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Charlotte28
203 abonnés
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4,0
Publiée le 24 avril 2026
Dans le décor feutré d'un Japon qui cache ses plaies pourtant à vif, la réalisation renforce le contraste entre l'élégance de sa caméra faisant de ses plans des miniatures ou des tableaux et la violence (souvent contenue) des relations humaines. Car les conflits générationnels, les iniquités homme/femme, les rancoeurs ou secrets familiaux chargent le ciel bleu de lourds nuages qui pèsent autant que les stigmates de la bombe atomique. Ce sont donc sur les ruines physiques et les résidus moraux que les enfants doivent construire, enjeu psychologique qu'ils gèrent avec un inégal succès... Quant aux twists, ils se laissent deviner par des indices égrenés intelligemment puisque ce drame spoiler: est celui du remords, de la culpabilité, du regret d'une femme mêlant souvenirs, illusions, faits véridiques par incapacité à assumer la vérité de ses erreurs. D'une infinie délicatesse pour portraire une réalité mentale cruelle.
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2,0
Publiée le 5 février 2026
Niki rend visite à sa mère Etsuko qui lui apprend qu'elle a décidé de vendre la maison familiale. Des souvenirs sur le point de disparaître que Niki veut conserver. Un déclic qui la pousse à encourager sa mère à parler de sa vie à Nagasaki. Une jeunesse que l'on découvre à travers des flashbacks qui nous ramènent à une époque où les gens sont encore marqués ou meurtris par ce qu'ils ont vécu. Le contexte de l'après-guerre est intéressant avec la discrimination envers les personnes irradiées, mais tout est raconté de façon terriblement monotone. Idem pour cette relation ambiguë ou cette évocation du deuil et des traumatismes transgénérationnels. Je n'ai tout simplement pas ressenti d'émotion en regardant ce film très froid qui m'a fait penser à un mauvais feuilleton télévisé dans son approche plate et superficielle des thématiques. Bref, ce n'est vraiment pas terrible.
Une jeune femme Niki, anglo-japonaise, revient chez sa mère. Etsuko, veuve pour la seconde fois, s’apprête à vendre la maison familiale dans laquelle sa fille cadette a été élevée, dans l’ombre malaisante de sa sœur aînée. Niki profite alors de la situation pour tenter de recueillir sa mémoire pour écrire sur Nagasaki à l’époque de la bombe, de cette vie qu’elle ne connaît pas, avant qu’elle ne vienne au monde.
Le film est l’adaptation du prix Nobel de littérature 2017, Kazuo Ishiguro. Comme Keiko la fille aînée d’Etsuko dans le film, il est né au Japon à Nagasaki, avant d’arriver en Grande Bretagne à l’âge de 6 ans.
Les lieux de l’intrigue alterne entre la campagne anglaise humide et une vie imaginée, d’une reconstitution d’un Nagasaki sorti d’un rêve d’Etsuko, dans les années 50.
Le procédé narratif cinématographique qui semble au tout départ assez simple fait de flashbacks, se complexifie au fil des confidences de la maman pour prendre une ampleur et une profondeur inattendues. L’image des passages au Japon est proche de ces cartes postales en noir et blanc au charme suranné, colorisées a posteriori. Une sensation d’irréalité se dégage alors, d’un Japon fantasmé, qu’une mémoire traumatique parviendrait à imaginer pour pouvoir s’arranger des choses du passé, en les réinventant.
Des marques visibles sur les corps en parallèle aux douleurs psychiques laissées par la bombe atomique, c’est l’histoire de tout un peuple qui se dessine en creux de l’histoire intime d’Etsuko. Le personnage du beau-père japonais, professeur à la retraite autrefois estimé, incarne le Japon impérialiste et militariste, d’avant la reddition. Ceux qui n’ont pas voulu changer et portent en eux une responsabilité au regard des plus jeunes dans les drames et séquelles cruellement laissés par les bombes atomiques.
Le réalisateur astucieusement s’affranchit d’une temporalité réaliste pour imbriquer plusieurs strates temporelles dans son film. La voisine en miroir a l’histoire personnelle d’Etsuko, apparaît telle une facette d’elle-même à la fois rêvée et plus sombre, personnage fantomatique qui convoque un passé trouble et difficile à assumer.
Le titre « Lumière pâle sur les collines » est celui du livre. Il porte toute l’ambiguïté d’un regard difficile à porter avec clarté sur le passé, mais aussi de la résilience nécessaire à la survie. L’histoire touche alors à l’universelle, et elle est admirablement mis en scène. Le film très esthétique, l’est dans un juste et bel équilibre qui renforce la puissance de l’intrigue familiale au cœur du passé de toute une nation.
Lumière pâle sur les collines (Japon-Royaume Uni - 2h03) de Kei Ishikawa avec Suzu Hirose, Fumi Nikaidõ, Yõ Yoshida, Camilla Haiko, Kõhei Matsushita, Tomokazu Miura, etc.
Un film beau et fort qui relate toute la complexité psychologique entraînée par le traumatisme du nucléaire tout en restant dans ce raffinement et cette retenue typiquement japonaise. Une initiative originale et un effort, réussite l'on moi à saluer.
Un très bon film, très bien joué, sur des conséquences d'un des traumatismes de la seconde guerre mondiale : la bombe nucléaire sur Nagasaki qui, encore plus que les autres stigmates des conflits militaires, a des impacts sur plusieurs générations. J'ai trouve que le rythme de ce film japonais est tout a fait accessible à notre regard occidental, car c'est un mélange de culture/codes japonaise et occidentale (anglaise). On retrouve des dialogues empreints de second degré et de sous-entendus, classique dans la filmographie japonaise, je trouve, où sont dépeints, par petites touches les histoires entremêlées et la psychologie des personnages. On retrouve là aussi un point commun avec un certain flegme britannique où les choses sont dites à demi-mots, dissimulées par la politesse des formules Au passage, on voit la condition féminine dans le système patriarcal japonais qui perdure après-guerre. Les femmes, quelle que soit la classe sociale, sont entièrement au service des hommes....
Film extrêmement subtil et dont la beauté des images est mis en valeur. Le message est très limpide même si rien n'est dit frontalement. Ce n'est pas une histoire mais un enchevêtrement de récits personnels et historiques avec une qualité de jeu d'acteurs qui mérite une admiration agréable et salutaire.
Un joli drame familial qui nous transporte dans un Japon encore blessé par les bombes atomiques. Avec une alternance entre le présent et le passé, le film nous transporte dans les doux souvenirs d’une mère meurtrie. Un film visuel et touchant.
Kei Ishikawa n’est pas un inconnu. En 2024, il nous avait proposé un excellent thriller psychologique A man. Ces 123 minutes ne sont ni plus ni moins que l’adaptation d’un roman de Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature en 2017. Royaume-Uni, 1982. Une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d'amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… les fantômes de son passé semblent toujours là - silencieux, mais tenaces. Un sommet de délicatesse comme seuls les japonais savent nous en proposer. 2 heures d'une délicieuse lenteur et d'une grande poésie. Cette lumière pâle sur les collines – version française du titre -, nous éblouit encore longtemps après le mot fin -フィン pour les esthètes -. On alterne entre deux époques avec la même héroïne japonaise, à Nagasaki en 1952 et dans la campagne anglaise en 1982. Ce drame poétique sur la douleur du passé est construit comme un puzzle fait de vécu et de fantasmes, de mystères, de traumatismes et de résilience. On puise au plus profond de l’âme japonaise - . les fantômes de la bombe atomique, la société japonaise d’après-guerre, la sororité féministe, la culpabilité parentale, les secrets de famille… -, en touchant au sublime, malgré quelques longueurs et répétitions, mais qu’on oublie vite devant a la qualité exceptionnelle de la photographie et la justesse du casting. A voir et même à revoir. Suzu Hirose, - découverte dans Notre petite sœur de Kore-Eda -, en jeune future maman, se révèle absolument remarquable. Compliment à partager avec le reste de la distribution, Fumi Nikaidô, Yoh Yoshida, Camilla Aiko, Kouhei Matsushita, Tomokazu Miura… Du grand cinéma, pudique et impressionniste, qui nous invite à réfléchir sur la mémoire et sur la vérité. Une pépite à déguster sans modération.
Excellent film , sensible, tres bien joué, qui permet de mieux connaître les conséquences sur la population japonaise des attaques nucléaires américaines .
Après son thriller mystérieux, A Man, sorti il y a deux ans, Kei Ishikawa explore les cicatrices invisibles du Japon d’après-guerre à travers le regard d’une femme hantée par ses souvenirs.
Le film séduit par son élégance formelle : une mise en scène épurée et de très belles images. Néanmoins, le rythme, très lent, laissera plus d'un spectateur sur le bord de la route, et trompe surtout sur le genre de film qui nous est proposé.
En effet, la complexité du récit, que l'on découvre essentiellement sur la toute dernière partie du film, imposerait, dès le départ, une concentration et une attention aux détails, que la mise en scène contemplative ne suggère pas suffisamment. La narration devient alors confuse, et les allers-retours incessants entre passé et présent finissent par brouiller l’émotion.
Mémoire défaillante ? Souvenirs réécrits pour soulager la culpabilité ? Simple réminiscence du passé ou projection mentale ? Le récit puzzle de Lumière pâle sur les collines est à la fois sa force et sa limite. Si bien qu'à la fin du film, l'on ne sait plus vraiment ce qui a été vécu ou reconstruit.
Mystérieux et fascinant pour les uns, frustrant pour les autres... un récit qui reflète la complexité du deuil et de la mémoire.
Ce film est le récit de souvenirs, enfouis, pas racontés durant de nombreuses années. Etsuko accepte de témoigner son histoire, marquée par une rupture, géographique, le départ d’un pays marqué par les essais nucléaires, mais aussi par des blessures intimes tout au long d’une vie. La réalisation est difficile à suivre, lente, et assez fade.
Une adaptation littéraire inégale. Si la trame historique et familiale est fascinante, le récit est surtout beau dans sa partie japonaise, d'une belle tonalité mélodramatique, dans le meilleur sens du terme. Les passages contemporains, dont partent les flashback, sont davantage convenus et frôlent l'académisme.