimer pleinement. La plus grande déception de l'année, dommage. Site : Selenie
En voyant ce film en mai dernier à Cannes, je me suis dit que je ne comprenais rien à ce que je regardais : que sont devenus les maris japonais et anglais de la narratrice, qui est exactement Sachiko, les deux personnages féminins principaux sont elles une seule et même personne ?
Le film, s'il laisse deviner certains éléments, ne les explicitent pas, ce qui a généré chez moi une grande frustration. Il semble que le roman d'Ishiguro, dont le film est tiré, ménage le même type d"incertitude floue.
Lumière pâle sur les collines est donc inutilement alambiqué. Ces qualités passent du coup au second rang : une jolie photographie, avec toutefois un peu trop d'effets numériques, et aussi une belle délicatesse dans la direction d'acteur.
Les sujets abordés sont eux aussi intéressants, sans être suffisamment développés : les séquelles de la bombe à Nagasaki, les conséquences de la seconde guerre mondiale sur la psyché japonaise, la sororité comme résistance.
Ishikawa s'affirme de film en film comme le réalisateur de la confusion des personnalités. Il se perd malheureusement ici dans les ornementations d'un scénario inutilement obscur.
Adapté du Roman éponyme écrit par l’Auteur Nobélisé Kazuo Ishiguro c'est là une réalisation de Kei Ichikawa mélancolique, nimbé de résilience avec ces fantômes de la bombe atomique et plein de secrets et de non-dits le tout porté par des actrices virtuoses !
Après son thriller mystérieux, A Man, sorti il y a deux ans, Kei Ishikawa explore les cicatrices invisibles du Japon d’après-guerre à travers le regard d’une femme hantée par ses souvenirs.
Le film séduit par son élégance formelle : une mise en scène épurée et de très belles images. Néanmoins, le rythme, très lent, laissera plus d'un spectateur sur le bord de la route, et trompe surtout sur le genre de film qui nous est proposé.
En effet, la complexité du récit, que l'on découvre essentiellement sur la toute dernière partie du film, imposerait, dès le départ, une concentration et une attention aux détails, que la mise en scène contemplative ne suggère pas suffisamment. La narration devient alors confuse, et les allers-retours incessants entre passé et présent finissent par brouiller l’émotion.
Mémoire défaillante ? Souvenirs réécrits pour soulager la culpabilité ? Simple réminiscence du passé ou projection mentale ? Le récit puzzle de Lumière pâle sur les collines est à la fois sa force et sa limite. Si bien qu'à la fin du film, l'on ne sait plus vraiment ce qui a été vécu ou reconstruit.
Mystérieux et fascinant pour les uns, frustrant pour les autres... un récit qui reflète la complexité du deuil et de la mémoire.
"Souvent, on ne ment pas pour tromper les autres. On le fait pour se tromper soi-même et se cacher des vérités insupportables" - Kazuo Ishiguro
Dans la catégorie coup de cœur 2025, il est un film dont je n’avais absolument pas connaissance, mais dont l’affiche, croisée en scrollant sur l’application UGC, m’avait immédiatement inspiré.
C’est décidé : on va se faire son propre avis !
Un choix, ma foi, fort inspiré, tant j’ai adoré chaque minute passée devant le métrage japonais de Kei Ishikawa, dont je découvre ici le travail.
Le film tout entier est traversé par une pudeur contenue, typiquement nippone, et joue habilement des fausses pistes pour mieux déployer son propos.
Énième écho à l’après-Nagasaki, Lumière pâle sur les collines s’en distingue largement en abordant la tragédie commune par le prisme intime d’une famille mixte menée par la somptueuse Suzu Hirose.
Le réel se mêle à l’onirique, les repères se brouillent : on se laisse absorber par l’enquête journalistique menée par la fille de la protagoniste. Il nous faut comprendre, il nous faut savoir ce qui s’est réellement passé.
Au-delà d’un scénario subtilement construit, la photographie et la mise en scène s’autorisent des instants d’une beauté immaculée (la scène du violon et son rétro éclairage ....)
Enfin, quel plaisir sans cesse renouvelé de parcourir sur pellicule les chemins Japonais après y être allé soi-même !
Une œuvre que je reverrai sans hésiter dès sa sortie Blu-ray.
En lisant les critiques déjà exprimées, je perçois que le réalisateur n'a pas atteint son objectif, tout au moins auprès du public français, où de nombreux spectateurs n'ont simplement pas compris l'histoire. Sans utiliser des spoilers il est impossible de l'expliquer. C'était la force du roman, et cela reste la force du film. Le mystère.
Ce film est le récit de souvenirs, enfouis, pas racontés durant de nombreuses années. Etsuko accepte de témoigner son histoire, marquée par une rupture, géographique, le départ d’un pays marqué par les essais nucléaires, mais aussi par des blessures intimes tout au long d’une vie. La réalisation est difficile à suivre, lente, et assez fade.
Kei Ishikawa n’est pas un inconnu. En 2024, il nous avait proposé un excellent thriller psychologique A man. Ces 123 minutes ne sont ni plus ni moins que l’adaptation d’un roman de Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature en 2017. Royaume-Uni, 1982. Une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d'amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… les fantômes de son passé semblent toujours là - silencieux, mais tenaces. Un sommet de délicatesse comme seuls les japonais savent nous en proposer. 2 heures d'une délicieuse lenteur et d'une grande poésie. Cette lumière pâle sur les collines – version française du titre -, nous éblouit encore longtemps après le mot fin -フィン pour les esthètes -. On alterne entre deux époques avec la même héroïne japonaise, à Nagasaki en 1952 et dans la campagne anglaise en 1982. Ce drame poétique sur la douleur du passé est construit comme un puzzle fait de vécu et de fantasmes, de mystères, de traumatismes et de résilience. On puise au plus profond de l’âme japonaise - . les fantômes de la bombe atomique, la société japonaise d’après-guerre, la sororité féministe, la culpabilité parentale, les secrets de famille… -, en touchant au sublime, malgré quelques longueurs et répétitions, mais qu’on oublie vite devant a la qualité exceptionnelle de la photographie et la justesse du casting. A voir et même à revoir. Suzu Hirose, - découverte dans Notre petite sœur de Kore-Eda -, en jeune future maman, se révèle absolument remarquable. Compliment à partager avec le reste de la distribution, Fumi Nikaidô, Yoh Yoshida, Camilla Aiko, Kouhei Matsushita, Tomokazu Miura… Du grand cinéma, pudique et impressionniste, qui nous invite à réfléchir sur la mémoire et sur la vérité. Une pépite à déguster sans modération.
Sur le papier, le thème de l'après seconde guerre mondiale au Japon dans la ville de Nagasaki promet des moments difficiles. C'est loin d'être facile. En se concentrant sur deux femmes, l'une très malchanceuse et une autre un peu moins, on arrive à créer une très belle histoire pourtant parfaitement simple.
Ce qui me conduit à la conclusion du film qui est une erreur. spoiler: Il n'y a en réalité qu'une seule et toute petite différence entre elles : irradié ou non. Le dénouement montre que cette femme aurait pu avoir l'un des deux destins mais, on s'en était déjà rendu compte avant. Peut-être est-ce aussi une manière de dire que la quête de vérité n'est pas si simple. Mais cela a pour conséquence de poser beaucoup de questions et donc de rendre le tout très confus
J’ai pu voir ce film lors du festival de l’écrit à l’écran. J’ai beaucoup aimé son esthétique : les plans, les couleurs, les lumières sont vraiment très réussies ! Pour autant, le scénario m’a laissé perplexe avec beaucoup d’incompréhensions.
Très beau film. Avec une photographie superbe. Qui se déroule ? Sur deux périodes Londres des années 80 et le Japon des années 50. Récit d'une mère à sa fille. Qui lui relate ses souvenirs de nagasaki. Le film est touchant profond. Avec une très belle photographie