Lumière pâle sur les collines
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Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 octobre 2025
Etsuko, la cinquantaine, vit dans les années 80 dans la campagne anglaise et vient d’y mettre en vente sa maison. Sa fille Niki vient passer quelques jours chez elle. C’est l’occasion pour les deux femmes de revenir sur le passé de Etsuko qui a grandi à Nagasaki, y a connu l’explosion de la bombe atomique, s’y est mariée et est tombée enceinte au début des années cinquante d’un premier enfant. À Nagasaki, Etsuko s’est liée d’amitié avec une femme, Sachiko, qui a élevé seule son enfant et s’est apprêtée à quitter le Japon pour les Etats-Unis.

"Lumière pâle sur les collines" est le premier roman de Kazuo Ishiguro, un immense écrivain britannique d’origine japonaise, passé à la postérité pour "Les Vestiges du jour" (porté à l’écran par James Ivory au début des années 90) et couronné par le Prix Nobel de littérature en 2017. Le roman, pourtant fort bref, est d’une grande complexité. Il multiplie les allers-retours entre le temps présent – la campagne anglaise du début des années 80 – et le Japon de l’immédiat après-guerre qui peine encore à se relever de l’apocalypse nucléaire. Il joue aussi avec les apparences, laissant planer un doute sur la réalité des personnages qui ne sont peut-être que les doubles fantasmés les uns des autres.

Kei Ishikawa avait déjà réalisé en 2022 "A Man", un film déconcertant qui lui aussi mettait en scène des personnages aux identités floues. Il se frotte ici à l’adaptation jugée impossible d’un roman d’une grande élégance qui explore de nombreuses pistes : le deuil par le Japon de sa grandeur impériale, sa douloureuse reconstruction, les aspirations à un nouveau départ d’une femme mal mariée, la culpabilité de cette même femme au crépuscule de sa vie…..

"Lumière pâle sur les collines" est un film métisse, comme l’auteur du roman qui l’a inspiré. C’est un film à cheval entre le Japon et l’Angleterre. Sa facture peut surprendre. Sa beauté – et celle de ses acteurs – peut sembler très artificielle. Autre écueil : l’incompréhension face à un scénario qui ne livre pas spontanément ses clés.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 octobre 2025
Ce film représente presque à la perfection la substantifique moelle de l'esprit et - oserais-je dire, de l'âme du peuple japonais. Il me faudra revoir ce film plusieurs fois pour encore mieux en saisir toutes les
composantes.
La qualité de la photographie est exceptionnelle. L'actrice principale Suzu Hirose qui interprète Etsuko - en jeune future maman, se révèle absolument remarquable : elle sublime à elle seule tout ce film.
Mon seul petit bémol: les échanges toujours en langue anglaise entre la mère japonaise et sa fille qui m'ont paru - à moi en tous les cas, assez artificiels. Mais n'ayant pas lu le roman dont est tiré le film, je commets ici probablement une erreur d'appréciation.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 octobre 2025
Film vu au Festival de Cannes; En 1982, Niki, une jeune journaliste anglo-japonaise, père anglais, mère japonaise, s’est vue proposer d’écrire un livre sur ce qui s’est passé à Nagasaki à la suite du bombardement du 9 août 1945, au travers de l’histoire de sa famille et, plus particulièrement, l’histoire de Etsuko, sa mère. Pour cette dernière, raconter son passé à Nagasaki fait remonter en elle des souvenirs qu’elle s’était efforcée d’enfouir, faisant avant tout de Lumière pâle sur les collines un film d’une grande sensibilité sur les blessures du passé, ces blessures qu’on cherche à se cacher à soi-même mais qui ne demande qu’à ressortir et qu’il faut alors s’efforcer de guérir. Un film, également, sur le poids du patriarcat dans une société japonaise amenée à faire face à la modernité : à deux reprises, on entend dire qu’on est dans une époque où il est nécessaire de changer. Un film, toutefois, qui souffre d’un manque de clarté dans son discours : lorsque Etsuko raconte son passé à Nagasaki, elle parle longuement de ses rapports avec Sachiko, une de ses voisines, une veuve qui élève seule sa fille Mariko. Comment expliquer autrement que par un manque de clarté le fait que, à la sortie du film à Cannes, où le film était présenté dans la sélection Un Certain Regard, les discussions étaient intenses entre celles et ceux qui affirmaient que Mariko et Keiko étaient la même petite fille et celles et ceux qui avaient vu 2 petites filles différentes Critique complète disponible sur le site avec critique et film et le tiret du 6 entre les deux.
Direct-actu.fr
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371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 octobre 2025
Dans Lumière pâle sur les collines, Kei Ishikawa adapte avec une grâce rare le premier roman de Kazuo Ishiguro. Entre Nagasaki et l’Angleterre, le cinéaste explore les fantômes de la mémoire et la fragilité des liens que le passé consume. Suzu Hirose incarne avec une intensité délicate la jeune Etsuko, face à une Fumi Nikaidô fascinante de complexité. La photographie de Piotr Niemyjski, brumeuse et introspective, transforme chaque plan en souvenir mouvant. Plus qu’un drame, le film est une méditation sur la transmission, la culpabilité et les mensonges nécessaires à la survie. Kei Ishikawa filme les silences comme des cicatrices, et redonne à Nagasaki, ville souvent oubliée, la place qu’elle mérite dans la mémoire du monde.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 30 octobre 2025
Plus on avance et plus le Film est confus, et même à la fin carrément incompréhensible, dès lors que ni sa durée ni son esthétique n’arrangent sa narration acrobatique : l’enfant Etsuko du coup aurait donc deux génitrices, l’une réelle l’autre de fiction, non? ,? et on s’en va avec l’idée d’avoir été promené par un cinéma sui se prend pour malin: dommage, ça ne fonctionne pas
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 octobre 2025
Transposer à l'écran le style tout en délicatesse de Kazuo Ishiguro, ainsi que son talent à créer des architectures narratives complexes, n'est pas une mince affaire. James Ivory s'en était brillamment tiré avec Les Vestiges du jour, Kei Ishikawa n'y parvient qu'en partie dans Lumière pâle sur les collines. Pourtant, le cadre est soigné et l'aspect visuel peaufiné, du Nagasaki de 1952 au Londres de trois décennies plus tard, et les actrices qui détiennent les rôles principaux sont magnifiques et dignes des grandes interprètes de Mikio Naruse. Mais voilà, dans ce jeu de la mémoire se pose la question d'une narratrice peu fiable, procédé qui fonctionne beaucoup mieux en littérature qu'au cinéma. Les thèmes brassés par le film sont nombreux, trop sans doute, du traumatisme nucléaire du Japon dans l'immédiat après-guerre à la transmission familiale, en passant par les conflits générationnels. Le récit révèle la richesse et les failles des différents personnages, tous soumis aux vestiges d'un passé qui n'apparaît pas assez clairement pour nous toucher, la sophistication et la beauté des images du film s'opposant à une volontaire inextricabilité des liens qui unissent les protagonistes principaux d'une histoire qui veut trop embrasser pour finalement peu étreindre. Lumière pâle sur les collines est un objet splendide, mais un peu trop froid pour séduire autant qu'espéré.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2025
C’est un très beau film que nous offre Kei Ishikawa en adaptant fidèlement (aux dires mêmes de l’auteur) et avec une grande sensibilité, le tout premier roman de Kazuo Ishiguro, écrivain britannique d’origine japonaise, couronné par le prix Nobel de littérature en 2017. Un film qui invite à s’interroger sur l’histoire et sur les mécanismes de la mémoire à l’échelle intime et collective et qui revient sur un épisode tragique de l’histoire de son pays, marqué per les traumatisme physiques et psychologiques indélébiles laissés sur les populations touchées par les bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945.
C’est ce qui pèse sur les frêles épaules de d’Etsuko qui arrive aux dernières années de son existence et qui décide de se séparer de sa maison familiale nichée dans la campagne anglaise. Sa fille cadette Nikki est venue la voir, bien décidée à écrire un livre sur l’histoire maternelle qui en plus d’être abominable est opaque.... Niki commence à la questionner sur son passé au Japon. Que s'est-il vraiment passé dans ces années d'après-guerre, avant le départ d'Etsuko pour la Grande-Bretagne et avant sa naissance ? Au fil des échanges entre la mère et sa fille, au fil des souvenirs exhumés des cartons de déménagement, un récit se dessine, qui brouille les pistes d'une histoire hantée par les non-dits et les fantômes du passé. Pour Etsuko, raconter son passé à Nagasaki fait remonter en elle des souvenirs qu’elle s’était efforcée d’enfouir, faisant avant tout de « Lumière pâle sur les collines » un film d’une grande sensibilité sur les blessures du passé, ces blessures qu’on cherche à se cacher à soi-même mais qui ne demande qu’à ressortir et qu’il faut alors s’efforcer de guérir...Le film fait de allers retours entre le Nagasaki du début 50 et la campagne anglaise des années 80. Kei Ishikawa glisse dans les décors, dans les paysages, dans les photos, des indices qui nous font naviguer d'une période à l'autre, comme les témoins muets d'une histoire difficile à démêler ce qui peut désorienter les spectateurs... …C’est un film très réussi, servi par une distribution parfaite, par un travail incroyable sur la lumière et par une bande son exceptionnelle.
dejihem
dejihem

155 abonnés 709 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 octobre 2025
Le film est aussi opaque dans son histoire que son titre hélas : au final, on ne sait plus qui est qui, et laisse une impression d’inachevé.
BLS Moviedebrief
BLS Moviedebrief

33 abonnés 302 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 octobre 2025
«Irradiée à Nagazaki»
Une histoire intéressante sur cette période post-bombardement de Nagazaki en 1945, avec toutes ces personnes irradiées, considérées comme des parias, la présence des Yankees, l’envie d’ailleurs dans ce monde qui change.
C’est au départ, dans les années 80, l’histoire d’une japonaise partie en 1952 pour l’Angleterre et dont la 2ème fille s’intéresse à son histoire sur cette période.
Le ryhtme est (très) lent, l’image très belle, et la fin pas bien claire (pour moi et pour d’autres)
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 octobre 2025
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Sous le ciel laiteux d’un Royaume-Uni des années 80, Lumière pâle sur les collines tente de capturer la brume du souvenir — mais finit souvent par s’y perdre.

Kei Ishikawa, adaptant librement le premier roman de Kazuo Ishiguro, filme l’invisible : les silences, les absences, la mémoire qui se défait.

Tout est feutré, délicat, précis… et parfois, trop.


Suzu Hirose, dans le rôle d’Etsuko jeune, donne au film ses rares instants de vibration.

Son jeu, suspendu entre douceur et retrait, rappelle les héroïnes de Naruse : femmes qui portent, sans bruit, le poids d’un monde qu’elles n’ont pas choisi.

Face à elle, Fumi Nikaidô, troublante Sachiko, semble venir d’un autre plan — son visage, presque spectral, dit mieux que les mots le désarroi d’un Japon en reconstruction.

Mais dès que le film revient dans les années 80, tout se fige : Yô Yoshida reprend le rôle d’Etsuko comme une ombre qui se regarde elle-même.

La photographie, superbe mais distante, baigne chaque plan dans une lumière grise, presque liquide.

Les collines, noyées dans le brouillard, deviennent un théâtre d’attente : on y marche, on s’y tait, on s’y perd.

Mais cette beauté maîtrisée devient prison.

Le film semble si soucieux de son raffinement qu’il oublie de respirer.

La mise en scène, rigoureuse, choisit l’ellipse plutôt que la tension.

Tout passe par le non-dit, jusqu’à l’épuisement.

Ce qui devait être mystère devient lenteur.

Le spectateur cherche le frisson intérieur promis — il ne trouve qu’une suite d’images polies, désincarnées.

La musique, discrète, effleure les scènes sans jamais les animer.

Une nappe de cordes, quelques notes de piano — comme si l’émotion devait être suggérée, mais jamais sentie.

C’est beau, oui, mais d’une beauté sans chaleur.

Par moments, Ishikawa frôle le miracle : un regard entre mère et fille, une phrase suspendue, une silhouette derrière une vitre.

Mais ces éclats, disséminés, ne s’assemblent jamais en un récit vivant.

Tout demeure en suspens, comme dans un rêve trop long.

Lumière pâle sur les collines voulait parler de la mémoire et de la culpabilité.

Il ne garde que la distance.

Un film soigné, élégant, mais presque anesthésié.

Comme si, à force de craindre le pathos, il avait renoncé à l’émotion.

Ma note : 10 / 20

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CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 285 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 octobre 2025
Une véritable splendeur. J’ai la chance d’avoir lu
le livre à l’origine de ce film, ce qui
m’a permis de me libérer de l’effort de rationalisation dans lequel le spectateur non averti risque de plonger à la vue de Lumière pâle sur les collines. Dès lors j’ai pu me laisser éblouir par la beauté formelle du film : sa photographie, ses sublimes interprètes féminines. En faisant fi de la tentation de vouloir comprendre a tout prix au lieu de se laisser par ce récit qui vous ballotte comme dans un rêve, tout en abordant des thèmes graves comme la culpabilité des survivants après une attaque nucléaire, le patriarcat et l’immobilisme de la société, tous deux dénoncés par les plus jeunes. Bref c est un film grave mais lumineux, extrêmement riche dans son propos comme dans sa forme, que vous pouvez voir plusieurs fois pour en saisir toute sa beauté intérieure. Ne le laissez pas passer.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mai 2025
Etsuko est une jeune femme démarrant une vie classique non loin de l'explosion de la bombe atomique de Nagasaki, enceinte de son mari. On la retrouve des décennies plus tard émigrée au Royaume-Uni, accueillant sa fille qui semble s'intéresser de près à la vie japonaise de sa mère. Des zones d'ombre planent sur les circonstances du déracinement d'Etsuko.

spoiler: "a pale view of the hills" est un condensé de tiroirs très difficile à suivre et où tous les mauvais choix semblent avoir été faits. L'intrigue est totalement déséquilibrée : on alterne les scènes entre deux époques sans qu'elles ne se répondent vraiment. La grande révélation sur l'identité de Keiko amène plus de questions que de réponses, qui ne seront malheureusement jamais vraiment traitées. Qui est vraiment Etsuko ? Je ne sais pas le dire à la fin de l'œuvre. Quant aux histoires parallèles comme celle du beau-père, elles sont indépendantes du reste de la narration et donc superflues à mon sens.
SUZY AND MEE
SUZY AND MEE

159 abonnés 114 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2025
Très joli conte autour du remords et du sentiment maternel avec des images tout en grâce... Rassurez vs il y a une fin et il me semble qu'elle se comprend bien!
Jelomaro
Jelomaro

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2025
Un nouveau film japonais de toute beauté, esthétique, lenteur contemplative, l'image raconte ... Le thème de la mémoire est subtilement évoqué ...
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 octobre 2025
Un film en deux temporalités, passé, présent avec des rescapées de Nagasaki….Je dois avouer que le film est très lent pendant cinquante minutes , avec peu d’intrigue et des dialogues peu avenants.
Je me suis ennuyé, je confesse…...Heureusement pour ce film l’émotion qui était quasi nulle monte crescendo jusqu’à donner du sens à tous les personnages, et la fin du film est subtile et délicate ( cinéma japonais oblige)…...on comprend la souffrance de tous ces survivants de la bombe nucléaire avec une magnifique altercation entre un professeur et son ancien étudiant ( le climax du film et de son message)…..J’en reviens donc aux cinquante minutes laborieuses, qui m’ont gâché un peu la fête, sensible film….à vous de voir…..
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